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Neuf nuits à l’urgence en attendant une place dans un foyer de soins

Lena MacKinnon et Edna Gallant

Lena MacKinnon (à gauche) a passé plusieurs jours à l'urgence de l'hôpital d'Alberton avec sa mère, Edna Gallant (à droite) en attendant que cette dernière obtienne une place dans un foyer de soins.

Photo : Gracieuseté : Lena MacKinnon

Radio-Canada

Les enfants d’une dame atteinte de démence à l’Île-du-Prince-Édouard ont passé neuf jours et nuits à veiller sur elle à l’urgence de l’hôpital d’Alberton en attendant qu’une place se libère dans un foyer de soins.

Les enfants d’Edna Gallant sont restés auprès d’elle à tour de rôle durant tout ce temps.

Chaque fois que venait son tour, sa fille Lena MacKinnon, résidente de Stratford, devait conduire pendant plus d’une heure et demie pour se rendre à cet hôpital.

Nous avons même demandé un lit d’hôpital pour elle parce qu’elle n’avait qu’une couchette pour s’allonger. Ce n’était pas idéal, mais ce n’est pas la faute de cet hôpital qui n’est pas prévu pour accommoder des gens qui restent à long terme, explique Lena MacKinnon.

Mme MacKinnon ne fait pas de reproches au personnel de l’hôpital, mais elle dit craindre qu’il n’y ait pas assez de lits dans les établissements de soins à long terme pour répondre aux besoins dans la province.

Pendant qu’elle aidait sa mère à faire ses activités de base, comme aller à la toilette, Mme MacKinnon se demandait combien de temps cela allait durer. Mme Gallant a passé neuf nuits à l’urgence.

Nous avons eu de la chance. Nous avons eu une solution plutôt rapidement. Une semaine et demie, ce n’est pas grave. Nous aurions pu être dans cette situation pendant six mois, estime Lena MacKinnon.

Une démence qui progresse rapidement

Lena MacKinnon a vu diminuer rapidement les habiletés cognitives de sa mère durant les derniers mois.

Edna Gallant a déménagé dans un établissement communautaire, à Tignish, au printemps dernier, parce que sa mobilité diminuait, explique Mme MacKinnon. Cet établissement offre certains services de soutien, mais il n’a pas de personnel infirmier.

Peu après son déménagement à cet endroit, Mme Gallant a commencé à errer. Elle a reçu un diagnostic de démence l’été dernier.

Nous avons vite compris que ce n’était pas l’établissement le plus approprié pour ma mère. Il n’y avait pas de personnel infirmier sur place. Ce n’était pas une bonne situation ni pour le personnel ni pour ma mère, estime Lena MacKinnon.

Photographie de famille d'Edna Gallant assis sur une chaise de camping devant une roulotte de tourisme.

Edna Gallant (ci-dessus) a d'abord déménagé dans un établissement de soins communautaires, mais elle a ensuite eu besoin de soins plus spécialisés, explique sa fille, Lena MacKinnon.

Photo : Gracieuseté : Lena MacKinnon

Edna Gallant a été inscrite sur la liste d’attente pour une place dans un foyer de soins dès son diagnostic de démence. Mme MacKinnon a reçu peu après un appel de l’établissement communautaire l’informant que sa mère avait tenté de quitter les lieux et qu’elle avait été retrouvée dehors errant sous la pluie. L’établissement l’a aussi informée qu’il ne pouvait plus s’occuper d’elle.

Le personnel avait raison. Ce n’était pas le meilleur endroit pour elle, reconnaît Lena MacKinnon.

L’attente à l’urgence a été particulièrement difficile pour sa mère, souligne-t-elle. Mme Gallant était parfois troublée parce qu’elle se trouvait dans un milieu qui ne lui était pas familier. La situation était stressante pour elle comme pour ses enfants.

Ma mère demandait constamment à quel moment elle allait rentrer chez elle. Je sais qu’elle ne comprenait plus où était son logis, mais nous devons nous soucier de cela et de soins médicaux appropriés.

Au début d’octobre, 201 personnes étaient inscrites sur la liste d’attente des foyers de soins, indiquent les autorités provinciales. Le 10 octobre, 46  personnes occupaient des lits d’hôpital en attendant qu’une place se libère dans un foyer de soins. Neuf d’entre elles, comme Edna Gallant, attendaient une place dans un établissement offrant des soins aux personnes atteintes de démence dans le comté de Prince.

Il arrive que le taux d’occupation des hôpitaux surpasse la capacité de ces établissements, explique la régie de santé de l’Île-du-Prince-Édouard. Cette dernière reconnaît que la situation n’est pas idéale pour les patients admis et pour le personnel médical lorsque des patients n’ayant pas besoin de soins urgents restent à l’urgence à long terme. La Régie dit faire de son mieux pour prodiguer les soins nécessaires aux patients dans cette situation.

« C’est une crise »

Lena MacKinnon ajoute qu’elle cherchait une place pour sa mère dans toute la province pendant que cette dernière attendait à l’urgence. Elle aurait accepté une place pour sa mère aussi loin qu’à Souris s’il y en avait eu une.

Une semaine après leur arrivée à l’urgence d’Alberton, une place s’est libérée dans un foyer de soins à O'Leary. Edna Gallant y a déménagé quelques jours plus tard.

L'enseigne du service d'urgence de l'hôpital

Les enfants de Mme Gallant se sont relayés pour veiller sur elle pendant qu'elle attendait à l'urgence de l'hôpital d'Alberton.

Photo : CBC/Laura Meader

Lena MacKinnon est contente que sa mère ait maintenant son propre lit, dans l’ouest de la province, mais elle reste troublée par son expérience et elle s’inquiète pour d’autres familles qui connaissent des circonstances similaires.

Rendus à ce point, vous attendez littéralement et malheureusement que quelqu’un meurt parce qu’il n’y a aucune autre place. C’est une crise, affirme Lena MacKinnon.

Les autorités précisent que 100 nouveaux lits sont en cours d’aménagement dans le réseau des établissements de soins à long terme, soit 38 lits ajoutés récemment et 62 autres qui seront ajoutés cette année ou au début de 2020.

D'après un reportage de Sarah MacMillan, de CBC

Nouveau-Brunswick

Soins et traitements