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Regards sur la campagne : les Manaigre déçus par la politique fédérale

À l’aube des élections fédérales, nous sommes allés à la rencontre de trois familles francophones qui ont des réalités et des inquiétudes différentes. Dans la famille Manaigre, on ne prête plus guère attention à ce qui se passe sur la scène politique fédérale.

Mathieu et Alana Manaigre sont assis sur un canapé.

Mathieu et Alana Manaigre regrettent de voir les représentants des principaux partis politiques du pays se chamailler lors des débats.

Photo : Radio-Canada

Amélie David

La politique fédérale n’est pas la tasse de thé de Mathieu et Alana Manaigre. Le couple d’entrepreneurs ne se retrouve pas dans les discours des chefs fédéraux. Ils iront voter par devoir et non par conviction.

J’ai toujours pensé que chaque minute est importante. Compte tenu du temps que l’entreprise prend, je préfère passer le reste avec la famille et non pas nécessairement en regardant la politique, lâche sans détour Mathieu Manaigre, entouré de sa femme Alana et de ses enfants, dans leur maison de Sainte-Agathe.

Le créateur et dirigeant d’Avenir IT, une entreprise spécialisée dans l’informatique établie à Saint-Boniface, n’a pas prêté beaucoup d’attention à cette campagne électorale. Le peu de temps qu’il a accordé au débat des chefs ne l’a pas encouragé à s’y intéresser.

Je préfère m’entourer de commentaires positifs et de personnes positives que de voir les dirigeants politiques se chamailler explique l'entrepreneur, qui porte un chandail aux couleurs de son entreprise, en ramassant du bois tout juste coupé.

« Plate, la politique »

Mia, Luca et Eliot, ses trois enfants, laissent de côté leur occupation pour venir aider leur père. Alana les rejoint peu après. La famille finit d'empiler le bois avant de rentrer pour le souper.

Des enfants et leurs parents ramassent des bûches de bois.

Les Manaigre et leurs enfants ont choisi de vivre à la campagne pour être plus près de la nature.

Photo : Radio-Canada

Nous enseignons à nos enfants que, quand ils font une erreur, ils en parlent, ils s’excusent et ils apprennent à ne plus la refaire… We move on! Quand tu vois les dirigeants politiques, c’est tout le contraire, soupire le père de famille.

Les Manaigre ne se retrouvent pas dans ces attitudes et les valeurs des chefs des principaux partis fédéraux. C’est assez plate, continue Mathieu Manaigre.

De nombreuses inquiétudes font partie du quotidien des Manaigre et ce n’est pas dans les plateformes politiques qu’ils trouvent des réponses.

Une entreprise florissante

Avenir IT compte une dizaine d’employés. Avant, la question était de savoir où j’allais trouver l'argent, explique son fondateur. Aujourd’hui, mon inquiétude est de me dire que j’ai 10 hypothèques qui dépendent de moi, c’est de savoir où je vais leur trouver du travail.

Les parents de Mia, d'Eliot et de Luca estiment que les politiciens ne comprennent pas les réalités des dirigeants de petites et moyennes entreprises.

Je ne crois pas que les partis comprennent vraiment ce qu’est une entreprise de la taille de la nôtre. Ils ne comprennent pas ce que sont nos défis et les risques que l’on prend, car ce sont de très gros risques, souligne Mathieu Manaigre.

Alana, sa femme, hoche la tête en signe d’approbation. Cette dernière a épaulé son mari dans toutes les étapes de la création d’Avenir IT.

Je trouve que la loi devrait permettre de considérer quelqu’un comme moi comme partie intégrante de l’entreprise. Même si je n’ai pas travaillé sur place, au début, car je m’occupais des enfants, je le faisais de la maison. Dans ce sens, nous étions une équipe. D’autant plus aujourd’hui où je me rends à l’entreprise tous les jours, explique-t-elle.

Les Manaigre regrettent les réformes fiscales mises en place par le gouvernement libéral au cours de son mandat. Il a interdit le « saupoudrage salarial », qui a permis à des professionnels de réduire leurs impôts en transformant une partie de leur salaire en dividendes versés aux membres de leur famille, dit Alana Manaigre.

Son mari renchérit. Sans Alana, il n’y aurait pas de business et, aujourd’hui, avec les nouvelles dispositions mises en place par le gouvernement libéral, elle ne peut pas avoir les bénéfices de son travail. Le gouvernement a mis en place cela, car certains en abusent, mais ce n’est pas le cas de la majorité des entreprises. C’est regrettable, car il ne reconnaît pas la dimension familiale de l’entreprise.

Pour le couple exogame, les politiciens, comme une majorité de la population, se font une mauvaise image des entrepreneurs.

Il y a une image qui est que les entrepreneurs sont assis sur une pile de cash, qu’ils fument leurs cigares et qu’ils s’en foutent du reste du monde.Ce n’est vraiment pas le cas, assure Mathieu Manaigre.

Nous ne sommes pas tous des oncles Picsou!

Mathieu Manaigre, entrepreneur

Quelle retraite?

Mathieu Manaigre est catégorique : son quotidien est rempli d’inquiétudes.

Au départ, les questions quotidiennes étaient de savoir si le couple allait avoir assez d’argent pour remplir le réservoir d’essence de la voiture ou pour payer l'hypothèque.

Il y a toujours beaucoup de stress, car, maintenant, on se demande comment on va arriver à se construire un plan de retraite , précise Mathieu Manaigre, qui a toujours su qu’il voulait devenir entrepreneur. C’est notre plus grosse inquiétude à l’heure actuelle. On se fait de plus en plus taxer et on reçoit de moins en moins d'avantages.

A l'approche des 42e élections fédérales, les Manaigre n’espèrent plus grand-chose des candidats. Ils iront voter seulement pour remplir leur devoir de citoyens.

Le chef de la famille a décidé d’arrêter d’y croire et il le regrette. Les politiciens font beaucoup de promesses, mais ne les tiennent pas. Je pourrais voter pour un parti, mais après, je suis certain qu’ils annonceront des choses qui me déplaisent.

Manitoba

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