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EN CARTE - Où étaient les chefs des partis lors des dernières semaines de campagne?

Une carte d'une partie de l'Ontario avec des points de différentes couleurs.

La stratégie des partis au regard des déplacements de leur chef.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La remontée du Bloc québécois dans les intentions de vote a poussé les chefs à rester plus longtemps dans la Belle Province ces derniers temps, mais les leaders des partis savent aussi qu'ils ne peuvent pas tourner le dos à l'Ontario et en particulier le Grand Toronto qui concentre 55 des 338 sièges à la Chambre des communes.

Pour le professeur en science politique à l'Université d'Ottawa, François Rocher, la stratégie des partis est limpide selon les trajets de leur chef.

Les chefs abandonnent les régions où il est peu probable qu’ils puissent décrocher des sièges et visitent les endroits qui sont susceptibles de basculer vers un autre parti, explique-t-il.

L’Ontario dans son ensemble, c’est quand même la province qui envoie le plus de députés à Ottawa.

François Rocher, professeur en science politique à Université d'Ottawa

En Ontario, au cours des deux dernières semaines, M. Trudeau s'est concentré dans les régions de la couronne de Toronto qui attise la convoitise des conservateurs, alors que le centre de Toronto est davantage considéré comme étant acquis aux libéraux. On observe ainsi les passages à la fois du chef libéral et du chef conservateur dans des secteurs disputés comme Etobicoke, Mississauga, ou encore dans le nord de Toronto.

Si M. Trudeau veut s’assurer de conserver une majorité, il est dans l’obligation de conserver ses acquis en Ontario et la même chose pour M. Scheer, s’il veut se rapprocher d’un gouvernement majoritaire, il ne peut pas ne pas tenir compte du vote des Ontariens et donc on essaye de consolider sa base, indique François Rocher.

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, multiplie ses passages à Brampton, où les dernières élections provinciales y ont démontré une base électorale néo-démocrate, car le parti du NPD de l’Ontario y occupe des sièges. M. Singh ne cache pas non plus ses ambitions dans le centre-ville de Toronto qui fait surtout l’objet d’une lutte entre le NPD et le Parti libéral.

Justin Trudeau tente d'ailleurs de rallier les électeurs progressistes dans son camp, répétant son appel aux Québécois qui seraient tentés d’offrir leur vote au Bloc québécois.

Le Bloc retient les chefs au Québec

Avec la récente remontée du Bloc québécois dans les sondages, les chefs des partis ont fait durer leurs passages au Québec cette semaine. C’est pas pour rien que depuis le début de la semaine, ils ont passé proportionnellement beaucoup plus de temps au Québec qu’ailleurs au Canada, commente M. Rocher.

On choisit les régions où ça peut faire la différence et on abandonne les comtés sûrs.

François Rocher, professeur en science politique à Université d'Ottawa

Les chefs sont venus faire campagne dans les régions qui étaient plus susceptibles de les appuyer. M. Scheer a par exemple passé du temps à Québec, M. Trudeau a passé du temps dans la région de Trois-Rivières, précise-t-il.

François Rocher souligne aussi que le NPD est relativement remonté dans les sondages.

Bien que le NPD et le Bloc québécois ont peu de chance de former un gouvernement, le Parti conservateur et le Parti libéral doivent s’assurer que les électeurs n’appuient pas ces partis pour ne pas se retrouver avec un gouvernement minoritaire, selon lui.

Le message que les libéraux et les conservateurs envoient aux électeurs, c’est qu’un gouvernement majoritaire est une police d’assurance contre la domination pouvant être exercée par l’autre principal parti sur la scène politique canadienne, rapporte-t-il.

Les absents

François Rocher ajoute par ailleurs que la cheffe du Parti vert, Elizabeth May, concentre désormais sa campagne en Colombie-Britannique, tandis que le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, privilégie l'Alberta et le Québec, et le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, demeure au Québec, là où chacun est le plus susceptible de remporter des sièges.

Toronto

Politique fédérale