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Un « environnement de travail toxique » au Laboratoire national de microbiologie

Vue de l'extérieur des installations du Laboratoire national de microbiologie, à Winnipeg.

Le rapport de Blaine Donas a été réalisé avant que la Gendarmerie royale du Canada n'enquête sur Xiangguo Qiu, la scientifique évincée du laboratoire de Winnipeg, soupçonnée d'avoir des liens avec la Chine.

Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Radio-Canada

Les employés administratifs du Laboratoire national de microbiologie (LNM) travaillent dans des conditions « toxiques » où le manque de confiance, le harcèlement et le traitement inéquitable des employés de la part de la direction sont importants, selon un rapport d'un spécialiste en conflit de travail de Toronto, Blaine Donas.

Le rapport a été soumis à l’Agence de la santé publique du Canada en juin 2019. CBC News en a obtenu une copie.

Selon le spécialiste de Toronto, 21,8 % des employés de certaines unités administratives du LNM affirment que leur santé mentale est touchée par l’environnement de travail, ce qui pourrait avoir un impact sur leur productivité.

Le LNM est le seul établissement de confinement 4 au Canada, où des maladies infectieuses mortelles comme l'Ebola sont étudiées.

L’étude de Blaine Donas se concentre sur les employés non scientifiques dans différentes divisions du laboratoire : le service des déplacements, les ressources humaines, la direction des achats, etc. Ils représentent un peu moins de 10 % des effectifs du laboratoire, qui a cinq emplacements au Canada.

Le rapport a été réalisé à partir d’un sondage, mené en novembre 2018 auquel ont répondu volontairement 79 % des employés, ainsi que d’entrevues individuelles d’employés et de discussions de groupes organisées dans le laboratoire de Winnipeg.

Certains employés ont refusé délibérément d'y participer, note Blaine Donas.

Ce n’est pas un environnement où les personnes se sentent en sécurité de soulever des problèmes, ils ne pensent pas qu’il y aura de suivi, écrit Blaine Donas dans le rapport.

Le ton de la direction contribue à un manque de confiance et au conflit dans l’espace de travail, poursuit-il.

Après avoir eu connaissance du rapport, le Syndicat des travailleurs de la santé et de l’environnement a indiqué qu'il souhaitait remonter aux sources premières de ce harcèlement systémique, cette intimidation ainsi que la peur des représailles .

Reconstruire la confiance

Blaine Donas propose 58 recommandations dans son rapport, la plupart montrant comment le leadership peut permettre de regagner la confiance des employés.

Il mentionne que les directeurs du LNM à Ottawa et le vice-président de l’Agence de la santé publique du Canada doivent être davantage en contact avec leurs employés.

De plus, des personnes indépendantes devraient réaliser des entrevues avec les employés qui décident de quitter le laboratoire, ajoute-t-il.

Les employés craignent que les récents départs des employés du laboratoire ne soient dus à cet environnement toxique

Blaine Donas, spécialiste en conflit de travail et auteur du rapport

Je ne suis ni optimiste ni persuadé que ces recommandations vont faire quoi que ce soit pour éliminer ces problèmes systémiques au LNM, écrit toutefois le président du Syndicat des travailleurs de la santé et de l’environnement, Todd Panas, à la sous-ministre adjointe de l’Agence de la santé publique du Canada, dans un courriel transféré à CBC News.

Je suis très déçu du format de ce rapport, du manque de transparence de l’analyse de M. Donas et du fait qu’il n’établit pas les causes fondamentales [de ces problèmes], poursuit-il.

Aucune personne de l’Agence de la santé publique du Canada ou du LNM n’était disponible pour une entrevue. 

Dans une déclaration écrite, l’Agence de la santé publique du Canada indique que le rapport a soulevé des forces et des faiblesses et donne une évaluation solide de la situation. Elle suggère que les directeurs, les employés et le syndicat s'appuieront sur ses résultats pour mettre en oeuvre ces recommandations.

Avec les informations de Karen Pauls

Manitoba

Microbiologie