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Mort de Michel Vienneau : un employé de VIA Rail et un policier témoignent

Les cinq personnes marchent dans un couloir, l'un des avocats tire une valise contenant vraisemblablement des documents.

Les policiers Mathieu Boudreau (au centre) et Patrick Bulger (à gauche à l'arrière) arrivent à l'audience d'arbitrage, jeudi matin, accompagnés de leur avocat respectif.

Photo : CBC/Shane Magee

Radio-Canada

Un ingénieur à la retraite de VIA Rail, Wayne Coster, ainsi qu'un policier, Ron DeSilva, ont pris la barre des témoins, vendredi, à l'audience d'arbitrage sur le sort des deux policiers qui ont abattu par erreur l'homme d'affaires Michel Vienneau à la gare de Bathurst, en janvier 2015.

Témoignage d'un policier de Bathurst

Le superviseur du policier de Bathurst qui a tiré sur Michel Vienneau dit que le recours à la force de l'agent était approprié.

Ron DeSilva était le cinquième témoin de l'audience d'arbitrage.

T.J. Burke, l'avocat de Boudreau, a mené le contre-interrogatoire de M. DeSilva au moyen d'une série de questions sur la justification de l'usage de la force policière dans différentes circonstances. Si je suis dans un véhicule qui s’apprête à vous écraser lors d’un contrôle routier, quelle est la probabilité que vous sortiez une arme à feu?

C’est probable. Ça dépendrait de certains facteurs, a répondu M. DeSilva.

Dans les situations où vous croyez que la vie de votre collègue est en danger, feriez-vous appel à une force mortelle?

C'est possible, a-t-il indiqué.

L'avocat T.J. Burke a demandé si le recours à la force utilisé par Boudreau ce jour-là était approprié.

Selon ce que vous me dites aujourd'hui, je dirais que c'était juste, a dit M. DeSilva.

T.J. Burke a ensuite demandé à M. DeSilva s'il considérait le renseignement d'Échec au Crime comme crédible.

Ce n'était tiré par les cheveux, a répondu M. DeSilva.

Le policier affirme que Boudreau et Bulger se sont rendus sur place pour enquêter sur le renseignement.

Témoignage d'un employé de VIA RAIL

Plus tôt vendredi, Wayne Coster a expliqué qu'il marchait vers la locomotive du train de VIA Rail entré en gare quelques minutes plus tôt lorsqu'il a pris conscience d'une commotion dans le stationnement.

Il a vu un véhicule blanc percuter un banc de neige et un homme arriver en courant, arme à la main. L'homme était habillé en civil et a tiré une fois dans la vitre arrière du véhicule et plusieurs fois dans la vitre avant, côté conducteur, a-t-il décrit.

Wayne Coster assis dans la salle d'audience.

Wayne Coster, un ingénieur de VIA Rail à la retraite, témoignait vendredi matin à l'audience d'arbitrage sur le sort des deux policiers qui ont abattu par erreur Michel Vienneau, en janvier 2015, à la gare de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Rien ne laissait deviner que l'homme était un policier, selon M. Coster. Il a crié « Sors du véhicule » avant de tirer le conducteur à l'extérieur de l'habitacle.

Comme dans un film

La scène avait l'air tout droit sortie d'un film, a-t-il dit. Il croyait qu'il pouvait s'agir d'un règlement de comptes de la mafia. Il a crié à son collègue Joseph Sutton - qui a témoigné jeudi - : « Il n'y a pas de policier ici », mais celui-ci lui a montré une auto-patrouille qui arrivait dans le stationnement.

Michel Vienneau a été mortellement atteint par balle le 12 janvier 2015. L'homme de 51 ans était soupçonné à tort d'être un trafiquant de drogue.

Photo de famille d'Annick Basque et de Michel Vienneau

Annick Basque et Michel Vienneau se trouvaient dans leur voiture à la gare de Bathurst le 12 janvier 2015 quand ce dernier a été abattu par des policiers qui croyaient à tort avoir affaire à un trafiquant de drogue.

Photo : Facebook

Un enquêteur indépendant a recommandé le congédiement des policiers Patrick Bulger et Mathieu Boudreau, qui sont en congé avec salaire depuis environ deux ans. L’audience d’arbitrage sur leur sort, qui est présidée par Joël Michaud, a commencé mercredi matin. Elle doit se poursuivre quelques jours.

En contre-interrogatoire, l'avocat de Mathieu Boudreau, T. J. Burke, a demandé à Wayne Coster si, à sa connaissance, le véhicule conduit par Michel Vienneau avait renversé l'un des policiers. « Je n'ai rien vu de tel », a déclaré le témoin.

La voiture de la victime près de la gare est recouverte d'une toile bleue.

Michel Vienneau a été abattu lors d'une opération policière à la gare de Bathust, au Nouveau-Brunswick, en janvier 2015.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

T. J. Burke a ensuite relevé des contradictions entre le témoignage de M. Coster, vendredi matin, et celui qu'il a rendu aux enquêteurs peu après le drame. Par exemple, au sujet de la vitesse à laquelle le véhicule de la victime roulait lorsqu'elle est entrée en contact avec le banc de neige. La voiture roulait vite, a déclaré M. Coster vendredi, ce qui ne cadre pas avec sa déclaration aux enquêteurs, selon T. J. Burke.

Légitime défense?

Jeudi, l'avocat a expliqué en point de presse qu'il tentait de démontrer que les deux policiers avaient agi en légitime défense. À plusieurs reprises, lors de ses contre-interrogatoires, il a laissé entendre que Patrick Bulger se trouvait sous la voiture lorsque Mathieu Boudreau a tiré sur Michel Vienneau. Toutefois, aucun des témoins jusqu'ici n'a déclaré avoir vu Patrick Bulger se faire renverser par la voiture de Michel Vienneau avant les tirs. L'un des témoins, jeudi, a tout de même affirmé qu'un homme semblait tenter d'échapper à la voiture qui se dirigeait vers lui.

La conjointe de Michel Vienneau, Annick Basque, qui se trouvait avec lui dans la voiture au moment où il a été abattu, a témoigné jeudi. Elle a décrit les moments qui ont précédé le drame. Le couple revenait d'un voyage d'agrément en train à Montréal et venait de mettre sa voiture en marche dans le stationnement lorsqu'un véhicule, dans lequel prenaient place deux hommes en civil, leur a barré la route. Pris de panique, Michel Vienneau avait continué à rouler pour échapper aux hommes, a-t-elle dit, et c'est à ce moment-là que les coups de feu avaient retenti.

Elle n'a pas pu dire si l'un des policiers avait été heurté ou menacé par la voiture avant les tirs parce que Michel Vienneau l'avait forcée à baisser la tête au niveau du tableau de bord pour la protéger. Elle n'a pas senti que la voiture heurtait quelque chose ou quelqu'un avant la collision avec un banc de neige.

Dix-sept personnes pourraient être appelées à témoigner lors de ces audiences qui se poursuivent la semaine prochaine.

Avec les renseignements de Shane Magee et de Serge Bouchard

Nouveau-Brunswick

Forces de l'ordre