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La plus vieille forêt de pins rouges du pays dans la mire d’une minière

Deux personnes lèvent la tête vers les cimes au beau milieu d'une forêt.

Des randonneurs observent les pins rouges de la forêt du lac Wolf, une forêt unique en son genre en Amérique du Nord.

Photo : Courtoisie / Ryan Mariotti

Jean-Loup Doudard

La forêt du lac Wolf, dans le Nord de l’Ontario, est la plus ancienne et la plus grande forêt de pins rouges en Amérique du Nord. Une compagnie minière veut y extraire de l’or et du cuivre.

Selon le biologiste Franco Mariotti, sa superficie s’étend sur environ 1600 hectares.

D’un point de vue biologique, on ne sait pas grand-chose de sa biodiversité. Très peu de recherche a eu lieu dans cette forêt, ou dans n’importe quelle forêt de pins rouges.

Franco Mariotti, biologiste

Franco Mariotti fait partie d’un groupe environnementaliste qui milite depuis plusieurs années auprès du gouvernement provincial pour convertir la forêt entourant le lac Wolf en parc provincial.

Quatre personnes se tiennent debout devant une pancarte sur laquelle est écrit « Save Wolf Lake ».

Franco Mariotti (à gauche) s'oppose à tout développement minier et milite depuis des années pour que le gouvernement provincial transforme toute la zone en parc provincial.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Ses membres se mobilisent depuis quelques jours en réponse au projet de la minière Flag Resources de faire de nouveaux forages.

La minière détient les baux miniers sur une partie des terres et a même déjà foré dans le passé pour tenter de trouver un filon. Mais la compagnie a perdu les résultats et cherche maintenant à se procurer de nouvelles données.

Nous avons un nouveau modèle géologique [...] et nous pensons [...] que l’or et le cuivre et les autres minéraux qui sont là [...] sont liés à la structure d’impact de Sudbury, dit Wayne Whymark, un porte-parole de la compagnie.

Bien avant l’arrivée des premiers hommes en Amérique du Nord, un énorme météorite s’est écrasé à l'endroit où se trouve maintenant la ville de Sudbury. L’impact a fait fondre la roche et a formé d’importants gisements de nickel et de cuivre.

Des arbres se dressent fièrement au sein d'une forêt.

La forêt du lac Wolf est composée presque entièrement de pins rouges. C'est l'unique vestige du paysage sudburois tel qu'il était avant la révolution industrielle, explique le biologiste Franco Mariotti.

Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Flag Resources croit avoir mis la main sur un nouveau gisement issu de ce météorite.

Vous avez entendu parler du Cercle de feu. [Si notre hypothèse est vérifiée], ça pourrait valoir bien plus que le Cercle de feu, une valeur multipliée plusieurs fois.

Wayne Whymark, porte-parole de la minière Flag Resources

La minière devra cependant faire de nouveaux forages pour confirmer cette hypothèse. Wayne Whymark maintient que les forages seront effectués aux mêmes endroits et qu’aucun nouveau sentier ne sera créé dans la forêt.

Qu’importe, le groupe environnemental de Franco Mariotti s’oppose à tout ce qui pourrait mener à une exploitation minière.

Si des minéraux sont découverts et qu’une mine est construite, cela endommagera l’écosystème alors que les mines n’engendrent que des gains à court terme, dit-il.

Carte de la région du Grand Sudbury avec un signet pour marquer l'emplacement du lac Wolf.

Le lac Wolf se situe au nord-est de la municipalité du Grand Sudbury.

Photo : Google Maps

Dans le passé, l’ancien commissaire à l’environnement de l’Ontario, Gord Miller, avait recommandé de modifier la Loi sur les mines, pour protéger la forêt du lac Wolf.

Selon lui, le ministère du Développement du Nord et des Mines devrait avoir le pouvoir de révoquer les baux miniers, ou de ne pas les renouveler, pour protéger les ressources naturelles.

Ces recommandations n'ont toutefois jamais été mises en oeuvre.

La période de consultations publiques pour le développement minier autour du lac Wolf s’est achevée samedi.

Nord de l'Ontario

Protection des écosystèmes