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Une sécurité renforcée au parlement d’Ottawa, 5 ans après la fusillade du 22 octobre 2014

Trois policiers armés se dirigent vers le parlement.

Un vaste périmètre de sécurité avait été mis en place le matin du 22 octobre 2014 lorsque le tireur avait ouvert le feu au Monument commémoratif de guerre avant d'entrer au parlement (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Des communications mieux intégrées, une centralisation à la Gendarmerie royale du Canada  (GRC), de la formation renforcée : les équipes assurant la sécurité sur la colline du Parlement ont tiré des leçons de la fusillade survenue à Ottawa il y a cinq ans.

« Il y a eu beaucoup de travail fait autour de la sécurité sur la colline du Parlement », confirme Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC.

La Police provinciale de l’Ontario (PPO) a ainsi étudié en profondeur la chaîne des événements qui se sont produits, explique-t-il. Le rapport, soumis à la fin de 2015, notait des lacunes majeures – par exemple, la quasi-absence de caméras de sécurité à l’intérieur du parlement. La PPO faisait part de recommandations pour corriger la situation et beaucoup ont été appliquées, selon M. Bourduas.

Ainsi, la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur du parlement est mieux intégrée : la GRC est maintenant au centre des décisions. Terminée l’époque où quatre compétences se partageaient la surveillance – le Service de police d’Ottawa (SPO) pour la rue Wellington, la GRC autour de la Colline et les équipes de la Chambre des communes et du Sénat dans l’édifice.

Un Service de protection parlementaire (SPP) a été créé en 2015 avec la fusion des services de sécurité de la Chambre des communes et du Sénat, ainsi que de l'Unité de sécurité de la colline du Parlement de la GRC, ce qui a causé une certaine grogne.

Depuis, davantage de formations ont été données, et la plupart des agents sont maintenant armés, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans.

Le fait que la GRC va être imputable pour ce qui est de la sécurité du parlement [...] force les autorités à travailler ensemble pour prévenir d’autres tragédies, soutient Pierre-Yves Bourduas.

Si [le tireur] avait été mieux formé, il aurait pu y avoir des conséquences tragiques pour un nombre d’élus qui se trouvaient dans l’enceinte lorsque M. Zehaf-Bibeau est entré dans le parlement.

Pierre-Yves Bourduas, ancien sous-commissaire de la GRC

Aussi, chaque entité avait un système de radio indépendant, qui ne communiquait pas d’un à l’autre, note M. Bourduas. Cette situation a depuis été ajustée, avec l’instauration d’un système unique.

Le matin du 22 octobre 2014, un homme ouvre le feu au Monument commémoratif de guerre d’Ottawa, au coin des rues Wellington et Elgin. Le caporal Nathan Cirillo perd la vie. Le tireur, Michael Zehaf-Bibeau, entre au parlement. Après un échange de coups de feu avec le personnel de sécurité, l’individu sera abattu par le sergent d’arme Kevin Vickers.

La sécurité d’un gouvernement « éparpillé »

Le défi pour les 10 prochaines années sera d’assurer la sécurité des élus et des sénateurs alors que l'édifice du Centre du parlement sera fermé pour d’importants travaux.

Les députés siégeront à l'édifice de l’Ouest et les sénateurs, au Centre des congrès. Ça demande encore une meilleure planification puisque, dans les 10 prochaines années, nos élus et les sénateurs vont opérer dans un environnement qui va être beaucoup plus étendu, note Pierre-Yves Bourduas. Déjà, deux agents armés gardent les portes de chaque lieu.

En matière de prévention, l’ex-sous-commissaire de la GRC signale que près de 1000 individus sont considérés au Canada comme radicalisés, selon le dernier rapport sur la sécurité nationale qu’il a pu consulter.

Reconnaissant qu’il n’est pas possible de surveiller les agissements de toutes ces personnes, il soutient qu’il faut mettre en place un durcissement autour des cibles potentielles, dont le parlement canadien.

L’importance de pouvoir travailler de pair avec les agences prend alors tout son sens, afin de prévenir d’autres incidents et de s’assurer d’avoir le juste équilibre entre la sécurité et permettre aux citoyens d’accéder à leur parlement, conclut-il.

Dans une déclaration officielle, le premier ministre Justin Trudeau a rendu hommage au caporal Nathan Cirillo, parlant d’un attentat insensé, ainsi qu’à l’adjudant Patrice Vincent, percuté mortellement deux jours avant la fusillade au parlement lors d’un attentat à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Nous nous rappelons également la responsabilité que nous avons tous de dénoncer la haine et de promouvoir l’inclusion dans nos communautés.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

M. Trudeau remercie par ailleurs les passants qui ont offert les premiers soins [aux deux victimes] ainsi que les premiers intervenants et les membres de la famille parlementaire qui ont mis leur sécurité en péril pour nous protéger.

Une rose rouge a été déposée sur la plaque commémorative du caporal Nathan Cirillo.

Une rose rouge a été déposée sur la plaque commémorative du caporal Nathan Cirillo, lors du cinquième anniversaire de son assassinat devant le Monument commémoratif de guerre du Canada.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Sécurité au Monument commémoratif de guerre d’Ottawa

De leur côté, les Forces canadiennes confirment que la police militaire devrait continuer d'assurer la sécurité [...] en 2019 au Monument commémoratif de guerre, avec le Programme national des sentinelles.

Après la fusillade, c’est d’abord le Service de police d'Ottawa qui avait été responsable de la sécurité sur cet emplacement en 2015. Le programme avait été suspendu en 2016, en raison de travaux de restauration.

En avril 2017, des agents de la police d’Ottawa assuraient la sécurité au monument commémoratif. Par la suite, le témoin a été remis à la police militaire.

Davantage de mesures de sécurité à la Ville d’Ottawa

La Municipalité d’Ottawa s’est elle aussi adaptée depuis cinq ans pour renforcer la sécurité à l’hôtel de ville. Le vérificateur général, dans son rapport d'avril dernier, soulignait que les mesures de sécurité physiques étaient adéquates.

Il recommandait cependant de créer des postes à l’interne plutôt que de sous-traiter les activités de sécurité, les services d’identification avec photo et les services d’agent de sécurité.

Aussi, la Ville précise dans son récent rapport annuel (2018) de la Direction de la sécurité et de la gestion des mesures d'urgence que la place Marion Dewar est désormais plus sûre pour la population et les festivaliers.

Dans le but de se prémunir contre d’éventuelles attaques aux camions-béliers ou à d’autres véhicules, des bornes de protection anticollision et des éléments paysagers ont été installés [en 2018] et aménagés sur le périmètre de la place Marion Dewar pour bloquer l’accès aux véhicules non autorisés.

De plus, le remplacement du système de télévision en circuit fermé a été terminé en 2018. L’équipe a remplacé complètement le système de plus de 50 installations de la Ville, y compris l’hôtel de ville, et installé ou remplacé plus de 700 caméras et appareils d’enregistrement, peut-on lire.

Ottawa-Gatineau

Prévention et sécurité