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Les producteurs gaspésiens face aux nouvelles tendances agricoles

Une maraîchère dans un jardin

Des représentants de l'UPA et des producteurs gaspésiens ont discuté de leur réalité lors de l'assemblée générale annuelle le 21 octobre 2019 à Carleton-sur-Mer. (archives)

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Radio-Canada

Avec les préoccupations environnementales et la montée du véganisme, de nouveaux enjeux émergent en agriculture. Des producteurs agricoles de la Gaspésie et des Îles tentent de s'adapter pour satisfaire les consommateurs.

Lundi, à la suite de son assemblée générale annuelle qui s'est tenue en matinée, la Fédération de l'UPA Gaspésie–Les-Îles a tenu un après-midi de réflexion dans le cadre de sa planification stratégique.

Quatre enjeux ont été abordés, dont celui des nouvelles tendances qui ont un impact sur l'image des producteurs agricoles.

Les citoyens sont de plus en plus sensibles à leur alimentation et naturellement, de plus en plus intéressés à ce qui se passe en agriculture, souligne le président général de l'UPA, Marcel Groleau.

Les modes de production sont remis en question, certains [remettent en question] la production de gaz à effet de serre par la viande, d'autres sont inquiets de la biodiversité parce qu'il y a plus de monoculture qu'il y a 50 ans, alors tout ça interpelle les producteurs agricoles.

Marcel Groleau, président général de l'UPA

Le maraîcher Étienne Goyer estime que les producteurs gagneraient à améliorer leurs pratiques.

Il va peut-être falloir qu'on fasse des efforts pour changer la façon dont on produit pour que ça corresponde mieux aux attentes des consommateurs. C'est vrai que l'agriculture est un secteur qui est polluant. Je pense qu'on peut faire mieux, observe-t-il.

Le maraîcher ajoute cependant que les grands détaillants ont également un travail à faire, notamment au niveau des standards exigés pour les aliments.

Des carottes imparfaites, tu ne peux pas les vendre dans la grande distribution, ils ne les prendront pas. Mais si je les mets à mon kiosque, elles partent pareil. Le problème n'est pas avec les consommateurs, le problème est au niveau des standards de l'industrie de la distribution, affirme M. Goyer.

Le maraîcher Étienne Goyer pose avec des tubercules de gingembre dans les mains, devant ses hauts plants de gingembre

Le maraîcher Étienne Goyer croit qu'il est faux de penser que les consommateurs n'achètent que des légumes esthétiquement parfaits.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ce n'est pas qu'on veut pas changer, mais il faut se donner du temps. On ne peut pas changer du jour au lendemain, fait remarquer le producteur laitier Bruno Lagacé.

Par ailleurs, le maire de Carleton-sur-Mer et préfet de la MRC d'Avignon, Mathieu Lapointe, dit être interpellé par des citoyens qui s'inquiètent de l'épandage de pesticides dans les champs près de chez eux. Il déplore de n'avoir aucune réponse satisfaisante à leur fournir.

Nous, comme municipalité, à l'heure actuelle, on n'a aucun outil pour légiférer là-dessus et on n'a aucune idée de ce qui se passe sur notre territoire, regrette M. Lapointe.

M. Groleau rappelle pour sa part que l'usage de pesticides est déjà moindre au Québec qu'ailleurs au Canada.

Ce qui se fait ici, lorsqu'on se compare, est mieux que ce qui se fait ailleurs. On a un registre sur la vente des pesticides qui est complété chaque année, donc on peut comparer l'évolution des ventes d'une année à l'autre. On est la seule province au pays à faire ça, souligne M. Groleau.

Des représentants de l'UPA et des producteurs gaspésiens discutent dans une salle de l'Hostellerie Baie Bleue, à Carleton-sur-Mer.

La Fédération de l’UPA Gaspésie–Les-Îles a tenu son assemblée générale annuelle le 21 octobre 2019 à Carleton-sur-Mer.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le président général de l'UPA admet toutefois que les efforts déployés pour développer d'autres options que les pesticides ne sont pas suffisants au goût des producteurs agricoles.

Est-ce que la recherche est suffisante? Non [...] d'autant plus qu'il y a de nouveaux [insectes] ravageurs chaque année avec les réchauffements climatiques.

Marcel Groleau, président général de l'UPA

Il y a des insectes qu'on n'avait pas il y a quelques années qui sont présents dans nos champs, et à cause de l'allongement de la saison, il y a plus de générations d'insectes. Ça demande plus de moyens pour lutter contre les prédateurs des cultures, indique M. Groleau.

De fausses nouvelles qui font mal

Bien que la consommation de bœuf soit en baisse depuis quelques années au Canada selon M. Groleau, il assure que la montée du véganisme n'a pas encore d'impact financier pour les producteurs de viande.

Il y a un bruit médiatique important autour de ça, mais ça ne s'est pas encore traduit dans un réel changement des habitudes de consommation. Actuellement, les ventes de poulet sont en croissance, le porc va bien aussi, affirme M. Groleau.

Marcel Groleau lors de l'assemblée générale annuelle de la Fédération de l'UPA Gaspésie, à Carleton-sur-Mer.

Le président général de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Il se dit toutefois inquiet des fausses nouvelles au sujet des producteurs qui sont parfois véhiculées sur les réseaux sociaux.

Ce qui est inquiétant, c'est les fausses nouvelles concernant l'élevage. On va prendre des images qui datent de plusieurs années, qui ont été filmées aux États-Unis, on met ça sur le web comme si ça s'était produit ici hier, alors qu'il y a beaucoup de règles qui ont été adoptées au niveau de l'élevage au Canada et au Québec pour protéger les animaux, déplore M. Groleau.

Les véganes tracent une image très négative de l'élevage, [disant] qu'on ne se préoccupe pas de la santé et de la qualité de vie de nos animaux. Tout ça est faux. Ça fait mal aux producteurs agricoles de se faire traiter de mauvaises personnes parce qu'ils élèvent des animaux.

Marcel Groleau, président général de l'UPA

Si les communications représentent toujours un enjeu crucial pour les producteurs, ces derniers ont pris des moyens pour défendre leur réputation.

On doit trouver des façons de réagir. Nous aussi on est sur le web, on tente de montrer ce qu'on fait, on ouvre les portes de nos fermes, les portes ouvertes de l'UPA, c'est une façon de répondre à ça, explique M. Groleau.

Le défi de la rareté de la main-d'œuvre a également été abordé à cette assemblée annuelle, ainsi que l'informatisation, la robotisation et l'usage des technologies numériques.

Avec les informations d'Isabelle Larose

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Agriculture