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Des parents francophones en Nouvelle-Écosse préoccupés par l’anglais à l’école

Des parents francophones sont préoccupés par la présence dans le système éducatif francophone d’ayants droit qui ne maîtrisent pas le français.

Photo : Getty Images / GrabillCreative

Radio-Canada

Des parents francophones de la Nouvelle-Écosse sont préoccupés par la présence dans le système éducatif francophone d’ayants droit qui maîtrisent très peu, ou pas du tout, la langue française.

En conformité avec la loi, le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) accueille dans ses écoles francophones, ces ayants droit.

Pas une « école d'immersion de luxe »

On constate que dans nos écoles, nos écoles de français langue première, on entend beaucoup d'anglais (...) dans la cour d’école, dans les couloirs de l’école. On sait que c'est un grand défi, dit Caroline Arsenault, la présidente de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE).

Le groupe soutient par ailleurs que des parents anglophones exigent que les communiqués du CSAP soient traduits dans leur langue.

La FPANE exhorte les parents de ces ayants droit à respecter la mission première du Conseil scolaire acadien provincial. Les activités quotidiennes dans ces écoles doit se dérouler en français, tiennent-ils à rappeler.

Caroline Arsenault en entrevue sur un trottoir à Halifax le 2 octobre 2019.

Caroline Arsenault, présidente de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

On est reconnaissant au CSAP, qui fait certains [accommodements], mais il faut reconnaître que ce n'est pas une école d'immersion de luxe, c'est vraiment une école de français, langue première, déclare Mme Arsenault.

Ses propos font écho à ceux entendus la semaine dernière au Nouveau-Brunswick, où des parents dénonçaient ce qu’ils perçoivent comme une omniprésence des interactions en anglais dans une école francophone à Quispamsis.

L’historienne Sally Ross, auteure du livre Les écoles acadiennes en Nouvelle-Écosse, 1758-2000, avait prédit cette situation il y a 15 ans, dans un rapport de recherche préparé pour un colloque à l'Université Saint-Anne.

Sally Ross devant un mur blanc.

Sally Ross.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

L'idée était d'imaginer l'école en 2020, dit-elle à propos de son rapport. Tous les enseignants, tous les directeurs en 2004 ont évoqué le problème de l'anglicisation. (...) Le problème ne fait que s'aggraver, mentionne-t-elle.

Ça rend l'enseignement et l'apprentissage infiniment plus compliqué, dit Mme Ross.

À l’occasion de son assemblée générale annuelle, dimanche à Dartmouth dans la région d’Halifax, la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse a suggéré quelques pistes de solution.

Si ces parents aimeraient plus de ressources pour offrir de l'aide en rattrapage aux élèves qui en ont besoin, ils souhaitent aussi prévenir l’apparition de ce problème en augmentant le nombre de places en garderie francophone.

Les places sont très limitées, déplore Véronique Legault, directrice générale de la FPANE.

Véronique Legault dans une salle de réception.

Véronique Legault, directrice générale de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse (FPANE).

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Quand on parle de garderies, c'est un milieu de vie, rappelle-t-elle. Un enfant y vit presque toute la journée, de 7 heures et demie le matin à 5 heures et demie le soir.

On a beau parler français à l'enfant [à la maison], mais si l'enfant a vécu en anglais toute la journée, (...) sa langue prédominante avant de commencer l'école va être l'anglais, souligne Mme Legault.

La sécurité linguistique à l’ordre du jour

Le Conseil scolaire acadien provincial reconnaît qu'elle accueille de plus en plus, dans ses écoles, des élèves dont la langue prédominante est l’anglais.

Édifice du Conseil scolaire acadien provincial à Dartmouth en octobre 2018.

Les locaux du CSAP pour la région centrale de la Nouvelle-Écosse, à Dartmouth dans la région d’Halifax.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Wolf

Cette situation s’explique par plusieurs facteurs : la clause qui permet l’admission des enfants dont un grand-parent parle ou parlait le français ; le nombre de couples exogames, c’est-à-dire dont les partenaires sont de langue maternelle différente ; et les nouveaux arrivants allophones qui font le choix d’intégrer le système scolaire francophone.

Dans son plan stratégique pour la période 2019-2023 (Nouvelle fenêtre), le CSAP prévoit une série de mesures et fait de la sécurité linguistique l'une de ses priorités. Le conseil scolaire se donne notamment pour objectif d'augmenter l'utilisation du français parlé dans les activités scolaires et parascolaires.

D’après le reportage de Stéphanie Blanchet

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