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Des chercheurs manitobains se penchent sur les effets d’Ebola sur l’appareil reproducteur

Un homme reçoit le vaccin.

Les campagnes de vaccination sont nombreuses pour tenter de ralentir l'épidémie.

Photo : Reuters / James Akena

Radio-Canada

Comment Ebola touche-t-il les organes génitaux? Quel est son effet sur cette partie du corps? Des chercheurs de l’Université du Manitoba sont en Afrique de l’Ouest pour tenter de répondre à ces questions.

Objectif de la mission : enrayer la transmission du virus par voie sexuelle. Les scientifiques ont découvert qu’Ebola pouvait vivre des mois dans l’appareil reproducteur des hommes.

Le virus continue de frapper fort des pays de l’Afrique de l’Ouest, comme la République démocratique du Congo. Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a eu 3228 cas, et 2153 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie.

Jason Kindrachuk, professeur associé à l’Université du Manitoba, fait partie du groupe de chercheurs manitobains qui est sur place.

Selon lui, la moitié des hommes qui survivent à Ebola et qui font des tests sanguins vont continuer de le porter dans leur système reproducteur entre quatre mois et trois ans.

Cela signifie que, même si ces personnes ont été mises en quarantaine lors d’une épidémie, elles peuvent ensuite continuer de transmettre le virus lors de rapports sexuels, sans savoir que celui-ci est toujours présent dans leurs organes.

Ce que l’on sait à propos d’Ebola, c’est qu’il va décimer la plus grande partie des organes touchés, explique Jason Kindrachuk. Mais, dans les organes reproducteurs masculins, cela ne semble pas se passer ainsi. Le virus reste et persiste pour longtemps.

Les chercheurs se rendront aussi en Sierra Leone. Jason Kindrachuk et le reste de l’équipe vont s’entretenir avec des personnes qui ont survécu à une infection à l’Ebola pour savoir si elles ont remarqué des problèmes dans leur vie sexuelle, comme un changement dans leur taux d’hormones, leur libido ou encore la faculté d’avoir des enfants.

Avant de se rendre sur le continent africain, les chercheurs ont déjà commencé à analyser comment et pourquoi Ebola se retrouvait dans le système reproducteur et ses effets sur ce système.

Quant à savoir quel impact a Ebola sur le système reproducteur féminin, les chercheurs ont vraiment très peu de pistes.

Notre but est d’élaborer les stratégies pour endiguer le phénomène.

Jason Kindrachuk, chercheur de l'Université du Manitoba

Les chercheurs manitobains vont tenter de déterminer comment et pourquoi le virus se retrouve dans le système reproducteur. Et, surtout, pourquoi il reste si longtemps.

Les cas de transmission sexuelle du virus par les femmes sont plus rares que chez les hommes.

Toutefois, pour l’équipe manitobaine, l’autre question à laquelle elle va tenter de répondre, c'est de savoir si Ebola peut être transmis génétiquement.

Les résultats de ses études pourraient être publiés d’ici deux à cinq ans.

Ebola, un mystère

Ebola reste en partie un mystère pour les chercheurs. Nous ne savons toujours pas comment ni pourquoi le virus fait ce qu’il fait aux humains, explique Jason Kindrachuk. Nous ne savons pas non plus d’où il vient dans la nature.

Selon l’OMS, le virus est apparu pour la première fois en 1976. C’est une maladie rare qui détruit le corps humain de l’intérieur.

En moyenne, les personnes touchées ont 50 % de chances de survivre.

Les chercheurs pensent que le virus est transmis aux humains par les animaux sauvages, comme les chauves-souris. Celles-ci peuvent transmettre le virus aux humains qui mangent de la viande infectée ou sont mordus par des chauves-souris.

C’est très difficile pour nous de trouver un moyen d’arrêter le virus avant qu’il ne commence à se propager.

Le plus souvent, le virus est transmis par les fluides corporels, soit par un contact direct, soit par des objets contaminés. C’est pour cette raison que certains professionnels de santé sont parfois, eux aussi, infectés.

Manitoba

Santé publique