•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Malgré la déconfiture, Jagmeet Singh promet de « ne pas laisser tomber le Québec »

Presque effacé de la carte électorale du Québec, le Nouveau Parti démocratique (NPD) conserve une part de ses acquis ailleurs au Canada.

Jagmeet Singh salue la foule à son arrivée avec sa femme.

Jagmeet Singh a prononcé un discours devant les néo-démocrates rassemblés à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Valérie Boisclair

Ce qu'il restait de la vague orange de 2011 a pratiquement été effacé de la carte électorale au Québec. Le Nouveau Parti démocratique n'a pu y faire élire qu'un seul candidat, alors qu'il a réussi à maintenir une bonne part de ses acquis dans le reste du Canada. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, assure qu'il n'abandonnera pas la province pour autant.

Selon les résultats préliminaires, le NPD n'a su conserver que 24 circonscriptions, lui qui en détenait 39 à la dissolution du Parlement.

Dès le dépouillement des urnes au Québec, le Nouveau Parti démocratique y a rapidement été écarté de la course, laissant le Bloc québécois, le Parti libéral et le Parti conservateur se disputer les 78 sièges que compte la province.

Des 14 députés que le NPD comptait au Québec, seul Alexandre Boulerice pourra garder le phare, après avoir été réélu dans Rosemont–La-Petite-Patrie. Un retour à l'époque de Phil Edmonston, le premier député néo-démocrate qui a siégé dans l'ancienne circonscription de Chambly, de 1990 à 1993.

Les libéraux, qui formeront le prochain gouvernement minoritaire, ne sont toutefois pas ceux qui ont raflé la plupart des sièges néo-démocrates au Québec. S'ils ont été majoritairement élus dans le Grand Montréal, ce sont les bloquistes qui ont réalisé d'importants gains dans la couronne, en Montérégie et dans les Laurentides.

Loin d'être abattu, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a pris la parole depuis sa circonscription de Burnaby-Sud afin de s'adresser aux électeurs québécois. Aux gens du Québec, je veux dire merci, a-t-il déclaré. Je suis reconnaissant pour le soutien que j’ai reçu. Mais ce soir, ça n’a pas été assez. On va continuer de se battre pour vous.

Nous n’allons pas laisser tomber le Québec, nous continuerons à y être présents. Je continuerai d’être présent au Québec.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Les résultats ne sont pas ceux qu'il avait espérés, a-t-il concédé, mais le chef néo-démocrate estime que ce premier contact était essentiel.

L’accueil que j’ai reçu au Québec m’a fait chaud au cœur. Ce premier rendez-vous électoral nous a permis de mieux nous connaître. J’ai eu la chance de vous démontrer que nous partageons les mêmes valeurs, a-t-il dit en français.

Peu de temps avant lui, Alexandre Boulerice s'était aussi montré optimiste. Je pense que ce qui est important aujourd’hui, malgré des résultats qui peuvent paraître décevants, c'est qu'on a ouvert des portes et des routes pour l’avenir. C’est la première période d’un nouveau match de hockey pour nous, a illustré le député réélu de Rosemont–La Petite-Patrie, après les défaites de ses collègues dans Hochelaga, Laurier–Sainte-Marie et Outremont.

Jusqu'à la dernière minute, la candidate Ruth Ellen Brosseau aura bataillé ferme pour conserver la circonscription de Berthier–Maskinongé. Au terme d'une chaude lutte, qui a aura donné un dernier espoir aux néo-démocrates, le bloquiste Yves Perron a été élu.

Sans grande surprise, les néo-démocrates ont aussi perdu la circonscription de Beloeil–Chambly, remportée par le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

En 2015, le NPD avait déjà connu un important revers en faisant élire 44 députés au Canada, soit une soixantaine de moins que les 103 élus lors de la vague orange de 2011. Au Québec, seuls 16 députés néo-démocrates avaient été portés au pouvoir, 43 de moins qu’en 2011.

À son arrivée au Parlement, en février, Jagmeet Singh s’était engagé à « redoubler d’efforts pour renouer avec les Québécois » et à marcher dans les pas de son prédécesseur, Jack Layton.

Je veux être un allié du Québec, avait-il déclaré en tout début de campagne, promettant aux électeurs de la province « plus que de belles paroles ». Augmentation de l’enveloppe pour gérer l’immigration sur son territoire, application de la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale, réintégration du Québec dans la Constitution canadienne : le chef du NPD comptait rallier les électeurs en accordant des pouvoirs accrus à Québec.

Le NPD se maintient à flot ailleurs au Canada

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a quant à lui été réélu dans Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique, après avoir été talonné par le candidat conservateur Jay Shin.

En Ontario, où le NPD comptait huit députés à la dissolution de la 42e législature, la majeure partie des acquis a été préservée, notamment dans Timmins–Baie James, Hamilton-Centre, London–Fanshawe, Hamilton Mountain et Windsor-Ouest.

Même scénario du côté du Manitoba, où le NPD a pu protéger ses deux circonscriptions, réussissant même à faire un gain dans Winnipeg-Centre. La candidate autochtone Leah Gazan, qui se présentait pour la première fois au fédéral, a devancé de plus de 1600 voix son vis-à-vis libéral.

Les néo-démocrates ont remporté leur premier siège de la soirée dans la circonscription de Saint-Jean-Est, à Terre-Neuve, détenue depuis quatre ans par les libéraux. Jack Harris effectue ainsi un retour après avoir été défait en 2015. La plupart des sièges perdus par le Parti libéral en Atlantique ont toutefois été remportés par le Parti conservateur.

Avec le même entrain qu'il a démontré tout au long de la campagne, particulièrement en fin de parcours, le chef néo-démocrate s'est engagé lundi soir « à travailler d’arrache-pied » pour faire progresser au Parlement les dossiers qui lui sont chers, évoquant entre autres la lutte contre les changements climatiques et l'alimentation en eau potable dans les communautés autochtones comme Grassy Narrows.

Notre dossier Élections Canada 2019

En dépit des accusations lancées à Justin Trudeau au cours de la campagne, notamment celles d’avoir « menti » aux Canadiens et de les avoir fait attendre au lieu de livrer les résultats, Jagmeet Singh avait déjà ouvertement envisagé l’idée de former une coalition avec les libéraux afin de barrer la route aux conservateurs d’Andrew Scheer.

On est prêts à travailler avec n’importe qui, on a seulement dit qu’on ne travaillera pas avec les conservateurs, avait-il dit un peu plus d’une semaine avant le scrutin fédéral.

Lundi soir, le chef néo-démocrate a dit s'être entretenu avec Justin Trudeau avant de prendre la parole devant ses partisans. Je lui ai dit qu’on allait travailler fort pour qu’on puisse concentrer nos efforts sur les priorités des Canadiens, a-t-il assuré.

Politique fédérale

Politique