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Action collective : les citoyens partagés sur l'entente à l'amiable avec Canadian Malartic

Une fosse à ciel ouvert vue d'un observatoire.

La mine Canadian Malartic

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Alexia Martel-Desjardins

Les citoyens présents à la rencontre sur l’entente à l’amiable étaient partagés entre la colère et le désir de trouver un compromis.

La salle du théâtre Meglab était pleine à craquer vendredi soir. Des dizaines de citoyens étaient présents pour la rencontre d'information.

Plusieurs ont exprimé leur mécontentement face à l’entente que la compagnie et les avocats ont conclue.

Compensations insatisfaisantes

De nombreuses personnes ont exprimé leur insatisfaction des compensations financières offertes dans le cadre de l’entente.

Tu me donnes 5000 de réno [rénovations]. Quand ça fait au-dessus 300 000 $, que je me tue, ton 5000, c’est comme un petit rouleau, un petit petit rouleau de papier de toilette pour des rénovations, pour moi, a lancé une propriétaire d’un immeuble à logements.

Une autre citoyenne propriétaire d’un immeuble à Malartic Sud a conclu en disant : Bon, et bien, je me suis fait avoir.

Désaccord sur les améliorations

D’autres personnes affirment ne pas avoir remarqué une diminution des inconvénients, contrairement à ce que rapportent les membres de l’Action collective et les bilans environnementaux de la compagnie.

Martial Côté, qui vit au sud de la mine, raconte que les opérations de la mine émettent toujours énormément de bruit.

C’est l’enfer, chez nous. Ça n’a même pas de bon sens. Moi, je suis en compagne pour avoir la paix. D’après moi, j’aurais le train dans ma cours et ce serait moins pire.

Martial Côté, citoyen qui réside au sud de la mine

Venez pas me parler que ça s’est amélioré. Au niveau de la poussière, vous viendrez faire un test chez nous avec un kleenex sur le bord du châssis en avant. Si tu sautes une journée, t’es capable d’écrire ton nom, ajoute un autre citoyen.

Résignation

D’autres voix se sont par contre levées en faveur de l’entente.

Priscille Trudel, membre du Comité citoyen de la voie ferrée de Malartic, a confié qu’après avoir lu l’entente à l’amiable, elle a dû réfléchir pendant quelques jours avant que sa frustration ne tombe.

C’est sûr que ce n’est pas la meilleure entente. Mais c’est ça, ou ce serait rien.

Priscille Trudel

On ne peut pas se battre contre des milliers d’argents, de jobs, contre le gouvernement, on n’est rien à côté, on ne peut rien faire. On perd tout ou on fait ce qu’on a à faire, puis, entre parenthèses, je n’aime pas le mot “perdre”, mais perdre en gagnant, en ne perdant pas la face devant X temps.

Marc Nantel du Regroupement vigilance mine de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), dit partager l’opinion de Priscille.

Marc Nantel, du Regroupement Vigilance Mines d'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT)

Marc Nantel, du Regroupement Vigilance Mines d'Abitibi-Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

On a un système de justice, qui n’est pas un système de justice, mais un système de droit, puis on a donné plus de droits à des gens qui font l’économie de la région, s’est-il désolé. Le guide il n’est pas parfait, je vous écoute parler et je trouve ça triste [...] Prenez le temps de le décanter, et dans quelques jours, dites-vous que vous n’avez pas perdu, vous avez vraiment tenu dur.

Marc Nantel a également salué les efforts des citoyens de Malartic.

C’est sûr que ça va vous prendre quelques jours, mais honnêtement, regardez-vous, et puis, vous n’êtes pas des perdants, vous êtes des gagnants. Et ça, en Abitibi-Témiscamingue, des gens qui se battent contre des minières, il n’y en a jamais eu à part vous autres, ajoute-t-il.

Les avocats du cabinet Trudel Johnston & Lespérance, qui représente le demandeur, n’ont pas voulu accorder d’entrevue avant que la cour ne se prononce sur l'entente le 11 décembre.

Abitibi–Témiscamingue

Industrie minière