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Le nombre de candidats LGBTQ aux élections fédérales est faible, disent des candidats

Le drapeau de la Fierté flotte après une cérémonie sur la colline du Parlement.

Le politologue Christopher Adams soutient que le processus électoral est souvent en retard par rapport au reste de la société.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Des groupes de défense de droits LGBTQ et des candidats fédéraux estiment qu’il y a encore trop peu de candidats issus des minorités sexuelles aux élections. À l’échelle nationale, 87 candidats confirmés s’identifient comme LGBTQ.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est en tête dans la représentativité avec 40 candidats s'identifiant comme faisant partie de la communauté LGBTQ.

Le Parti vert en a 28, le Parti libéral, 10, le Parti conservateur, 4, le Bloc québécois, 3, et le Parti populaire, 2.

Tableau du nombre de candidats LGBTQ au NPD (40), Parti vert (28), Parti libéral (10), Parti conservateur (4), Bloc québécois (3), Parti populaire du Canada (2).

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est en tête dans la représentativité.

Photo : Radio-Canada

Stéphanie Mercier, une membre de la communauté LGBTQ et candidate du NPD dans la circonscription d’Ottawa–Vanier, se réjouit que son parti soit le chef de file en matière de représentativité, mais reconnaît qu’il y a encore du travail à faire.

Notre parti s’est assuré qu’il y avait une équité dans le choix de ses candidats, dit-elle. Le processus prend du temps, mais ça porte des fruits. Il est temps que les autres partis s’y mettent.

Elle déplore le fait qu’il existe des régions du pays où il n’y a pas de candidat de la minorité sexuelle. Il y a des personnes qui ne vont pas s’identifier LGBTQ et vont rester en retrait, dit-elle.

Trevor Kirczenow, un agriculteur de 34 ans et père de deux enfants, est l’un des trois candidats LGBTQ du Manitoba. Il se présente dans la circonscription de Provencher sous les couleurs du parti libéral.

Selon lui, il est important d’inclure toutes les diversités lors des élections afin que les élus soient à l’image de la population générale. Si les [élus] ne reflètent pas la population il manque quelque chose à la démocratie dit-il.

Nombre de candidats LGBTQ par province : Ontario 28, Québec 12, Colombie-Britannique 9, Alberta  9 ,  Saskatchewan 4,  Terre-Neuve-et-Labrador 4, Manitoba 3, Nouvelle-Écosse 3.

Les trois candidats LGBTQ du Manitoba se présentent dans deux circonscriptions rurales.

Photo : Radio-Canada

Le politologue Christopher Adams du collège Saint Paul dit ne pas être surpris de la faible représentativité des candidats LBGTQ. Il soutient que le processus électoral est souvent en retard par rapport au reste de la société, en partie parce que ceux qui ont le plus d’influence dans les partis ont tendance à être plus âgés, et choisissent les circonscriptions où ils veulent se présenter.

Par le passé, les personnes appartenant à une certaine catégorie de la population étaient mises dans des circonscriptions où elles ne pouvaient pas gagner , dit-il.

C’était le cas des femmes en politique il y a environ 40 ans. C’est probablement toujours le cas dans certaines régions du pays pour des candidats gais et transgenres. Il leur faut un certain temps pour entrer dans les rangs du parti et être nommé aux sièges gagnants.

Cette observation est partagée par le directeur du centre Rainbow Resource, Mike Tutthill, qui précise que la marginalisation est plus grande pour certains groupes dans la communauté LGBTQ.

Nous continuons à voir un certain nombre de personnes gaies et lesbiennes blanches [élues], mais nous voyons moins souvent des personnes trans, Bi Spirituelles ou des personnes de couleur représentées.

3 candidats, 2 circonscriptions rurales

Les trois candidats LGBTQ du Manitoba se présentent dans deux circonscriptions rurales qui sont depuis longtemps tenues par le Parti conservateur.

Ashley Duguay, une femme transgenre, se présente sous la bannière du NPD à Brandon-Souris, dans l’ouest du Manitoba. Parmi ses adversaires, le candidat du Parti populaire du Canada, Robin Lussier, est un homosexuel métis.

Mme Duguay note qu’elle était la première femme transsexuelle à se présenter dans sa circonscription rurale. Elle s’est lancée en politique parce qu’elle estimait que les agriculteurs, les étudiants, les personnes handicapées et les anciens combattants, entre autres, avaient besoin de plus de soutien.

Nous devons également défendre les droits des LGBTQI2S+ et donner l’exemple pour apprendre à nos enfants à rester forts, à ne jamais abandonner et à poser les grandes questions de la vie , croit-elle.

Elle espère que son expérience permettra aux jeunes enfants transgenres de comprendre qu’ils peuvent réussir sans avoir à justifier leur appartenance sexuelle.

Robin Lussier, lui, croit que les femmes, les minorités visibles et les personnes LGBTQ devraient être mieux représentées à Ottawa.

L'ancien combattant des forces armées à la retraite affirme que le faible nombre de candidats LGBTQ dans certaines régions du pays est la preuve que la politique canadienne a encore du chemin à faire.

Je suis certain que la quantité de haine et de méchanceté que j’ai reçue depuis que je suis devenue candidat fédéral pourrait probablement, décourager les gens à se présenter aux élections, révèle-t-il.

Avec les informations de Bryce Hoye

Manitoba

Communauté LGBTQ+