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Incursion dans l’usine de traitement du compost d’Ottawa

L'extérieur de l'usine de Renewi.

L'usine de Renewi se trouve sur le chemin Hawthorne, dans le sud d'Ottawa.

Photo : CBC/Kate Porter

Radio-Canada

La Ville d’Ottawa, pour inciter ses citoyens à utiliser davantage leur bac vert, permet depuis le 2 juillet d’y jeter les sacs de plastique et les excréments d’animaux. L’entreprise Renewi a ouvert pour une rare fois les portes de son usine de traitement des matières organiques pour montrer comment elle traite les nouveaux détritus qu’on y achemine.

Renewi, autrefois appelée Orgaworld, a investi 8,5 millions de dollars pour mettre ses installations à niveau afin de pouvoir s’adapter aux nouvelles politiques de la Ville. Les investissements ont aussi permis l’installation d’équipement pour réduire les odeurs.

De grands tubes de métas dans un hangar. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'usine Renewi s'est aussi dotée d'installations pour améliorer l'odeur qui émane de l'usine.

Photo : CBC/Kate Porter

Ni la Ville d’Ottawa ni l’entreprise ne peuvent dire pour le moment si la possibilité de jeter des sacs de plastique dans les bacs verts a réellement eu un impact sur la quantité de déchets envoyés à l’usine de Renewi, située dans la partie rurale dans le sud de la ville.

Une analyse du tonnage sera menée entre novembre et mars, période durant laquelle la quantité de matières se trouvant dans les bacs verts ne fluctue pas en raison des résidus de jardinage.

Un tas fumant de déchets organiques. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le processus de décomposition des matières organiques crée de la chaleur.

Photo : CBC/Kate Porter

Tout ce que nous avons fait avec l’agrandissement et la mise à niveau, c’est évidemment pour aider Ottawa et son nouveau programme de bacs verts, mais l’usine est aussi plus robuste parce qu’il pourrait y avoir d’autres déchets provenant d’ailleurs en Ontario, a noté le directeur général de l’usine, Mike Leopold.

Renewi souhaite effectivement mettre la main sur des contrats municipaux ailleurs en Ontario si la province décide d’éliminer les déchets de table des sites d’enfouissement d’ici 2022, a indiqué M. Leopold.

Le processus

En moyenne, ce sont de 60 à 80 camions qui acheminent chaque jour des détritus à l’usine de Renewi. Durant les périodes de pointe en automne et au printemps, jusqu’à une centaine de camions peuvent venir déposer des résidus organiques.

Une grosse machine près d'un grand amoncellement de déchets dans un hangar. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les sacs de plastique sont permis dans les bacs verts depuis le 2 juillet 2019.

Photo : CBC/Kate Porter

La déchiqueteuse de l’usine peut maintenant s’occuper des sacs de plastique et ainsi les séparer des autres matières organiques qui entreront dans la composition du compost.

Mike Leopold tient un morceau de sac en plastique dans un hangar près d'une pile de déchets. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les appareils de l'usine Renewi peuvent déchiqueter les sacs plastiques et les morceaux d'arbres sans les briser en trop petits morceaux.

Photo : CBC/Kate Porter

Après un premier tour dans la déchiqueteuse, les déchets sont placés dans l’un des huit réservoirs de l’usine pour sécher. De l’air envoyé à travers des trous sur le plancher des réservoirs permet d’assécher les déchets en 14 jours, alors qu’un tel processus prendrait 60 jours en temps normal.

Selon M. Leopold, environ la moitié de la masse des déchets est en fait de l’eau, et celle-ci s’évapore durant cette étape.

Un tas de détritus secs sur une plaque avec des fentes. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une bonne partie de la masse des résidus acheminés à l'usine est contenue dans l'eau desdits déchets.

Photo : CBC/Kate Porter

Une fois secs, les déchets sont envoyés dans une imposante machine qui trie les détritus : les contaminants non compostables — qui représentent 7 % de tout ce qui arrive à l’usine de Renewi — destinés à l’enfouissement, les matières qui ne sont pas encore prêtes à être compostées et les petits morceaux de moins de 10 millimètres qui peuvent être compostés.

Une machine avec des tapis roulants au centre d'une hangar.

Cette machine permet de trier les matières résiduelles une fois celles-ci séchées.

Photo : CBC/Kate Porter

Le compost produit au terme de ce processus est finalement vendu à des agriculteurs pour enrichir la teneur en azote et en phosphore du sol. Il faudrait que le produit de Renewi soit soumis à plusieurs autres analyses s’il était destiné à un usage résidentiel.

Waste Watch Ottawa s’inquiète des microplastiques

On n’a pas beaucoup de confiance que le nouveau processus rendra les déchets organiques dans un état bon pour le sol, surtout pour le sol pour l’agriculture, s’inquiète le cofondateur de l’organisme Waste Watch Ottawa, Brian Tansey.

Selon lui, le processus employé par Renewi crée des microplastiques qui, malgré les meilleurs efforts, peuvent se retrouver dans le compost produit à l’usine et par conséquent, dans le sol.

Non, ce n’est pas acceptable. Ils produisent un produit qui n’est pas bon.

Brian Tansey, cofondateur de Waste Watch Ottawa

M. Tansey se rendra lui-même à l’usine d’ici deux semaines en compagnie de conseillers municipaux. Il demande d’ailleurs aux élus d’Ottawa que la Ville organise une analyse spécifique et indépendante par un labo indépendant [pour savoir] quels sont les éléments de base qui font partie [du compost].

Avec les informations de Stéphane Leclerc et de CBC

Ottawa-Gatineau

Matières résiduelles