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Les pêches à fascines reprennent vie à travers une œuvre d’art

La Fascinée avec la vue sur le centre-ville de Rimouski en arrière-plan.

Une oeuvre de Marquise Leblanc, Alain Ross, Yvon Lavoie et Gilles Caron

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une nouvelle œuvre d’art public a fait son apparition à l’entrée du Sentier du littoral à Rimouski cet automne. Le collectif de quatre artistes derrière La Fascinée a souhaité rappeler les traditionnelles pêches à fascines, dont les structures typiques bordaient jadis le littoral du Bas-Saint-Laurent.

Près de l’embouchure de la rivière Rimouski vient de s’ajouter une autre structure imposante, après l’œuvre La Macrée, installée en 2015 et créée par le même collectif rassemblant Marquise Leblanc, Alain Ross, Yvon Lavoie et Gilles Caron.

La Fascinée rappelle qu’à quelques mètres plus bas, sur la batture, s’étalaient des fascines, ces séries de piquets et de branchages amalgamés pour capturer le poisson à marée basse. Des structures qui pouvaient s’étendre sur 500 mètres, indique le collectif d’artistes, mais qui sont maintenant complètement disparues du paysage.

Vue sur l'île Saint-Barnabé

La Fascinée est installée à l'entrée est des sentiers du littoral.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Les premiers Rimouskois qui sont venus s’installer ici, c’est d’abord et avant tout parce qu’ils pouvaient tendre des pêches à fascines sur les battures, ce qui fait que ça leur amenait un revenu, d’une part, et en même temps, ça leur fournissait de la nourriture, explique de prime abord le passionné d’histoire Alain Ross.

Cette pêche, qui a perduré dans le temps jusqu’en 1980, s’est éteinte au même rythme que la décroissance de la ressource, précise M. Ross.

Au début de la colonie, même jusque dans les années 1860 par exemple, ici il se prenait une profusion de saumons, d’aloses, de harengs, de toutes sortes d’espèces de poissons, donc c’était très important dans l’économie du développement de Rimouski, décrit-il.

Alain Ross raconte qu’il est possible de retrouver des traces de cette pratique même en reculant jusqu’en 1790, alors que le curé de Rimouski de l’époque, Pierre Robitaille, aurait lui-même tendu des fascines, tout juste face à la cathédrale.

Les artistes posent devant leur oeuvre.

Les quatre artistes du collectif : Yvon Lavoie, Marquise Leblanc, Gilles Caron et Alain Ross

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Les pêcheurs devaient installer des milliers de piquets, puis les désinstaller à la fin de la saison, année après année, illustre Yvon Lavoie.

Les pêches à fascines, qui sont maintenant rarement pratiquées, ont été ainsi longtemps omniprésentes dans le paysage de l’Est-du-Québec.

Entre 1866 et 1868, lorsque le ministère des Pêcheries de l’époque a décidé de rendre obligatoire le permis pour tendre des pêches, 95 permis avaient été délivrés entre Saint-Fabien-sur-Mer et Les Boules, relate M. Ross.

Cette pratique fondatrice a ainsi été le point de départ des artistes qui ont voulu donner à l’œuvre une facture contemporaine, tout en demeurant évocatrice des pêches à fascines.

La ville de Rimouski vue à travers un trou de l'oeuvre.

La ville de Rimouski vue à travers La Fascinée

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Les pêches à fascines autrefois avaient déjà une graphie. Sans le savoir, [les pêcheurs] faisaient des installations, alors c’est pour ça qu’on voulait que ce soit le plus épuré possible, indique Gilles Caron.

Les anciens complices de la Verrière aux images ont d’abord travaillé sur une maquette pour ensuite en faire une œuvre, à partir de minces lamelles laminées : un travail réalisé par des artisans de Saint-Jean-Port-Joli.

Marquise Leblanc s’est dit fascinée de voir la maquette prendre forme dans la réalité, grandeur nature, a-t-elle affirmé, avec une fierté qu'on sentait partagée par ses acolytes.

Oeuvre d'art sur le bord du fleuve.

La Macrée a été installée à l'entrée des sentiers du littoral en 2015.

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Le projet de La Fascinée, qui disposait d’un budget d’environ 40 000 $, a été soutenu par le Fonds communautaire du 150e anniversaire du Canada, par la Ville de Rimouski et ainsi que par des donateurs privés.

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