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Une autre interruption temporaire de service en obstétrique à l'Hôpital du Pontiac

Enseigne de l'urgence de l'Hôpital du Pontiac.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais a diffusé vendredi matin un communiqué pour annoncer une interruption temporaire des services dans l'unité de gynécologie obstétrique du Centre hospitalier du Pontiac, à Shawville.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Une interruption temporaire des services dans l'unité de gynécologie obstétrique de l'Hôpital du Pontiac est en vigueur jusqu’au 21 octobre à 8 h, a fait savoir le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, vendredi.

Les femmes enceintes du Pontiac qui pourraient accoucher d'ici là devront donc être redirigées vers l'Hôpital de Gatineau.

C'est la quatrième fois que cette situation se produit en un mois au Centre hospitalier du Pontiac, à Shawville.

Le bris de service est causé par un manque de personnel infirmier en obstétrique.

Les futures mamans touchées par ce bris de service ont été avisées, peut-on lire dans un communiqué.

Pour rouler le service d’obstétrique, pour assurer une présence complète et sécuritaire, ça nous prend 12 infirmières formées en obstétrique. Présentement, à l’hôpital du Pontiac à Shawville, nous en avons quatre. Donc C’est un défi au quotidien d’assurer le service, a expliqué le porte-parole du CISSS, Bruno Desjardins.

La situation, elle est précaire, mais en même temps, on travaille sur des solutions court et long terme.

Bruno Desjardins, porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais

Du personnel médical qualifié sera tout de même en mesure d'assurer la prise en charge d'une femme enceinte devant accoucher d'urgence à Shawville.

[Pour des solutions à] court terme, c’est sûr qu’on regarde un transfert d’effectifs, soit de régions urbaines vers l’hôpital du Pontiac. On a instauré aussi des solutions par rapport à de la garde, donc des gens qui ne sont pas nécessairement présents physiquement, mais lorsque requis, peuvent se déplacer, a indiqué M. Desjardins.

Il y a de 9 à 10 accouchements par mois en moyenne depuis le début de l'année à l'Hôpital du Pontiac, confirme le CISSS de l'Outaouais.

Confusion et anxiété

Virginia Lavigne est l'une de ces mamans qui espéraient accoucher de son second enfant à l'Hôpital du Pontiac, à Shawville. Toutefois, un bris de service anticipé, il y a deux semaines, a forcé le couple à revoir ses plans.

Mon plan c'était d'accoucher à l'hôpital à Shawville. On m'avait averti qu'il y aurait peut-être un bris de service le mercredi, et effectivement, mes eaux ont crevé le mercredi vers midi, raconte-t-elle.

Un couple autour d'un nouveau-né.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Virginia Lavigne, Benoît Wolfe et leur nouveau-né Vincent Loyal Wolfe le jour de l'accouchement.

Photo : Virgina Lavigne

L'accouchement s'est finalement déroulé à cinq minutes de chez elle, dans une ambulance qui l'a emmenée à Shawville. Les ambulanciers m'ont dit : "On t'envoie à Shawville."

C'est en arrivant à l'Hôpital du Pontiac que les parents ont appris qu'ils allaient finalement être transférés.

Ce soir-là, j'ai appris que j'allais être transférée à Gatineau. Il n'y avait pas d'infirmières pour prendre soin de la maman et du bébé pendant la nuit.

Virginia Lavigne, mère de famille

Le tout a laissé un goût amer à la mère de famille qui a trouvé le tout plutôt bouleversant.

Je me sentais très nerveuse, anxieuse. [...] Je devais aller à un plan B. Mon premier fils est né à Shawville, les services étaient exceptionnels, admet-elle.

Elle estime toutefois avoir reçu un excellent service à Gatineau. Le CISSS a toutefois indiqué que le bris de service qu'il avait anticipé ce jour-là n'a finalement pas eu lieu.

200 postes d'infirmières à pourvoir

M. Desjardins a souligné qu'il y a environ 200 postes vacants d'infirmières en Outaouais. L'établissement de santé est en période de recrutement intensif, notamment en France, où le CISSS espère recruter quelque 80 infirmières.

Malgré les manques importants à combler en matière de personnel infirmier, le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais, Patrick Guay, a souligné que les relations avec l'employeur sont plutôt bonnes.

Localement, il y aurait toujours des choses mieux à faire, mais on doit commencer petit pour voir plus grand par la suite, a-t-il avoué. L'attrait de nouvelle main-d'oeuvre ne doit pas simplement se limiter à une amélioration des salaires.

C’est beau le salaire, mais si tu as un beau salaire, mais pas de bonnes conditions de travail, on n’attirera pas nos jeunes à venir dans la profession, a-t-il souligné.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Établissement de santé