•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Canada pourrait en faire plus pour la recherche sur le cannabis selon des experts

Gros plan sur un plant de cannabis tenu par une personne dans un laboratoire.

Des réglementations strictes et du financement insuffisant font que le Canada n'a pas encore atteint son plein potentiel dans le domaine de la recherche sur le cannabis, affirment certains experts.

Photo : Radio-Canada / Chris Seto

Radio-Canada

Selon certains experts, des réglementations lourdes et un financement insuffisant entravent la recherche sur le cannabis au Canada.

L'utilisation et la vente de cannabis récréatif sont légales au Canada depuis le 17 octobre 2018.

Par conséquent, le nombre de scientifiques cherchant à étudier la plante a explosé indique Lynda Balneaves, professeure agrégée au Collège des sciences infirmières de l'Université du Manitoba et directrice adjointe du Consortium canadien pour l'enquête sur les cannabinoïdes.

Elle estime toutefois que les règles strictes et les retards pris par Santé Canada, notament dans l'attribution de permis de recherche, ont entravé la mise en place de nouveaux projets. Le financement des gouvernements et de l'industrie n'a pas suivi, laissant une grande partie du potentiel du Canada inexploité juge-t-elle.

Je pense que [les réglementations] nous empêchent vraiment de mener rapidement des recherches et de transmettre les résultats aux cliniciens, au grand public, aux décideurs, affirme Lynda Balneaves.

Le ministre responsable de la réduction du crime organisé à Ottawa, Bill Blair, a déjà reconnu l'importance des recherches sur le cannabis. Selon lui, le monde s'est tourné vers le Canada pour les mener à bien.

Il y a beaucoup de potentiel au Canada, mais je pense que nous devons être beaucoup plus proactifs dans le financement de ce domaine si nous espérons être le leader mondial. Sinon, nous serons dépassés par d'autres pays qui s'engagent rapidement dans cette voie, prévient Lynda Balneaves.

Une question de responsabilité

Le plan mis en place par le gouvernement fédéral pour encadrer la légalisation du cannabis a souligné des « lacunes importantes » dans la compréhension de la plante, autant son usage que ses effets, et qu'il était « urgent de faire plus de recherche ».

Selon Jenna Valleriani, chercheuse sur le cannabis et présidente-directrice générale de l'Institut national pour la santé et l'éducation sur le cannabis, faciliter la recherche est une question de responsabilité.

C'est formidable d'avoir légalisé le cannabis, mais je pense que ce qui est plus important, c'est que nous voyons des preuves et des données pour aider à mettre en place ces réglementations, dit-elle.

Bien que la possession de cannabis soit maintenant légale au pays, les chercheurs doivent demander un permis pour étudier les utilisations récréatives ou médicinales de la plante.

Un porte-parole de Santé Canada a déclaré que l'agence avait pris connaissance des préoccupations des experts et avait introduit une série de modifications en juillet.

Santé Canada a notamment ajouté de ressources supplémentaires pour l'équipe chargée d'examiner les demandes de recherche, de peaufiner le processus d'examen des projets à faible risque comme ceux impliquant une petite quantité de cannabis et des directives de publication pour aider les chercheurs à présenter des demandes de recherches.

Au 4 octobre, Santé Canada avait délivré 171 licences de recherche, alors qu'à la mi-juillet il n'y en avait que 71 et que 181 étaient en attente, a précisé un porte-parole du ministère.

Manitoba

Cannabis