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Sortir le conte de son cadre traditionnel

Des personnes debout qui écoutent un conteur

Le conteur français Jean-Marc Derouen a pris part à la randonnée contée organisée dans le cadre du 3e festival Les vieux m'ont conté.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Bienvenu Senga

Une vingtaine de personnes ont pris part samedi à la « randonnée contée » organisée dans le cadre du troisième festival Les vieux m’ont conté de Sudbury. Conteurs et participants s’entendent pour dire qu’une telle initiative permet d’assimiler les contes autrement et de diffuser davantage l’art oral.

Si la Sudburoise Elise Leblanc a choisi de prendre part à la randonnée de plus de deux kilomètres, c’est que les contes [l’]intéressent depuis longtemps.

J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui sont capables de raconter des histoires et de capter l’attention des gens, je trouve ça vraiment intéressant surtout à cette époque où il y a tellement de technologie autour de nous. C’est assez spécial, déclare-t-elle.

L’activité qu’a prévue cette année le Centre franco-ontarien de folklore (CFOF) — l’organisateur du festival — mettait en scène quatre conteurs dont les histoires portaient, pour certaines, sur l’histoire urbaine et des lieux symboliques de la ville du nickel.

Ça nous emporte dans l’imaginaire et c’est intéressant de voir comment [les conteurs] prennent un lieu que les gens connaissent et fabriquent toute une histoire entourant cela et ça peut nous donner des idées nous-mêmes lorsqu’on se promène.

Elise Leblanc, participante à la randonnée contée

L’un des conteurs qui ont participé à l’événement est Marc Despatie. Le Sudburois, habitué des visites guidées de lieux historiques de Sudbury, livrait un conte devant un public pour la toute première fois. En trame de fond de son histoire se trouvait le pont des amoureux qui se trouvait sur le trajet des randonneurs.

Des cadenas sur une grille surplombant un chemin de fer

Le pont des amoureux de Sudbury, sur lequel se trouvent de nombreux cadenas, entrelacés, surplombe un chemin de fer.

Photo : Sean Rosairo

Ça m’a donné la chance d’être présent et de mettre en situation l’histoire et d’avoir des maisons que je pouvais montrer du doigt. Ça apportait une nouvelle dimension et peut-être qu’on peut apprendre des petites choses aussi, des leçons de vie sur l’histoire de notre belle ville, note-t-il.

Un homme qui porte un chapeau

Marc Despatie est l'un des quatre conteurs qui ont pris part à la randonnée contée.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Le conteur et animateur en chanson et danse traditionnelles, Jean-Luc Boutin, originaire de la région de Drummondville, au Québec, était invité au festival.

Il note que la formule de la randonnée contée est de plus en plus populaire notamment au Québec, à quelques variations près.

C’est une belle formule pour augmenter la visibilité et montrer aussi la versatilité du conte parce que le conte peut se produire partout. On n’a pas de gros équipements à traîner, il s’agit d’avoir des oreilles qui écoutent et on se lance, fait-il savoir.

C’est important de sortir d’un cadre strict pour faire voir le conte le plus possible, et ça, c’est une belle activité pour cela. On dit souvent, pour le conte, que le problème est que les oreilles ne peuvent pas en prendre plus que les fesses. Le fait de marcher comme ça, ça donne une petite détente et un côté intéressant à l’histoire.

Jean-Luc Boutin, conteur québécois
Des gens qui suivent un conteur

Le conteur Jean-Luc Boutin estime que la formule de la randonnée contée est un excellent moyen de promotion du conte.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Le directeur général du CFOF, Patrick Breton, a justement voulu reproduire une formule qu’il a découverte à Trois-Pistoles, au Québec, il y a trois ans. La randonnée contée répondait bien, explique-t-il, à l’objectif du festival de s’assurer de poursuivre des traditions.

Je me disais, le matin, c’est bien, ça réveille un petit peu et le paysage est tellement beau. Nos visiteurs apprécient et c’est ce qu’on cherchait. C’est pour montrer que les contes, ce n’est pas lié à un endroit ni à une personne, tout le monde peut le faire et on peut le faire en tout temps, affirme M. Breton.

Le CFOF envisage déjà de reproduire l’événement l’année prochaine et peut-être même en dehors du festival.

Le troisième festival Les vieux m’ont conté se conclut dimanche.

Nord de l'Ontario

Conte