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Campagne électorale : peu de mentions de la violence faite aux femmes

Une ombre de profil de femme et l'ombre d'un doigt qui pointe.

Des militantes pour les droits des femmes croient que la campagne électorale a fait peu mention de la question de la violence faite aux femmes.

Photo : Radio-Canada

Mugoli Samba

À la veille des élections fédérales, des défenseures des droits des femmes et des personnes de diverses identités de genre au Canada déclarent que la campagne électorale a fait peu mention de l'enjeu de la violence faite aux femmes.

Au Canada, [tous les cinq] jours, il y a une femme qui est tuée soit par un partenaire actuel ou un partenaire qu’elle a eu dans le passé, affirme Lise Martin, directrice générale de l’organisme Hébergement femmes Canada. De plus, tous les deux jours et demi il y a une femme au Canada qui est tuée, peu importe la relation qu’elle entretient avec son meurtrier.

Or, malgré le fait que ces données sont marquantes, la question de la violence faite aux femmes a peu fait parler lors de la campagne électorale, fait-elle remarquer.

Des efforts sans réponse

Hébergement femmes Canada a lancé une campagne demandant au nouveau gouvernement formé de mettre sur pied un plan d’action national contre la violence faite aux femmes. Seuls le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert s’y sont engagés.

Lise Martin fait un discours.

Lise Martin est la directrice générale d'Hébergement femmes Canada.

Photo : (source: Hébergement femmes Canada)

L’organisme est aussi membre de l’alliance Place au débat 2019, qui exhorte les chefs des partis fédéraux à prendre part au premier débat des chefs sur les droits des femmes en 35 ans, débat qui serait télévisé. Seuls les chefs du NPD et du Parti vert s’y sont engagés.

Selon Lise Martin, les différents chefs de parti ont à peine fait mention de la condition féminine et se sont plutôt axés sur des questions à impact sur les individus.

Plus d’argent dans vos poches, des coupures dans les impôts personnels de la classe moyenne… Mais ce genre de politique va avoir en fait très peu d’impact sur des questions de société comme la violence faite aux femmes. Ce n’est pas ça qui va changer l’accès aux services, par exemple , dit-elle.

Défaire les mythes

Une vingtaine d’organismes sont membres de l’alliance Place au débat 2019, dont Oxfam Canada. Selon leur agente des campagnes et de la sensibilisation, Debbie Owusu-Akyeeah, le silence sur cette question contribue à véhiculer des idées fausses sur la condition féminine canadienne.

Debbie Owusu en gros plan.

Debbie Owusu-Akyeeah est l'agente des campagnes et de la sensibilisation d'Oxfam Canada.

Photo : (source : Debbie Owusu-Akyeeah)

Ça perpétue le mythe que le mouvement pour le droit des femmes, le mouvement féministe au Canada a atteint tous ses objectifs, explique-t-elle, ajoutant qu’il faut des discussions vraies et honnêtes au sujet de ces problèmes qui existent toujours au sein de la société canadienne.

Debbie Owusu-Akyeeah est également la présidente d’un refuge pour femmes à Ottawa, où elle remarque le manque d’espace et de ressources pour femmes dans le besoin.

Les femmes cherchent des ressources, de la protection et de la sécurité. Et d'où provient le financement nécessaire? Du gouvernement fédéral et provincial, dit-elle, rappelant le lien direct entre la politique et les situations vécues par ces personnes.

Des occasions manquées

Lors d’entrevues séparées, Debbie Owusu-Akyeeah et Lise Martin ont toutes deux déclaré que les chefs de parti ont manqué plusieurs occasions de faire le lien entre certains enjeux de campagne et la condition des femmes et des personnes à genres divers.

La violence faite aux femmes aurait pu être mise de l’avant lors des discussions entourant le contrôle des armes d'assaut, d’après Lise Martin. Elle aurait aussi pu être introduite lors de discussions concernant l’immigration, affirme Debbie Owusu-Akyeeah. Toutes deux font également mention du manque de discussions entourant la réconciliation avec les peuples autochtones et de discussions concernant le rapport sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Elles croient aussi que les médias et les journalistes ont une part de responsabilité à prendre.

Ça n’a pas assez fait écho pour que ça soit l'objet de discussion dans les médias, ou pour que le Canadien moyen soit engagé dans la discussion, affirme Debbie Owusu-Akyeeah.

Souvent, ce qu’on voit dans les médias, c’est les occasions de répondre aux questions. Ces grandes questions politiques n’ont pas été abordées, conclut Lise Martin.

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