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Grève dans une buanderie : des hôpitaux au N.-B. ont manqué de draps et de serviettes

La buanderie est responsable de la lessive pour des hôpitaux et des foyers de soins.

Photos d'archives d'une buanderie industrielle.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Radio-Canada a appris que des hôpitaux du Nouveau-Brunswick ont manqué de serviettes et de draps propres en fin de semaine en raison d’une grève dans une buanderie de Saint-Jean.

Depuis des années, les employés de cette buanderie, qui sont responsables de la lessive des hôpitaux, des foyers de soins et de certaines cliniques de la province, affirment être la cible de harcèlement et d'intimidation.

C'est un mouvement spontané qui a mené à cette grève illégale de deux jours, mercredi dernier.

Samuel LeBlanc, conseiller syndical au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dit qu'il y a énormément de tensions dans la buanderie. Le personnel est accablé par le découragement, soutient-il.

On sait qu'il y a beaucoup de problèmes avec l'employeur dans cet endroit-là, ce qui a probablement mené à l'action qui a été posée mercredi dernier, c'est-à-dire un débrayage des employés. Ce qu'on condamne, évidemment, parce que ça n'a pas été fait dans le cadre légal, mentionne-t-il.

Samuel LeBlanc à l'extérieur devant l'enseigne du SCFP.

Samuel LeBlanc, conseiller syndical au SCFP.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Le syndicat est intervenu et a convaincu les employés de retourner au travail, ce qui ne s’est pas fait de gaieté de coeur, précise Samuel LeBlanc.

On comprend qu'il y a énormément de problèmes dans cet endroit-là. Il faut que les problèmes soient réglés, insiste le conseiller syndical de la section locale 1190, représentant les travailleurs de la buanderie de Saint-Jean.

Des employés à qui Radio-Canada a parlé dimanche affirment que leur milieu de travail est dangereux et qu'on les traite comme de la machinerie. Certains se plaignent notamment de recevoir des appels téléphoniques en pleine nuit pour se rendre au travail, et d'être chronométrés lorsqu'ils vont aux toilettes.

La grève illégale a été brève, mais a eu des répercussions dans plusieurs hôpitaux à travers la province. Au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont de Moncton, par exemple, on a manqué ces derniers jours de serviettes et de draps propres.

Une autre grève, légale cette fois-ci, s'annonce à l'horizon, et pourrait être déclenchée dans les jours qui viennent.

Simon Ouellette dans un bureau.

Simon Ouellette, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Simon Ouellette, du Syndicat canadien de la fonction publique, exhorte les travailleurs de la buanderie à garder courage et à suivre la procédure légale, mais prévient que la situation doit changer.

Si le gouvernement n'est pas intéressé à regarder comment on traite ces êtres humains-là, et qu'ils veulent continuer à gérer cela comme une usine dans les années 30, ils vont se retrouver avec une belle surprise, déclare-t-il.

Il n'y a personne qui veut faire la grève. On veut avoir un bon contrat, on veut rentrer à l'ouvrage, faire notre travail comme du monde, dit M. Ouellette, puis tout le monde est content.

Mais, poursuit-il, si on est obligés d'aller jusqu'à la grève pour qu'on soit écoutés, pour qu'on soit entendus, on va se tenir ensemble, on va se tenir debout pour nos droits.

Le gouvernement a refusé ce week-end les demandes d'entrevue de Radio-Canada, mais a confirmé avoir reçu cinq plaintes qui visaient les gestionnaires de la buanderie à Saint-Jean.

Ces plaintes ont mené à la tenue, plus tôt cette année, d'une formation obligatoire sur le respect en milieu de travail.

D’après le reportage de Rose St-Pierre

Nouveau-Brunswick

Relations de travail