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Que faire des urnes funéraires non réclamées depuis des décennies?

Plusieurs modèles d'urnes funéraires sur un étalage d'un salon funéraire.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse sonde les propriétaires de salon funéraire et de crématorium pour déterminer combien d'urnes funéraires non réclamées par les familles s'y trouvent encore.

Photo : CBC/Sherry Vivian

Radio-Canada

Des familles ne savent peut-être pas que les cendres de certains proches reposent dans des salons funéraires en Nouvelle-Écosse depuis des décennies.

Le propriétaire d’un salon funéraire et d’un crématorium à Sydney, Kollin Weatherbee, affirme que son établissement compte pour sa part une vingtaine d’urnes funéraires non réclamées, dont certaines depuis 20 ans.

Il est l’un des nombreux propriétaires de salon funéraire et de crématorium et gestionnaires de cimetière qui ont reçu une lettre du gouvernement provincial cette semaine.

Le gouvernement envisage d’adopter des règles, car des services funéraires lui demandent depuis quelques années ce qu’ils doivent faire des urnes funéraires non réclamées par les familles.

Le nombre d’urnes funéraires non réclamées qui reposent dans ces établissements est inconnu et c’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement s’informe auprès des propriétaires, explique le registraire des cimetières et services funéraires de la province, Rodger Gregg. Des directeurs funéraires lui ont dit que des urnes funéraires reposent dans leur établissement depuis 40 ans.

Le gouvernement demande aux propriétaires et gestionnaires combien d’urnes funéraires non réclamées se trouvent dans leurs établissements. Il leur demande aussi comment ils gèrent ces objets.

Bien des familles ne savent pas que les cendres de leurs proches se trouvent encore dans un salon funéraire, selon Kollin Weatherbee. Il ne communique plus avec elles, explique-t-il, parce que cela crée parfois des tensions quand des gens attribuent la situation à l’un ou l’autre membre de leur famille.

Plusieurs raisons mises en cause

Plusieurs raisons peuvent expliquer la situation, dont une fausse impression que les salons funéraires sont des lieux de repos définitifs, explique la directrice de l’association des propriétaires de crématorium d’Amérique du Nord, Barbara Kemmis.

Des familles choisissent la crémation sans comprendre tout à faire ce que cela comprend, souligne-t-elle en citant le cas d’un homme qui avait découvert avec stupeur, par l'entremise des médias, que les cendres de son père avaient été classées comme étant non réclamées et transférées dans un cimetière militaire.

Des factures impayées pour services funéraires peuvent aussi dissuader des gens de réclamer les cendres de leurs proches, dit-elle, bien qu’il est illégal aux États-Unis de conserver des cendres jusqu’au paiement des frais.

Dans le cas de morts traumatisantes, ajoute Mme Kemmis, des familles peuvent ne pas vouloir les cendres et estimer que ces dernières sont en sécurité dans le salon funéraire. Elle mentionne le cas d’une famille qui a attendu que les enfants soient en âge de comprendre ce qui s’est passé avant de réclamer les cendres.

S'informer avant d'imposer des règlements

Les lois en Nouvelle-Écosse n’obligent les salons funéraires qu’à conserver les cendres pendant 90 jours après avoir eu la permission écrite des familles de faire une crémation, selon M. Weatherbee. Il dit être mal à l’aise à la pensée de disperser des cendres non réclamées ou de les placer dans un cimetière sans la permission de la famille, alors il les entrepose dans son établissement. Il tient un registre de ces urnes funéraires comprenant l’identité de la personne décédée et d’autres renseignements utiles.

Les trois autres provinces de l’Atlantique n’ont pas de réglementation sur les cendres non réclamées. Certains propriétaires de salon funéraire à Terre-Neuve-et-Labrador ont récemment exprimé une préoccupation à ce sujet, selon la présidente de leur association provinciale, Nova Lee Scammell.

Quelques provinces ont une réglementation en la matière, ajoute le registraire Rodger Gregg. La Nouvelle-Écosse prendra une décision lorsqu’elle aura l’avis des propriétaires de salon funéraire. Il faut d’abord déterminer si le nombre d’urnes funéraires non réclamées dans chaque établissement est suffisamment élevé pour justifier une réglementation.

Avec les renseignements d’Yvonne Colbert, de CBC

Nouvelle-Écosse

Famille