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  • À l’automne 1959 débutent les chantiers Manicouagan-Outardes

    Le barrage de la Manic-5 en construction.

    Le chantier de projets hydroélectriques de la Manicouagan-Outardes a débuté à l'automne 1959.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    À l’automne 1959, le gouvernement du Québec décide de développer le potentiel hydroélectrique de la province. De cette volonté surgira le complexe Manicouagan-Outardes, dont la centrale et le barrage Manic-5 deviendront les emblèmes.

    […] 2,5 millions de verges cubes, 17,5 millions de livres d’acier vont retenir un réservoir de 5000 milliards de pieds cubes d’eau au-dessus de la ville.

    Jean Ducharme, 1963

    Un projet pharaonique

    En 1959, le gouvernement du Québec, dirigé par Maurice Duplessis, veut répondre aux besoins grandissants d’énergie des populations et des industries installées au sud de la province.

    C’est pourquoi il lance à l’automne de cette année-là un immense projet de centrales et de barrages hydroélectriques dans la région de la Côte-Nord : le complexe Manicouagan-Outardes.

    Le fleuron de ce projet sera Manic-5 qu’on construira sur la rivière Manicouagan.

    Au printemps 1963, le journaliste Jean Ducharme se rend sur les lieux de ce projet pour l’émission Aujourd’hui.

    Aujourd'hui, 31 mai 1963

    Son reportage est diffusé le 31 mai 1963 et comporte des images qui donnent une bonne idée de l’ampleur du chantier.

    Jean Ducharme interroge notamment Fernand Talbot qui est l’ingénieur en résidence à Manicouagan-2. Celui-ci explique les grandes lignes du projet.

    Le journaliste Jean Ducharme énumère par la suite quelques chiffres qui confirment le gigantisme de l’entreprise.

    La quantité de matériaux de construction et de travailleurs nécessaires, qu’il faut transporter et loger sur le chantier, est immense.

    Il n’est pas surprenant dans ce contexte que certains aient parlé de projet pharaonique.

    Certains ont même osé affirmer que la centrale et le barrage Manic-5, c’étaient « nos pyramides d’Égypte à nous ».

    Une vie de sacrifices, mais aussi de possibilités

    Jean Ducharme mentionne que 2700 personnes vivent sur l'emplacement du chantier, dans une ville champignon jaillie de la forêt et entourée du désert du nord.

    Rien n’y manque. On y trouve des banques, des écoles, des terrains d’aviation et même un poste de police.

    Des centaines de Québécois ont trouvé un gagne-pain sur le chantier de Manic-5.

    La journaliste Andréanne Lafond va leur rencontre pour l’émission Format 30.

    Format 30, 29 septembre 1969

    Son reportage, présenté le 29 septembre 1969, donne une idée des sacrifices qu’ont dû consentir plusieurs ouvriers pour venir travailler sur le chantier.

    Les heures de travail sont longues. Mais ce n’est pas un problème pour la plupart des personnes interrogées.

    Ce qui semble le plus difficile pour plusieurs, c’est l’ennui provoqué par l’isolement géographique et l’impossibilité de voir leurs familles qui demeurent souvent très loin.

    Cet ennui, et les sacrifices consentis par les travailleurs du chantier de Manic-5, sont reconnus et célébrés par la population du Québec.

    En 1966, l'auteur-compositeur-interprète Georges Dor écrit la chanson La Manic.

    C'est une complainte sur l’ennui, sous forme de lettre qu’un ouvrier adresse à son épouse. La chanson frappe l’imaginaire des Québécois cette année-là.

    Pour d’autres, par contre, se retrouver sur le chantier de Manic-5 représente une chance presque inespérée.

    C’est le cas notamment de cette dame de Rivière-du-Loup et de cette jeune enseignante venue de Montréal.

    Elles voient leur séjour sur le chantier comme un défi et même une possibilité d’avancement.

    Un effet social considérable

    Ça a été le début d’un changement de mentalité chez tous les francophones du Québec. C’est indéniable.

    Jacques Bourbeau, constructeur de lignes chez Hydro-Québec, 2011

    Il faut par ailleurs rappeler l’énorme incidence que la construction des projets hydroélectriques de Manicouagan-Outardes a eue sur l’évolution de la société québécoise.

    Les plans de Manicouagan-Outardes s’inscrivent dans le contexte de ce qu’on nomme la Révolution tranquille.

    Le Québec utilise son pouvoir pour favoriser l’avancement de son économie, de même que l’émergence d’une classe dirigeante économique francophone.

    Tout le monde en parlait, 17 mai 2011

    Le reportage du journaliste Hervé Gaudreault, présenté le 17 mai 2011 à l’émission Tout le monde en parlait, souligne la contribution des projets Manicouagan-Outardes et Manic-5 à ce double objectif.

    À la fin des années 1950, les francophones du Québec brillaient par leur absence dans l'univers des technologies.

    La décision d’ériger les projets hydroélectriques de la Côte-Nord change radicalement cette situation.

    Comme le racontent les divers intervenants dans l’extrait du reportage du journaliste Hervé Gaudreault, les ingénieurs de la société d’État Hydro-Québec sont à l'époque majoritairement des anglophones.

    Or, pour réaliser ces projets sur la Côte-Nord, Hydro-Québec décide de faire confiance à de jeunes francophones souvent frais émoulus des écoles d'ingénierie.

    Après quelque temps, ce sont ces jeunes ingénieurs qui s'emparent des postes de direction pour construire la centrale et le barrage Manic-5.

    Ce changement montre à quel point une décision prise à l’automne 1959 a eu un effet sur le développement économique et social du Québec.

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