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Le Saurornitholestes langstoni mieux décrit

Reconstitution de l'apparence de la tête du Saurornitholestes langstoni.

Reconstitution de l'apparence de la tête du Saurornitholestes langstoni.

Photo : Université de l'Alberta/Jan Sovak

Radio-Canada

Des analyses menées sur le squelette fossilisé presque complet d’un Saurornitholestes langstoni mis au jour en Alberta permettent de mieux décrire cette bête, qui peuplait ce territoire il y 76 millions d’années.

Le spécimen étudié contient tous ses os – sauf ceux de la queue – dans leur position originale. Il a été découvert au parc provincial Dinosaur en 2015, un endroit reconnu pour sa richesse en fossiles où pas moins de 60 espèces de dinosaures ont été déterrées à ce jour.

Les squelettes fossilisés des petits dinosaures carnivores sont d’une rareté exceptionnelle en raison de leur taille réduite et de la délicatesse de leurs os. Celui qu’on a dégagé est, de loin, le plus complet et le mieux préservé de ceux qui ont été retrouvés en Amérique du Nord. Pour la science, il s’agit d’une véritable mine d’or.

David Evans

Jusqu’à présent, les paléontologues croyaient que le Saurornitholestes langstoni, un petit théropode à plumes, était apparenté au Velociraptor mongoliensis, découvert en Asie.

Ils l’avaient même appelé Velociraptor langstoni.

La paléontologie n’est souvent qu’un immense casse-tête auquel il manque la plupart des pièces. La description de ce spécimen revient à mettre la main sur plusieurs pièces manquantes du puzzle.

Philip Currie, de l'Université de l’Alberta

Un éclairage neuf

Les présents travaux, réalisés par les paléontologues Philip Currie et Clive Coy, de l’Université de l’Alberta, et David Evans, du Musée royal de l’Ontario, se sont concentrés sur le crâne de l’animal.

Ils ont permis d’établir que le Saurornitholestes appartenant à la lignée nord-américaine des dromaeosauridés (lézards qui courent) est très différent de la lignée asiatique.

Première grande différence : son crâne était nettement plus court et plus profond que celui du Velociraptor asiatique.

Deuxième particularité : les chercheurs canadiens ont noté la présence, à l’avant de la bouche, d’une dent plate – parcourue de longues stries – qui devait servir à lisser son plumage.

La même dent a, par la suite, été trouvée chez le Velociraptor et d’autres dromaeosauridés.

Une lignée distincte

Ces nouvelles informations montrent clairement que les dromaeosauridés nord-américains forment une lignée distincte de celle de leurs congénères asiatiques, en dépit de leurs ancêtres communs, explique Philip Currie.

Nous devrons repenser les déplacements intercontinentaux de ces animaux, ce qui, au bout du compte, nous en apprendra davantage sur leur évolution.

Philip Currie, de l'Université de l’Alberta

Dans l'avenir, d’autres parties du squelette seront analysées afin de les comparer à celles des dromaeosauridés d’Asie.

Les détails de cette étude sont publiés dans The Anatomical Record (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Paléontologie

Science