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Québec solidaire en guerre contre les « réno-évictions »

Le reportage de Michel Marsolais

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada

Québec solidaire et des comités logement demandent, pour les secteurs sensibles, un moratoire sur les « réno-évictions », des évictions déguisées, faites sous le prétexte de rénovations.

Contrairement aux rénovations majeures, qui visent à réhabiliter des logements insalubres, certains propriétaires utilisent le prétexte de rénovations, souvent symboliques, pour évincer leurs locataires, sans les réintégrer ensuite. Cette méthode leur permet ensuite d’augmenter les loyers de façon substantielle.

Certains propriétaires profitent des angles morts de la loi pour évincer des locataires qui n’ont strictement rien à se reprocher, a dénoncé Ruba Ghazal, député solidaire de Mercier.

Selon elle, il est désormais plus facile, pour des locataires, de se faire évincer d’un bloc appartements que de retrouver un logement abordable, compte tenu de la rareté locative.

Pour les locataires évincés, il est alors souvent difficile de se reloger sans devoir assumer une hausse substantielle de loyer ou opter pour un quartier plus excentré.

Locataires lésés

Lors de la conférence de presse, quatre locataires sont venus raconter les pressions qu'ils ont subies de la part de leurs propriétaires respectifs.

C’est absolument invivable, je prends des antidépresseurs et je ne dors plus, je suis enragé

Michel, 70 ans

Ce dernier raconte que son propriétaire a notamment défoncé le plafond de sa salle de bain pour le pousser à partir, en plus de donner des coups de pied à son chat.

De par la loi, un propriétaire peut évincer un locataire qui respecte les conditions de son bail, mais à condition que ce soit pour y loger sa famille ou pour des travaux changeant les dispositions du logement.

Depuis le mois d’avril, le comité logement du Plateau-Mont-Royal a pourtant reçu 154 appels de citoyens en lien avec une éviction, soit trois fois plus que l’an dernier à la même période.

Dans la dernière année, la Ville a décidé de limiter les locations à court terme comme celles proposées sur le site Airbnb. Elle a aussi mis en place un plan de rénovation des immeubles vieillissants et a promis la création de 12 000 logements sociaux et abordables d'ici 2021.

Mais selon le député solidaire Andrés Fontecilla, la construction de nouveaux logements sociaux tarde.

Il y a des retards en raison du manque de financement malgré la bonne volonté de la Ville ; la CAQ a mis un peu d'argent dans les logements sociaux, mais c'est loin d'être suffisant.

Andrés Fontecilla

Moratoire (re)demandé

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) demande à la ministre de l’Habitation, Andrée Laforest, de prendre des mesures afin de mieux défendre les locataires.

Il s’agit notamment de la mise sur pied d’un comité d’urgence interministériel pour aider les victimes de cette pratique à se retrouver un toit et d’un moratoire sur les évictions pour des motifs d’agrandissement, de subdivision ou de changement d’affectation dans les secteurs où le taux de logements disponibles est de moins de 3 %.

En juin dernier, huit régions du Québec comptaient un taux d’inoccupation inférieur à ce taux, selon les données de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

On voit de plus en plus de petits propriétaires de logements qui considèrent que le peu de droits dont ils disposent face à leurs locataires accentue des problèmes dont ils n'ont plus envie de s'occuper.

Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la CORPIQ

Ce dernier soulignait en juin dernier que pour améliorer leur qualité de vie et lorsqu'ils peuvent se le permettre, certains finissent par garder vacant leur haut de duplex, par exemple.

La CORPIQ soulignait aussi, en début d’année, que les critères de fixation de loyer ne permettent de récupérer le coût d'une rénovation qu'en 37 ans.

Avec les informations de Michel Marsolais

Avec les informations de La Presse canadienne

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