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Jean Teillet, descendante de Louis Riel : « L’histoire est un dialogue sans fin »

Jean Teillet est assis à une table sur laquelle est disposé son livre et sourit.

Jean Teillet est en ce moment à Winnipeg pour présenter son livre qui a nécessité trois ans de travail.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Jean Teillet

Radio-Canada

L'arrière-petite-nièce de Louis Riel publie le livre intitulé The North-West is Our Mother. Dans ce livre, elle retrace l’histoire des Métis, selon leur point de vue. Pour la descendante d’un des pères fondateurs du Manitoba, il est essentiel de reprendre la parole.

Qu’attendez-vous de ce livre?

J’espère bien évidemment que les gens vont le lire et qu’ils verront qu’il y a un autre côté de l’histoire. L’histoire est un dialogue sans fin. Nous découvrons toujours de nouvelles choses. De nouvelles voix s’élèvent, et les gens écrivent de plus en plus. De fait, on en apprend toujours plus sur notre passé. J’espère que cela va ajouter des éléments au dialogue.

Je pense que certaines personnes vont lire ce livre, ne vont pas être d’accord avec ce qui est dit et vont aller lire d’autres choses... Ou peut-être qu’elles seront d’accord, mais iront quand même lire d’autres choses sur le sujet. Et, dans ce cas, nous allons tous bénéficier de cette discussion, de ce débat.

Vous dites que ce livre est écrit du point de vue métis. Que voulez-vous dire précisément?

Jusqu’à présent, toutes les histoires sur la nation métisse ont été écrites d’un point de vue qu’on pourrait dire des Blancs, ou du moins, d’un point de vue non métis. Ces histoires se sont basées sur des documents historiques des marchands de fourrures, des prêtres, des soldats.

Elles nous racontent surtout ce qu’il s’est passé du point de vue canadien, ce qu’ils ont vu et comment ils l’ont perçu. Mais cela ne nous dit rien à propos de la nation métisse et de ce qu’elle pensait. Donc, pour moi, c’est très intéressant de mettre en avant cette nouvelle perspective. C’est important de parler de l’autre côté de l’histoire.

Pourquoi est-ce important?

Il y a une partie de l’histoire qui dit que les Métis n’avaient pas de morale. Certains disent qu’ils n’ont jamais été les auteurs de leurs propres idées ou comme quoi ils n’avaient pas de plan. L’idée était de dire que les Métis étaient les outils d’autres personnes. Je crois que les preuves démontrent le contraire! Je pense qu’il était nécessaire de démontrer que c’est faux et de le dire tout haut!

Vous sentez-vous dans une position spéciale pour écrire ce livre parce que vous êtes une descendante de Louis Riel ?

Je ne pense pas que ce soit nécessairement parce que je suis son arrière-petite-nièce, mais surtout, parce que je suis une avocate et que je travaille sur le droit des peuples autochtones et des Métis depuis longtemps. Pendant les 25 dernières années, j’ai été immergée dans l’histoire des Métis.

Je suis en possession de documents que peu de personnes ont et qui ne sont pas encore dans le domaine public. J’ai accès à de nombreuses informations, ce qui me permet d’avoir un point de vue différent sur ce qu’il s’est passé.

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