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Attaquée à l’arme lourde, la police mexicaine a dû libérer le fils d’« El Chapo »

Les policiers et les gardes nationaux ont été contraints de reculer et de quitter la ville sous la puissance de feu déployée par les narcotrafiquant du cartel de Sinaloa.

Photo : afp via getty images / RASHIDE FRIAS

Radio-Canada

Les autorités mexicaines ont confirmé vendredi avoir dû renoncer à l'arrestation du fils du narcotrafiquant El « Chapo » Guzman et battre en retraite à la suite d’une violente contre-attaque du cartel de Sinaloa qui a transformé les rues de la ville de Culiacan, dans le nord-ouest du Mexique, en zone de guerre.

Les combats entre la Garde nationale et des bandes armées ont éclaté jeudi soir à la suite de l’arrestation de plusieurs narcotrafiquants dans une résidence de Culiacan, dont Ovidio Guzman Lopez, l’un des fils du baron de la drogue Joaquin El Chapo Guzman actuellement emprisonné aux États-Unis.

Essuyant des tirs nourris de plusieurs dizaines d’hommes armés de fusils d’assaut et d’armes lourdes, notamment des mitrailleuse montées dans des boîtes de camion, les policiers et les gardes nationaux ont dû battre en retraite et libérer Ovidio Guzman pour sauver leur vie alors que des dizaines d’hommes armés prenaient le contrôle des rues et intersections un peu partout dans la ville.

Des bandits armés montent la garde dans une rue.

Des membres du cartel de Sinaloa lourdement armés ont rapidement pris le contrôle des rues de Culiacan, fief du narcotrafiquant Joaquin « El Chapo » Guzman.

Photo : Reuters / Jesus Bustamante

Des vidéos publiés sur Twitter montrent des citoyens courant dans tous les sens, certains portant des enfants dans leurs bras, pour échapper aux rafales d’armes automatiques dans les rues. Plusieurs explosions ont aussi été rapportées dans la ville de 750 000 habitants d’où s’élevaient de nombreuses colonnes de fumée noire, vendredi matin.

Selon une estimation préliminaire des autorités, au moins sept personnes ont été tuées dans les combats, dont cinq narcotrafiquants et un policier. Mais ce bilan pourrait s’alourdir rapidement, si on en croit les images des agences internationales montrant plusieurs cadavres gisant dans les rues.

Un autobus en flammes est stationné en travers d'une rue.

Un autobus en flammes barre l'entrée d'une intersection à Culiacan où les forces du cartel de Sinaloa ont pris le contrôle de la ville.

Photo : Reuters / Jesus Bustamante

Une opération mal préparée

En conférence de presse, les autorités mexicaines ont admis avoir sous-estimé la menace en présence en lançant cette opération à Culiacan, qui est le fief des Guzman et, par le fait même, du redouté cartel de Sinaloa.

Nos hommes sur place ont agi de manière précipitée, n'ont pas attendu l'ordre de perquisitionner et ont commencé à essuyer des coups de feu. Ils ont improvisé, sans mesurer les conséquences de leur action dans l'espoir d'obtenir un résultat positif.

Luis Crescencui Sandoval, ministre de la Défense du Mexique

Le secrétaire d'État à la Sécurité Alfonso Durazno a par ailleurs ajouté que les renseignements que détenaient les forces de sécurité étaient erronés.

Depuis l’arrestation et la condamnation aux États-Unis de Joaquin El Chapo Guzman à la prison à vie, ce sont ses fils qui assurent la direction du cartel de Sinaloa, qui détient le contrôle des principales entrées du trafic de drogue aux États-Unis à partir du Mexique.

Selon l’Agence France-Presse, les narcotrafiquants contrôlent encore plusieurs intersections, rues et places publiques encombrées de véhicules en flammes et de barricades improvisées dans la capitale du Sinaloa.

Les renforts se déploient

Des soldats descendent d'un véhicule de transport.

Des unités militaires ont notamment été déployées aux abords du siège du gouvernement de l'État du Sinaloa, à Culiacan,

Photo : afp via getty images / ALFREDO ESTRELLA

Aidés par des hélicoptères de la marine, des unités de l'armée mexicaine se déploient quant à elles graduellement dans les rues de la ville pour isoler les positions tenues par les trafiquants.

Les habitants se sont quant à eux barricadés dans leur maison en attendant que les forces de sécurité mexicaines reprennent le contrôle de la ville.

Le gouvernement de l'État de Sinaloa, considéré comme l'un des plus violents au Mexique, a appelé les habitants à rester calmes, à se tenir à l'écart des rues et à demeurer très attentifs aux avertissements officiels concernant l'évolution de la situation.

L'héritage d'El Chapo

Plusieurs agents fédéraux escortent Guzman, menottes aux poings, après son arrivée du Mexique en avion.

Joaquin « El Chapo » Guzman est escorté par des agents fédéraux à son arrivée à New York, après son extradition du Mexique, le 19 janvier 2017.

Photo : Getty Images / Charles Reed/U.S. Immigration and Customs Enforcement

Joaquin El Chapo Guzman, 62 ans, cofondateur du cartel de Sinaloa, a été condamné en juillet dernier aux États-Unis à la prison à perpétuité dans l’une des prisons les plus sécurisées des États-Unis.

Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant au monde, El Chapo a acheminé aux États-Unis au moins 1200 tonnes de cocaïne sur un quart de siècle. Malgré son arrestation, son organisation continue d'acheminer la majorité de la drogue qui entre aux États-Unis.

Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, ne cesse quant à lui de rappeler sa volonté de faire diminuer la criminalité dans son pays, depuis son élection en décembre dernier, mais sans grand résultat concret.

Avec les informations de Agence France-Presse

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