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Réélection des libéraux : « Blaine Higgs devra mettre de l’eau dans son vin »

Blaine Higgs le 15 mai 2019, à l'Assemblée législative, devant des drapeaux du Nouveau-Brunswick et du Canada.

Le premier ministre Blaine Higgs a déclaré le 18 octobre que si les libéraux remportaient les élections il ne serait pas facile pour lui de travailler à nouveau avec Justin Trudeau (archives).

Photo : Radio-Canada

Pierre-Philippe LeBlanc

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit améliorer ses relations avec le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau, selon un politologue.

Les libéraux de Justin Trudeau ont remporté suffisamment de sièges lundi soir pour rester au pouvoir, mais sans majorité cette fois-ci.

Bien, un gouvernement minoritaire, c’est un gouvernement qui doit être davantage à l’écoute. Donc, l’Atlantique a voté beaucoup libéral. L’Atlantique sera bien positionné dans le Cabinet fédéral libéral. La voix de l’Atlantique va être là, souligne un professeur de sciences politiques à l’Université de Moncton, Roger Ouellette.

Les gouvernements de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador n’ont pas de différends notables avec le gouvernement Trudeau, contrairement au Nouveau-Brunswick, indique M. Ouellette

On a un gouvernement Higgs, au Nouveau-Brunswick, où les relations sont tendues avec le gouvernement libéral de M. Trudeau. On a vu dans cette campagne des échanges assez musclés entre M. Higgs et M. Trudeau. M. Higgs a même dit que c’était difficile pour lui de travailler avec le gouvernement libéral, rappelle le politologue.

M. Higgs devra mettre de l’eau dans son vin parce que le Nouveau-Brunswick est une petite province. Au-delà de 40 % des revenus viennent d’Ottawa. Donc, on ne peut pas au Nouveau-Brunswick être dans une situation de guerre ouverte avec le gouvernement fédéral.

Roger Ouellette, professeur de sciences politiques à l'Université de Moncton

Lors du passage du chef conservateur Andrew Scheer à Fredericton, le 18 octobre, le premier ministre Blaine Higgs s’en est pris à Justin Trudeau. Il l’a accusé de vouloir fermer l'industrie pétrolière en Alberta et d'être prêt à violer les lois du pays pour sauver des emplois ailleurs, en faisant allusion à l'affaire SNC-Lavalin. Blaine Higgs a reconnu que si les libéraux étaient reportés au pouvoir, il serait difficile pour lui de coopérer avec Justin Trudeau.

Comment travailler avec lui? C’est une bonne question, a-t-il laissé tomber. Je vais trouver une façon de travailler avec lui, mais ça ne sera pas facile.

Blaine Higgs avait toutefois des mots d'encouragement pour Justin Trudeau sur Twitter mardi matin.

Roger Ouellette dit avoir hâte de voir comment le gouvernement Higgs pourra développer une relation de travail plus harmonieuse avec le nouveau gouvernement minoritaire libéral.

Les conservateurs devraient-ils redevenir des progressistes-conservateurs?

Les conservateurs d’Andrew Scheer ont remporté quatre sièges en Atlantique alors qu’ils espéraient en gagner plus. Constatant le nombre de sièges remportés dans l’ensemble du pays par les autres partis dits progressistes, M. Ouellette estime que le Parti conservateur doit s’ajuster.

De manière générale [au Canada], on voit que le vote qu’on appelle progressiste a fait en sorte qu’on a beaucoup plus de sièges du côté progressiste : les libéraux, verts, NPD, je dirais même que le Bloc québécois est progressiste à beaucoup d’égards, explique M. Ouellette.

Roger Ouellette en entrevue dans un studio de Radio-Canada.

Le professeur de sciences politiques Roger Ouellette suggère aux conservateurs fédéraux de devenir plus progressistes pour gagner plus d'appuis en Atlantique et au Québec.

Photo : Radio-Canada / Kenneth Hébert

Le Parti conservateur du Canada est né en 2003 de la fusion de l’Alliance canadienne et du Parti progressiste-conservateur fédéral.

Le mot progressiste a disparu, on a juste le Parti conservateur. Ce parti-là, lorsqu’on regarde les résultats, il fait du sur place : 32 %, 33 %, 34 % du vote. Donc, la tente du Parti conservateur est assez petite et si on veut l’agrandir, il faudra peut-être regarder davantage à aller chercher vers le centre, le côté progressiste qui a disparu, semble-t-il, du côté conservateur. Ce sera intéressant de voir M. Scheer. Moi, je ne le vois pas tellement rester pour la prochaine élection. Le Parti conservateur devra se poser de sérieuses questions s’il veut reprendre en Atlantique, s’il veut aller au Québec. Je pense qu’il devrait se trouver un chef davantage progressiste, déclare Roger Ouellette.

Les autres partis aussi ont du pain sur la planche pour gagner du terrain en Atlantique aux prochaines élections, selon lui.

L’Atlantique est resté largement libéral, mais il y a beaucoup de travail à faire, je pense, pour le NPD. Est-ce qu’il peut revenir en Atlantique? La question se pose. Les verts, c’est quand même intéressant. Un seul siège, mais dans plusieurs circonscriptions au Nouveau-Brunswick et même à l’Île-du-Prince-Édouard ils sont arrivés deuxièmes. Donc, il y a du travail à faire du côté des verts.

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