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Des enfants de Pessamit ne vont à l'école que deux heures par jour

L'affiche du bureau politique du Conseil des Innus de Pessamit, près de la porte d'entrée de l'immeuble.

Les bureaux du Conseil des Innus de Pessamit

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Radio-Canada

Les enfants de la communauté innue de Pessamit qui sont en adaptation scolaire ou qui vivent avec le spectre de l’autisme n'ont droit qu'à deux heures d'école par jour dans les écoles de la communauté et n'ont pas accès à des suivis professionnels à même leur parcours. Les parents de quelques-uns d'entre eux se sont regroupés et dénoncent la situation.

La petite Dana, 6 ans, est encore à la maison un jeudi matin à 11 h, car elle commence l'école plus tard que les autres enfants.

J’aimerais ça, qu’elle puisse aller étudier comme tous les autres enfants, se désole sa mère, Peggy Sue Riverin-Simon. Elle a besoin d’une éducatrice à elle, parce qu’elle est juste capable de se concentrer sur une seule personne et le bruit dans une classe, c’est trop pour elle.

La jeune fille est près de sa mère.

Peggy Sue Riverin-Simon et sa fille

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Comme les écoles de Pessamit manquent de ressources pour les enfants à besoins particuliers, certains parents choisissent d'envoyer leurs enfants dans des écoles qui se trouvent à l'extérieur de la communauté.

C'est le cas du parent d'accueil Jimmy Bacon, qui a préféré envoyer Émilie à l'école primaire des Escoumins.

C’était important pour son cheminement qu’elle puisse vivre en société et avoir une éducation, fait valoir Jimmy Bacon. Oui, elle est accompagnée, mais elle est dans une classe normale, actuellement.

Et Jimmy Bacon sait qu'elle est privilégiée par rapport aux autres enfants à besoins particuliers de Pessamit.

Il porte une casquette et des lunettes.

Jimmy Bacon

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

De voir ma fille progresser merveilleusement bien, versus des jeunes qui sont pénalisés par des manques de ressources, ou manque de personnel, ou je ne sais pas quoi, ça me fait quelque chose.

Jimmy Bacon, père d'accueil

Mais malgré la situation, des parents de Pessamit se sont retroussé les manches. Chaque jeudi soir, une poignée d'entre eux se retrouvent pour discuter de leur situation.

Ils ont même rencontré le directeur de l'éducation ainsi que des élus à quelques reprises.

Je suis quand même une personne gênée, mais pour mon enfant, c’est sûr que je dois me battre pour qu’elle reçoive les services auxquels elle a droit, souligne Peggy Sue Riverin-Simon. Les enfants à besoins spéciaux ont aussi le droit d’aller à l’école et d’étudier.

Ce n’est pas juste mon enfant… Il va y en avoir d’autres, des enfants qui vont avoir des besoins. C’est le temps que ça change.

Peggy Sue Riverin-Simon, mère de la petite Dana

Le conseil de bande de la communauté de Pessamit assure se montrer à l'écoute du groupe de parents.

Il travaille présentement à augmenter le nombre de locaux pour les enfants à besoins particuliers malgré le manque de place déjà criant dans les écoles de la communauté.

D’après le reportage de Marie-Jeanne Dubreuil

Côte-Nord

Éducation