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Syrie : la Turquie dément empêcher le retrait des forces kurdes

Le feu et la fumée s'élevant de la ville syrienne de Ras al-Aïn.

Le feu et la fumée s'élèvent de la ville syrienne de Ras al-Aïn, visible du côté turc de la frontière dans le district de Ceylanpinar à Sanliurfa, le 18 octobre.

Photo : Getty Images / OZAN KOSE

Agence France-Presse

La Turquie a démenti samedi avoir bloqué le retrait des forces kurdes dans le nord-est de la Syrie, comme l'en a accusée leur commandant.

[Les forces kurdes] propagent de fausses informations pour saboter l'accord turco-américain.

Haut responsable turc qui a requis l'anonymat

Le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), a accusé vendredi la Turquie de saboter un accord de trêve dans le nord de la Syrie, en empêchant leur retrait de la ville assiégée de Ras al-Aïn.

Les Turcs empêchent le retrait du secteur de Ras al-Aïn, ils empêchent la sortie de nos forces, des blessés et des civils.

Mazloum Abdi, commandant des FDS

Le responsable turc a affirmé que l'armée turque avait au contraire fourni des informations détaillées aux Américains, y compris des coordonnées GPS, pour faciliter le retrait des YPG.

Un accord arraché jeudi par le vice-président américain, Mike Pence, lors d'une visite à Ankara prévoit la suspension pour 120 heures de l'offensive turque lancée le 9 octobre, ainsi que la fin de cette offensive si les forces kurdes des YPG, considérées comme « terroristes » par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

Outre le retrait des YPG, l'accord prévoit la mise en place d'une « zone de sécurité » de 32 km de largeur en territoire syrien, même si la longueur de cette bande, que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, veut à terme étendre sur près de 450 km, reste à définir.

La Turquie est à 100 % derrière cet accord. Nous avons obtenu tout ce que nous voulions à la table de négociations. Il est absurde de laisser croire que nous sabotons un accord qui nous convient, a ajouté le responsable turc, accusant les YPG de « défier » le président américain, Donald Trump.

Redur Khalil, un commandant des FDS, estime que Washington porte la responsabilité du non-respect de l'accord, en sa qualité de garant et médiateur de la trêve de cinq jours négociée par les États-Unis avec la Turquie.

Les FDS ont également exhorté Washington à faire pression sur le côté turc pour ouvrir le couloir [humanitaire].

Nous répétons que nous ferons usage de notre droit légitime à l'autodéfense en cas d'attaque de la part des milices soutenues par la Turquie, a expliqué le porte-parole des FDS, Kino Gabriel.

Un cessez-le-feu fragile

Le cessez-le-feu semblait déjà fragile vendredi. Des frappes de l'aviation turque et des tirs d'obus des supplétifs syriens de l'armée turque ont provoqué la mort de 14 civils et de huit combattants des forces kurdes dans le village de Bab al-Kheir et ses environs du Nord syrien, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'offensive a permis aux forces turques et à leurs supplétifs syriens de conquérir une bande frontalière de près de 120 km, allant de la ville de Tal Abyad à Ras al-Aïn.

L'objectif est d'éloigner de la frontière la milice kurde des YPG, mais aussi d'y installer une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie.

L'opération turque a déjà causé la mort de plus de 500 personnes et, selon l'OSDH, 300 000 ont dû être déplacées.

Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat américain, Mitch McConnell, qui avait déjà condamné la décision du retrait américain du nord-est de la Syrie, a qualifié celle-ci de « cauchemar stratégique », vendredi.

Cela va laisser le peuple américain et son territoire moins en sécurité, enhardir nos ennemis et affaiblir d'importantes alliances.

Mitch McConnell

Les Européens s'inquiètent également de cette offensive, craignant entre autres un chaos qui profiterait aux combattants du groupe État islamique.

M. Macron a notamment qualifié vendredi « ce qui se passe » dans le nord de la Syrie de « faute lourde de l'Occident et de l'OTAN dans la région ».

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