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Le FMI appelle à mieux soutenir la croissance

Kristalina Georgieva derrière un lutrin, lors de la rencontre du FMI le 18 octobre 2019 à Washington.

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva

Photo : afp via getty images / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Agence France-Presse

Les réunions d'automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale se sont achevées samedi sur un appel commun à faire plus et mieux pour soutenir la croissance mondiale, qui vacille en raison de la persistance des conflits commerciaux et de l'incertitude entourant le Brexit.

De nouvelles problématiques ont aussi émergé cette semaine, les ministres des Finances du G20 demandant directement au FMI de se saisir du dossier Libra, la monnaie numérique très controversée du réseau social Facebook.

Les membres du Fonds ont discuté des moyens d'accroître la « pression des pairs » sur les pays pour qu'ils respectent et améliorent les règles du commerce mondial afin de réduire les incertitudes pesant sur la croissance, a déclaré samedi la nouvelle directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, lors d'une conférence de presse.

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont été un sujet de discussion majeur lors des réunions des dirigeants financiers cette semaine, a-t-elle souligné. Pour autant, nous devons rechercher les raisons pour lesquelles nous ne faisons pas plus de progrès en matière de commerce, car ce n'est pas seulement le résultat du conflit sino-américain, a-t-elle estimé.

Nous savons tous très bien que l'économie actuelle est beaucoup plus une économie de services, de commerce électronique, mais ce sont des domaines que les accords commerciaux ont du mal à couvrir.

Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international

De son côté, le comité de pilotage des 189 membres du FMI a appelé à user de tous les outils politiques appropriés, individuellement et collectivement, pour atténuer les risques, améliorer la résilience et relancer la croissance au profit de tous.

La croissance ralentit, les investissements sont faibles, l'activité manufacturière est peu dynamique et les échanges commerciaux s'affaiblissent. Le changement climatique et la fragilité rendent les pays pauvres plus vulnérables, a rappelé David Malpass, président de la Banque mondiale. Mais la bonne nouvelle est qu'une croissance généralisée est toujours possible, a-t-il poursuivi, en appelant à prendre les bonnes politiques et les réformes nécessaires.

Une coopération multilatérale est nécessaire pour réduire les frictions commerciales, a souligné de son côté le patron de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, alors que vendredi de nouveaux droits de douane américains sont entrés en vigueur sur de nombreux produits européens, dont les avions d'Airbus, le vin français, le fromage italien ou l'huile d'olive espagnole.

Avec 3 % de croissance mondiale cette année, il n'y a pas de place pour les erreurs politiques, avait mis en garde dès mardi l'économiste en chef du FMI Gita Gopinath, en dévoilant les dernières prévisions du Fonds.

Et alors que la reprise avait été portée par le commerce international après la crise de 2008, le volume des biens et services échangés ne va augmenter que de 1,1 % cette année. C'est la plus faible progression depuis 2012 et une chute par rapport aux 3,6 % de 2018.

Malgré les critiques, le secrétaire américain au Commerce Steven Mnuchin a, lui, défendu la politique américaine.

Nous préparons les fondations d'une future croissance à travers des accords commerciaux plus équitables.

Steven Mnuchin, secrétaire américain au Commerce

Libra inquiète

Outre le commerce, de nombreux États membres du FMI se sont inquiétés des répercussions potentielles de la cryptomonnaie de Facebook, attendue pour 2020.

Le G7, le Groupe des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie et Japon) a convenu jeudi que la condition sine qua non pour lancer les cryptomonnaies stables, comme la Libra, était l'instauration d'un cadre juridique.

De leur côté, les ministres des Finances du G20 ont préconisé vendredi d'« évaluer » les risques que posent les monnaies numériques stables, c'est-à-dire adossées à un panier de devises telles que l'euro ou le dollar, et d'y « remédier » avant que celles-ci ne soient lancées.

La présidence japonaise du G20 a de plus demandé au FMI d'examiner les implications macroéconomiques pour les pays membres.

Kristalina Georgieva a souligné samedi que le FMI adoptait une approche très équilibrée sur cette question, examinant tant les bénéfices (permettre au plus grand nombre d'accéder à des services de paiement) que les risques, comme la menace de la souveraineté des États.

Il pourrait y avoir des abus à des fins illégales et, dans le pire des cas, pour le financement du terrorisme, a-t-elle reconnu, mais elle a souligné le caractère inéluctable des monnaies numériques. Nous allons continuer à travailler, a-t-elle ajouté, en toute conscience.

La France, l'Italie et l'Allemagne ont fait savoir vendredi que la future monnaie de Facebook n'était pas la bienvenue en Europe et qu'ils allaient prendre des mesures pour y mettre leur veto.

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