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Le Canada « plus divisé que jamais » à cause du Québec, dit le premier ministre du N.-B.

Blaine Higgs répondant à des questions de journalistes.

Selon Blaine Higgs, le Québec est traité différemment des autres provinces, au détriment de l'intérêt national.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Vincent Foisy

Philippe-Vincent Foisy

Le premier ministre conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, accuse le Québec de contribuer à la division actuelle du pays. Une division plus marquée que « jamais », selon lui.

Nous sommes plus divisés qu’à n’importe quel autre moment dont je me souviens. Je sais qu’on a eu des référendums, mais le problème, c’est que chaque province est traitée si différemment.

Nous n’agissons pas comme une nation, a-t-il lancé lors d'une mêlée de presse en marge de celle du chef conservateur fédéral Andrew Scheer, à Fredericton, vendredi matin.

Je ne sens pas que le Québec partage le même intérêt national que le reste du pays. Il devrait, car il profite du fait de faire partie du pays.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

M. Higgs croit que les milliards de dollars que le Québec reçoit en péréquation devraient être accompagnés d’obligations, notamment celle qui consiste à faire place à des projets énergétiques. Il a dit apprécier le caractère unique du Québec, mais les Québécois doivent selon lui reconnaître d'où la valeur de l'argent provient.

Il estime aussi que le Québec est « l’enfant chéri » de la fédération, et ce, pas juste maintenant; c’est comme ça depuis toujours.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick est en droit d’exprimer une opinion qui va alimenter la réflexion des gens dans la campagne électorale, a convenu le chef bloquiste Yves-François Blanchet. Celui-ci doute que l’opinion de M. Higgs ait une énorme influence sur le choix que feront les électeurs québécois le 21 octobre prochain.

Il a toutefois tenu à rappeler que le Québec est en droit d’envoyer des formations politiques à Ottawa et de vouloir débattre des sujets qui lui sont chers, citant en exemple la laïcité, la langue française ou encore le passage d’un oléoduc sur son territoire.

On a le droit! La volonté, l’opinion des Québécois doit à nouveau être respectée, quel que soit l’avenir du Québec.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Travailler avec Trudeau ne sera pas facile, dit Higgs

Blaine Higgs a également écorché le chef libéral et premier ministre sortant, Justin Trudeau, qu'il juge aussi responsable de la division du pays. Il accuse le chef libéral de vouloir fermer l'industrie pétrolière en Alberta, mais d'être « prêt à violer les lois du pays » pour sauver des emplois ailleurs, en référence à l'affaire SNC-Lavalin.

M. Higgs était sur place pour appuyer Andrew Scheer en vue de l'élection du 21 octobre. Le premier ministre néo-brunswickois a reconnu que s’il perd son pari et que les libéraux sont reportés au pouvoir, il sera difficile pour lui de coopérer avec Justin Trudeau.

Comment travailler avec lui? C’est une bonne question, a-t-il laissé tomber. Je vais trouver une façon de travailler avec lui, mais ça ne sera pas facile.

Le chef libéral, vu à travers la porte vitrée de son autobus, salue une foule.

Justin Trudeau a fait campagne à Whitby, en Ontario, vendredi.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Nous allons toujours travailler pour le bien des citoyens avec tous nos partenaires et tous les premiers ministres à travers le pays, lui a répondu Justin Trudeau, qui faisait campagne à Whitby, en Ontario.

Au cours des quatre dernières années, [en travaillant] avec les provinces, on a pu livrer sur les investissements en infrastructures, pour la lutte contre les changements climatiques, [...] pour signer des accords sur la santé, pour faire des investissements, y compris au Nouveau-Brunswick, a assuré le chef du Parti libéral du Canada. Et on va continuer de mettre les personnes, les citoyens au Nouveau-Brunswick et à travers le pays, au cœur de nos investissements.

M. Trudeau a aussi réitéré certains reproches au premier ministre néo-brunswickois : Je pense que M. Higgs devrait défendre les droits des femmes et assurer l’accès à l’avortement pour toutes les femmes au Nouveau-Brunswick. Nous allons travailler pour nous assurer que, même sous un gouvernement conservateur, les droits des femmes sont défendus.

Il a également souligné que les politiciens conservateurs comme Blaine Higgs et Doug Ford se trompent en pensant qu’on n’a pas besoin de s’attaquer aux changements climatiques.

Justement, on a besoin de progressistes, comme on a au Québec, qui vont lutter contre les changements climatiques, a-t-il dit. Et c’est pour ça, d’ailleurs, que ça ne suffit pas d’avoir une opposition progressiste, comme nous offre le Bloc québécois. Ça nous prend des Québécois au gouvernement pour tenir tête à ces politiciens conservateurs, qui ne veulent rien faire dans la lutte contre les changements climatiques.

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