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Patrick Watson prépare déjà Bleu nuit, un album abordant la sensualité

Le chanteur montréalais Patrick Watson

Patrick Watson

Photo : Claude Dufresne

Justine de l'Église

Pour l’auteur-compositeur-interprète Patrick Watson, la création est un feu roulant qu’il ne faut jamais arrêter, au risque de se retrouver la batterie à plat. C’est pourquoi même s’il lance aujourd’hui l'album Wave, il travaille déjà sur un microalbum intitulé Bleu nuit… eh oui, Bleu nuit, comme l’émission de télévision qui présentait des films érotiques au milieu de la nuit.

Avec Wave, Patrick Watson explore ses « beaux souvenirs », la beauté, plutôt que d’explorer la tristesse, pour reprendre les mots qu’il a employés en entrevue avec la chroniqueuse culturelle Catherine Richer, de l’émission Le 15-18. Mais s’il lance cet album aujourd’hui, déjà sa tête est ailleurs. Il compose du matériel avec un thème complètement différent.

C’est un thème un peu fou, prévient-il, amusé. Ça va sonner complètement dingue, mais ça s’appelle Bleu nuit.

Éducation sexuelle ratée… et médiévale

Je sais que tous les Québécois savent c’est quoi, Bleu nuit. C’était il y a longtemps, quand tu avais 8 ou 9 ans, les samedis soirs, quand tes parents étaient couchés, il y avait comme un moment où tu voulais découvrir l’Europe et les sensualités, et tu n’avais pas d’autre façon, raconte-t-il.

Je ne peux pas en parler d’une perspective féminine, évidemment, mais je sais que du point de vue d’un homme, ça, c’était notre éducation sexuelle, au Québec, poursuit-il.

Il souligne l’aspect ridicule de ces scènes érotiques campées en Europe, romancées à outrance, où les personnages vivaient dans des châteaux éclairés aux chandelles… Bref, une vision déformée de ce qu’est la sexualité.

Maintenant, je pense qu’il faut que j’allume des bougies, que j’aie l’air de monter des chevaux quand j’entre dans mon appartement. Tout est beaucoup trop romantique. Je dis des choses du genre "Bonjour", avec l’accent italien. Peut-être que ç'a ruiné ma sensualité, ironise-t-il en éclatant de rire.

Ce sont ses drôles d’illusions qui ont inspiré son nouveau projet musical. C’est tout un album autour de la couleur bleue, et de cette étrange interprétation erronée de la sensualité et de l’Europe. C’est un peu humoristique aussi… Mais j’espère que je ne serai pas dans le trouble parce que ça va s’appeler Bleu nuit, a-t-il lancé en pouffant de rire.

Mais je pense que les Québécois vont adorer ça, dit l’artiste.

Chanter en français

En plus d’une chanson « électro, un peu folle », Patrick Watson prévoit écrire une pièce en français sur Bleu nuit. Une mission qui représente un défi pour lui.

C’est un tout autre art. C’est un langage qui est très intellectuel, il faut beaucoup de mots pour avoir la même profondeur qu’en anglais. En anglais, des fois tu peux dire trois mots, tout le travail est fait, tandis qu’en français, il faut plus définir ta métaphore. C’est sûr que la musique doit prendre moins de place; le vocal doit prendre plus de place, pour mieux s’exprimer, explique-t-il.

Pour s’inspirer dans la langue de Molière, l’artiste montréalais dirige son regard vers des artistes qu’il juge être parmi les plus grands et grandes du Québec : Fred Fortin, Jean Leloup, Robert Charlebois et Safia Nolin.

Ce sont ceux qui m’ont le plus inspiré pour écrire en français, mais je ne veux pas dire que je n’aime pas les autres, tient-il à préciser.

Jean Leloup, parce qu'il estime qu'il est un génie au talent fou; Robert Charlebois, parce que ses textes transpirent la vulnérabilité tout en étant très directs; Safia Nolin, avec qui il a déjà travaillé; et finalement Fred Fortin, parce qu’il pense que le Québec ne l’aime pas suffisamment, du moins pas à la hauteur de son talent. Au niveau du Québec, il n’y a pas de meilleur auteur, insiste Patrick Watson, qui a d’ailleurs fait appel aux talents de l’auteur-compositeur-interprète francophone pour l’écriture de textes pour Wave, mais faute de temps, la chanson n’a pas vu le jour. Ce n’est que partie remise.

Patrick Watson prévoit sortir Bleu nuit en mars ou en avril. Le moteur créateur continuera à tourner d’ici là. J’ai arrêté ces dernières semaines, et ç'a été un désastre, témoigne-t-il.

Si tu fermes ton moteur de création, c’est dur de le repartir, illustre l’artiste. Tu as besoin d’appeler le taxi, avec le booster. Le moteur est parti? Il n’y a plus de gaz. Tu dois aller à la station-service, trouver de l’essence. Repartir ce moteur-là, c’est la pire chose au monde.

Avec les informations de Catherine Richer

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