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Un autiste évite la prison pour des crimes sexuels

Une personne tape sur un clavier rétroéclairé.

Une personne tape sur un clavier rétroéclairé.

Photo : getty images/istockphoto / djedzura

Yannick Bergeron

La prison n'est pas une peine « juste et appropriée » pour un jeune autiste, même s'il a commis du leurre informatique envers deux adolescentes, estime une juge.

Sacha-Emmanuel Grenier, 22 ans, s'exposait à une peine minimale de 12 mois de détention pour ces crimes.

Pendant deux mois au début de l'année 2016, Grenier a eu des discussions de nature sexuelle avec deux adolescentes de 13 ans, originaires de la région de Québec.

Poussé par la mère d'une victime, il s'est lui-même dénoncé à la police, a admis l'ensemble des faits et exprimé des remords. Il a aussi fait parvenir une lettre d'excuses aux parents des victimes.

L'homme de Châteauguay a plaidé coupable aux accusations, et son avocate s'est attaquée à la constitutionnalité de la peine minimale, imposée par le Code criminel.

La juge Chantale Pelletier s'est rendue aux arguments de Me Florence Boucher-Cossette, qui a plaidé qu'une peine de prison représenterait une « peine cruelle et inusitée », en contravention avec la Charte canadienne des droits et libertés.

Intimidation

La juge Pelletier a retenu que la jeunesse de l'accusé a été marquée par l'intimidation et le rejet, en raison de son état.

« Il n'apparaît pas nécessaire d'ajouter davantage d'intimidation à celle dont il a été victime au cours de son existence », a-t-elle indiqué.

Elle relève au passage que Grenier n'a pas de déviance sexuelle et que c'est plutôt son état qui l'a amené à faire ses gestes.

Une peine d'emprisonnement n'apportera rien de positif. Ni à la société ni à l'accusé.

la juge Chantale Pelletier

La magistrate reconnaît dans son jugement que la société est en droit de s'attendre à ce que les enfants ne soient pas victimes des prédateurs sur Internet.

Par contre, le Tribunal est en présence d'un cas « particulier », qui commande une attention « particulière », écrit-elle, dans son jugement de 14 pages.

Registre des délinquants sexuels

Si Sacha-Emmanuel Grenier évite la prison, il n'échappera pas à un casier judiciaire comme le souhaitait son avocate, qui réclamait une absolution conditionnelle.

La juge a plutôt décidé de soumettre le jeune homme à une probation de trois ans et de lui imposer 200 heures de travaux communautaires.

Il sera aussi inscrit au registre des délinquants sexuels pour le reste de sa vie, ce qui constitue en soi une peine, rappelle la juge.

Québec

Crime sexuel