•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Frustrantes, les bornes de recharge rapide?

Un propriétaire d’auto électrique de la région de Trois-Rivières fait part à La facture de son insatisfaction concernant le réseau de bornes de recharge rapide installé au Québec. Ses deux principales frustrations : le manque de services à proximité des bornes et la facturation du temps de recharge.

Une borne électrique protégée par des bollards.

Une borne électrique.

Photo : Radio-Canada

Yvan Lamontagne

Dominique Tremblay, de Bécancour, adore sa Chevrolet Bolt, une auto entièrement électrique qui détient une autonomie de plus de 300 kilomètres. Comme la grande majorité des propriétaires de ce type de véhicule, il le recharge la plupart du temps à la maison, avec sa borne de recharge standard de 240 volts. Mais lorsqu’il effectue de longs trajets, il compte sur les bornes rapides de 400 volts.

Originaire du Saguenay, Dominique Tremblay garde un goût amer de ses dernières visites dans sa région natale en compagnie de ses petits-enfants. C’est certain que si vous arrêtez avec des jeunes et qu'il ne fait pas beau, être pris dans le champ derrière une borne, ce n’est pas agréable.

Selon lui, la localisation des bornes rapides est inappropriée lorsqu’il n’existe aucun service à proximité. Et il dit avoir constaté cette lacune trop souvent.

En roulant de Montréal à Trois-Rivières, nous avons voulu savoir si les électromobilistes disposaient de services lorsqu’ils font le plein. Nous nous sommes arrêtés à deux endroits.

Des toilettes bleues alignées sur un mur de briques.

Un commerce barricadé offrant aux automobilistes des toilettes chimiques.

Photo : Radio-Canada

D’abord à la halte routière du Point-du-Jour, à Lavaltrie, où le restaurant est fermé. Il ne reste plus que des toilettes chimiques.

Au deuxième stop, à Berthierville, la borne rapide est située dans le stationnement de la bibliothèque municipale où les services de proximité sont inexistants.

Créé par Hydro-Québec, Le Circuit électrique veille à l’établissement du réseau des bornes rapides. On en comptera environ 260 à la fin de l’année et six fois plus dans dix ans.

Le journaliste automobile Benoît Charette nous rappelle qu’Hydro-Québec a voulu que les premières bornes soient installées sur la propriété de ses partenaires.

Je pense qu’il y avait surtout de l’inconnu. On a mis des bornes de recharge à des endroits qui n’étaient peut-être pas appropriés.

Benoît Charette

La directrice de l’électrification des transports à Hydro-Québec, France Lampron, dirige l’implantation du réseau des bornes rapides. Elle nous dit que son équipe recherche idéalement des sites avec des services de restauration, à proximité des grands axes, avec des toilettes publiques bien éclairées et faciles d’accès.

Dominique Tremblay devant son véhicule branché à une borne de recharge.

Dominique Tremblay est propriétaire d'un véhicule électrique.

Photo : Radio-Canada

L’autre élément qui déplaît encore plus à Dominique Tremblay, c’est qu’il est facturé pour le temps de la recharge, et non pour les kWh consommés.

Je ne sais pas pourquoi on fait la différence entre l’électricité et l’essence. Ça devrait être le même concept. On va chercher de l’énergie, on devrait payer pour ce qu’on reçoit.

Dominique Tremblay

France Lampron est d’avis qu’on devrait payer au kWh dans un monde idéal, puisque c’est la tarification la plus équitable. Mais deux obstacles importants font surface.

D’abord, il n’y a qu’Hydro-Québec qui peut facturer au kWh. Il faudrait donc que le gouvernement provincial intervienne pour permettre que Le Circuit électrique puisse le faire.

L’autre obstacle, c’est que le compteur pouvant mesurer les kWh, doit être certifié par Mesures Canada. Des discussions se poursuivent, semble-t-il, pour que la réglementation soit modifiée.

On attend quoi pour le faire? Si on sait ce que ça prend, faisons-le. Exécutons-nous!

Benoît Charrette

Le reportage du journaliste Yvan Lamontagne et de la réalisatrice France Larocque sera présenté dans le cadre de l’émission La facture le mardi 19 h 30 à ICI Télé.

Transports

Économie