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Mort de Michel Vienneau : d'autres policiers témoignent

Les cinq personnes marchent dans un couloir, l'un des avocats tire une valise contenant vraisemblablement des documents.

Les policiers Mathieu Boudreau (au centre) et Patrick Bulger (à gauche à l'arrière) arrivent à l'audience d'arbitrage, jeudi matin, accompagnés de leur avocat respectif.

Photo : CBC/Shane Magee

Radio-Canada

Un deuxième policier a été appelé à la barre des témoins lundi, aux audiences d'arbitrage sur le sort des deux policiers impliqués dans la mort de l'homme d'affaires Michel Vienneau, en janvier 2015, à la gare de Bathurst.

Il s'agit de George Richard, qui appartenait au Groupe de renseignement criminel de la Force policière de Bathurst de 2009 à 2015.

La dénonciation anonyme

Le matin de l'intervention policière, a-t-il témoigné, le superviseur du groupe, Ron DeSilva - qui a témoigné vendredi - a dévoilé à son équipe qu'un dénonciateur anonyme avait laissé deux messages à Échec au crime où il disait que deux personnes, un homme et une femme, devaient rapporter des drogues d'un voyage par train de Montréal.

L'avocat du chef de police de Bathurst, Basile Chiasson, lui a demandé quelle valeur la Force policière accordait à ce genre de dénonciation. C'est le point de départ d'une enquête, a répondu George Richard. L'information doit être filtrée, testée, et il faut enquêter un peu plus pour déterminer sa fiabilité.

Brian Monroe, l'avocat de Patrick Bulger, a contre-interrogé George Richard. Il lui a demandé de décrire comment les membres de l’unité se sont déployés pour enquêter sur les signalements reçus d’Échec au crime.

Si j’avais remarqué un problème avec l’intervention qui mettait la sécurité du public à risque, à titre de sergent, j’aurais pu intervenir pour tout arrêter.

George Richard, policier qui appartenait au Groupe de renseignement criminel de la Force policière de Bathurst de 2009 à 2015

Une opération de surveillance

Il a assisté à la discussion qui s'en est suivie entre Ron Desilva et Patrick Bulger, l'un des policiers qui ont fait feu sur Michel Vienneau. Il était entendu que les policiers envoyés sur les lieux devaient exercer une surveillance des suspects, selon M. Richard. Cela supposait de les suivre à leur arrivée, d'observer leur comportement, d'éventuelles rencontres avec d'autres personnes et, le cas échéant, de faire une filature de leur véhicule.

Photo de famille d'Annick Basque et de Michel Vienneau

Annick Basque et Michel Vienneau se trouvaient dans leur voiture à la gare de Bathurst le 12 janvier 2015 quand ce dernier a été abattu par des policiers qui croyaient à tort avoir affaire à un trafiquant de drogue.

Photo : Facebook

Le deuxième message à Échec au crime, a-t-il affirmé, était plus précis que le premier : il précisait que les deux suspects seraient peut-être en état d'ébriété à leur arrivée, puisqu'ils avaient bu dans le train, et qu'ils transportaient des comprimés, dans le but d'en faire le trafic.

Si vous saviez qu'ils étaient en état d'ébriété, est-ce que vous les auriez laisser partir en voiture, a demandé Basile Chiasson? Non, a répondu le M. Richard, mais on n'en était pas certain. Il aurait fallu qu'on le vérifie par nous-mêmes.

M. Richard a remis des photos de Michel Vienneau aux policiers qui devaient se rendre à la gare pour qu'ils puissent l'identifier à sa sortie du train.

Trois véhicules policiers en place avant l'arrivée du train

Le témoin s'est lui-même rendu à la gare avec un collègue. Tous les autres policiers qui devaient participer à l'intervention étaient déjà en place, dans trois véhicules banalisés. Il s'est posté avec son collègue dans une cour d'école.

Patrick Bulger et Mathieu Boudreau, les deux policiers qui ont abattu Michel Vienneau, étaient postés les plus près du véhicule de Michel Vienneau et de sa conjointe, une Chevrolet Cruze blanche.

Une intervention rapide

Il s'est écoulé 20 minutes entre ce moment et l'arrivée du train, selon son estimation. Sur la radio des policiers, il a entendu dire que les deux suspects avaient rejoint leur voiture et qu'ils s'apprêtaient à partir. Pourquoi Patrick Bulger a-t-il décidé de l'intercepter à ce moment-là? George Richard n'a pas offert d'explication précise : cela dépend sans doute de ce qu'il a vu à ce moment-là, a-t-il répondu.

Les lieux de l'accident devant la gare VIA Rail de Bathurst en janvier 2015.

Les lieux du drame, devant la gare VIA Rail de Bathurst en janvier 2015

Photo : Radio-Canada

Il a assisté de loin, avec une vue partiellement obstruée, à la scène qui a suivi et qui a été relatée au cours des derniers jours d'audience : Michel Vienneau a tenté d'échapper aux policiers et sa voiture a heurté avec force un banc de neige devant la gare.

En s'approchant, il a vu que la vitre arrière de la Chevrolet Cruze était fracassée. Il a ouvert la porte du conducteur et a tiré Michel Vienneau au sol. Il s'est immédiatement rendu compte que ce dernier ne semblait pas respirer. Il a prévenu Partrick Bulger, un ancien paramédical, qui est venu pratiquer des manoeuvres de réanimation, sans succès.

Il tentait d'écraser mon partenaire

Il ne s'était pas rendu compte que des coups de feu avaient été tirés jusqu'à ce que Mathieu Boudreau le lui dise. J'ai dû lui tirer dessus, il tentait d'écraser mon partenaire, a-t-il dit.

Vendredi, le superviseur des policiers, Ron DeSilva, a affirmé qu'à son avis le recours à la force était justifié dans ce cas. Il a également déclaré que la dénonciation à Échec au crime était crédible.

Un enquêteur indépendant a recommandé le congédiement des policiers Patrick Bulger et Mathieu Boudreau, qui sont en congé avec salaire depuis environ deux ans. L’audience d’arbitrage sur leur sort, qui est présidée par Joël Michaud, a commencé mercredi matin.

Elle devait se terminer vendredi, mais se poursuivra peut-être au début de la semaine prochaine, a-t-on appris lundi matin. Les quatre prochains témoins, après George Richard, seront aussi des policiers, a annoncé lundi matin l'avocat Basile Chiasson.

Avec les renseignements de Shane Magee et de Serge Bouchard

Nouveau-Brunswick

Forces de l'ordre