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Jean Chrétien en renfort à Catherine McKenna dans Ottawa-Centre

Jean Chrétien prend la parole derrière un lutrin avec un microphone lors d'un rassemblement de militant du Parti libéral du Canada.

L'ancien premier ministre Jean Chrétien était de passage à un événement partisan organisé par la députée libérale sortante d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna.

Photo : Radio-Canada / Roxane Leouzon

Dominique Degré

L’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien est venu appuyer la députée sortante d'Ottawa-Centre Catherine McKenna samedi. À deux jours du scrutin, la lutte s'annonce chaude pour la candidate libérale dans une circonscription au passé néo-démocrate.

[M. Chrétien] est venu aujourd’hui parce qu’il reconnaît ce que l’on pourrait perdre avec un gouvernement conservateur, a relaté la ministre sortante de l’Environnement en mêlée de presse.

Mme McKenna est cependant restée avare de détails quant à ses chances d’être réélue le 21 octobre lorsque les journalistes lui ont demandé si elle sentait la soupe chaude et si la présence de M. Chrétien avait quelque chose à voir avec la course dans Ottawa-Centre.

Je veux motiver mes troupes […] Mais on ne tient rien pour acquis dans Ottawa-Centre, a expliqué celle qui sollicite un deuxième mandat dans une circonscription détenue par le Nouveau Parti démocratique (NPD) pendant 12 ans avant l'élection de 2015.

Le politologue André Lamoureux, qui est également chargé de cours à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), voit cependant en la présence de Jean Chrétien une détresse au sein des rangs libéraux.

Je pense qu’il y a une situation de panique chez les libéraux.

André Lamoureux, politologue et chargé de cours à l'UQAM

Ça indique que c’est une stratégie clairement planifiée. On planifie quelque chose dans le dernier droit de cette campagne, question de limiter les pots cassés ou de rebondir d’une façon ou d’une autre, a-t-il ajouté.

Un homme parle au micro

André Lamoureux, politologue et chargé de cours à l'UQAM (archives)

Photo : Radio-Canada / Radio-Canada.ca

Normalement, on ne voit pas ça. Lorsqu'un parti a une confortable avance, il n’a pas besoin d’utiliser ses cartes de dernières mains pour se replacer en fin de campagne, a expliqué M. Lamoureux

M. Chrétien était récemment au Nouveau-Brunswick pour épauler Dominic Leblanc, qui siégeait aussi au conseil des ministres. La présence de l'homme politique aux côtés de grosses pointures libérales souligne la gravité de la situation, selon M. Lamoureux.

La lutte se resserre dans la capitale, selon des candidates

Le Parti libéral a installé récemment dans Ottawa-Centre des pancartes bien différentes de celles qui sont apparues en début de campagne.

Ces affiches sont monochromes — bien loin du rouge éclatant typiquement employé par les libéraux — et on peut y voir de simples phrases résumant des promesses phares de leur plateforme en ce qui concerne les armes à feu, par exemple. Le logo de la formation politique se retrouve discrètement au bas de la pancarte.

Six nouvelles pancartes avec entre autres le message « votez pour le climat ».

L'équipe électorale de Catherine McKenna a installé six nouvelles pancartes à l'approche de la fin de la campagne, dont aucune avec le rouge libéral.

Photo : Radio-Canada / Hillary Johnston

Interrogée quant à savoir si elle tentait de se dissocier de l’image de marque traditionnelle du parti et de son chef, Mme McKenna a réaffirmé sa confiance envers sa formation politique.

Je porte toujours du rouge, a-t-elle noté à la blague. Je suis fière de faire partie de l’équipe libérale et du bilan de Justin Trudeau des quatre dernières années. Je veux que les gens réalisent ce qui est en jeu à cette élection.

Les messages attaquent pour la plupart des propos du Parti conservateur. Si les sondages tendent à démontrer que les forces d'Andew Scheer sont une menace pour les libéraux sur la scène fédérale, la candidate du NPD dans Ottawa-Centre, Emilie Taman, croit cependant que c'est sa formation qui talonne la députée sortante.

Emilie Taman en entrevue dans une rue d'ottawa.

La candidate du Nouveau Parti démocratique dans Ottawa-Centre, Emilie Taman.

Photo : Radio-Canada

Surtout avec les pancartes, c'est un effort de faire comme si c'était entre les libéraux et les conservateurs, mais ce n'est pas la vérité, c'est entre le NPD et les libéraux, ici, a-t-elle estimé, soulignant qu'elle a l'impression d'avoir le vent dans les voiles.

La candidate conservatrice, Carol Clemenhagen, croit toujours en ses chances. Notre approche était d'aller rencontrer le plus grand nombre d'électeurs possible et nous sommes encouragés par la réceptivité et l'ouverture d'esprit qu'on a rencontrées, a-t-elle raconté.

Carol Clemenhagen en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Carol Clemenhagen se présente pour le Parti conservateur du Canada dans Ottawa-Centre.

Photo : Radio-Canada

En 2015, Mme McKenna a remporté 42,6 % du vote dans Ottawa-Centre avec 3123 voix de plus que son plus proche rival, le député néo-démocrate sortant Paul Dewar.

Notre dossier Élections Canada 2019

Pas besoin d'une coalition, plaide Chrétien

En dépit des pronostics, Jean Chrétien s’est montré optimiste quant au résultat du scrutin de lundi. Je peux vous dire qu’on aura un gouvernement libéral lundi, a lancé l’ancien premier ministre lorsqu’il est monté sur la scène dans la salle remplie de militants libéraux gonflés à bloc.

Celui qui a été à la tête de trois gouvernements majoritaires croit qu'il vaut mieux ne pas trop spéculer sur la possibilité que le prochain gouvernement soit minoritaire et les possibilités de gouverner dans un tel scénario.

D’après l’ancien premier ministre, il n’est pas non plus obligatoire de former une coalition pour diriger le pays en cas de gouvernement minoritaire.

On n’en a jamais eu avant. Ce n’est pas nécessaire, a-t-il expliqué catégoriquement. Dans un gouvernement minoritaire, ce n’est pas une question de coalition. Il y a un gouvernement, et les députés décident s’ils ont toujours confiance envers le gouvernement.

Avec les informations de Roxane Leouzon

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale