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Le dirigeant régional catalan réclame des pourparlers avec Madrid

Quim Torra se tient derrière un lutrin et prend la parole au Parlement à Barcelone, le 17 octobre 2019.

Le chef régional indépendantiste de Catalogne, Quim Torra, réclame des pourparlers avec Madrid, ce que le premier ministre espagnol par intérim, Pedro Sanchez, refuse.

Photo : afp via getty images / JOSEP LAGO

Radio-Canada

Le chef régional indépendantiste de Catalogne, Quim Torra, a réclamé samedi des pourparlers avec le gouvernement central espagnol après cinq jours de troubles déclenchés par l'emprisonnement des dirigeants séparatistes catalans.

Nous exhortons le chef du gouvernement [le socialiste Pedro Sanchez] à fixer aujourd'hui même un jour et une heure pour nous asseoir à une table de négociations sans conditions [...] C'est sa responsabilité et son obligation, a déclaré M. Torra aux journalistes, ajoutant que les violences de cette semaine ne reflétaient pas la nature pacifique du mouvement indépendantiste catalan.

La violence n'a jamais été et ne sera jamais notre voie, ni à Barcelone, ni à Tarragone, ni à Lleida, ni à Gérone.

Quim Torra, chef régional indépendantiste de Catalogne

En exigeant des négociations « sans conditions », Quim Torra veut que la question d'un référendum d'autodétermination puisse être abordée.

Cela fait longtemps que nous demandons ce processus de négociations pour une résolution politique d'un conflit politique. Aujourd'hui, c'est plus urgent que jamais, a-t-il ajouté.

Le président du gouvernement (un rôle similaire à celui de premier ministre) par intérim, Pedro Sanchez, a quant à lui rejeté l'appel au dialogue de la part de Quim Torra, lui signifiant qu'il doit d'abord condamner les troubles séparatistes qui secouent Barcelone.

M. Torra doit condamner fermement la violence, ce qu'il n'a pas fait jusqu'à présent.

Pedro Sanchez, président du gouvernement par intérim

M. Sanchez a aussi exhorté M. Torra à reconnaître les nombreux Catalans qui ne veulent pas l'indépendance de la riche région du Nord-Est, et qui lui demandent de reconstruire la coexistence abîmée par le mouvement indépendantiste.

Il a également réitéré la position du parti socialiste selon laquelle la Catalogne ne peut pas obtenir l'indépendance « parce qu'elle n'est pas légale ».

Mais les partis de droite ont, eux, appelé le gouvernement Sanchez à la fermeté et réclamé des mesures draconiennes. Pour sa part, le conservateur Pablo Casado a déclaré que son Parti populaire « serait la digue de contention face au défi séparatiste ».

Le parti de centre droit Ciudadanos est allé encore plus loin en demandant la destitution du président catalan, le qualifiant de « danger public ».

Nuits successives de violence

La mairesse de Barcelone a lancé un appel au calme après que de violentes émeutes eurent secoué de nouveau la deuxième plus grande ville d'Espagne.

Cela ne peut pas continuer, Barcelone ne le mérite pas.

Ada Colau, mairesse de Barcelone

Cet appel intervient au lendemain de la cinquième nuit consécutive de violence à Barcelone, où des jeunes masqués ont bloqué des rues avec des poubelles en feu et jeté des pierres sur les forces de sécurité. La police a quant à elle riposté en tirant à plusieurs reprises des grenades fumigènes et des gaz lacrymogènes.

Un homme et un arrière-plan en feu

Des feux brûlent à la suite d'une soirée d'émeutes à Barcelone, alors qu'une grève générale est déclenchée après une semaine de protestations contre les peines de prison prononcées par la Cour suprême espagnole.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Samedi soir, des milliers d’indépendantistes ont manifesté à Barcelone. « Nous sommes des gens de paix », scandaient-ils pour dénoncer la « répression » dont ils sont victimes. Environ 300 personnes ont été interpellées en Catalogne depuis le début des manifestations lundi, rapporte le ministère de l’Intérieur.

Ces cinq jours de violence ont fait près de 600 blessés en Catalogne.

Les affrontements ont été déclenchés par des jugements de la Cour suprême d'Espagne, qui a infligé de longues peines de prison à neuf dirigeants catalans ayant organisé un référendum sur l'indépendance en 2017, en dépit d'une interdiction.

M. Torra a déclaré plus tôt cette semaine que la Catalogne devrait tenir un nouveau vote sur l'indépendance de l'Espagne d'ici deux ans. Samedi, il a dit que la volonté du peuple serait respectée. Nous irons aussi loin que le peuple catalan le voudra, a-t-il affirmé.

L'indépendance est une question qui divise fortement la Catalogne, la région la plus riche d'Espagne. En juillet, un sondage révélait que le soutien à la sécession était à son plus bas niveau en deux ans, avec 48,3 % de personnes contre et 44 % pour.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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