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Le logement : un enjeu électoral clef au Yukon

Des affiches d'agents immobiliers et de candidats électoraux devant une série de maisons.

L'accès au logement a été abordé dans tous les forums électoraux au Yukon. Entre les mois d'avril et de juillet 2019, le prix moyen d'une copropriété était de 355 000 $.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Claudiane Samson

Les plus récentes données sur le prix du marché immobilier dans la capitale yukonnaise mettent en lumière l’épineuse question de la rareté du logement, une question prioritaire de la campagne électorale.

Pour le deuxième trimestre de 2019, le prix moyen d’une maison unifamiliale a atteint 529 500 $, soit 10,5 % de plus que l’année précédente et 66 % de plus qu’il y a 10 ans.

Les plus récentes données sur le marché locatif du territoire en date du mois d'avril placent le taux d'inoccupation à 3,2 % dans l'ensemble et à 1,2 % pour un logement d'une chambre à coucher. Le prix moyen d'une location était à la même période de 1041 $ bien que les observateurs s'entendent pour dire que le prix des logements tend à être plus élevé dans les petites annonces.

Le président de l’association immobilière du Yukon, Marc Perrault, affirme que c’est une pénurie de terrains au moment où l’économie prend son essor qui explique cette hausse constante de la valeur du marché. Mais les effets commencent à inquiéter l’agent immobilier.

Plan serré de Marc Perreault debout à l'extérieur sur une rue résidentielle du centre-ville.

Marc Perreault, de l'association immobilière du Yukon, aimerait qu'un prochain gouvernement fédéral s'assure qu'il existe une offre complète de types de logements.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Pour ceux qui ont investi dans le secteur de logement, c’est positif pour eux, mais ce n’est pas une bonne histoire pour ceux qui ont de la difficulté à obtenir du logement […] Le monde dépense plus que ce qu’il devrait dépenser sur leur logement.

Marc Perreault, président, association immobilière du Yukon

Équilibrer le marché en offrant plus de logements abordables

En cette période électorale, Marc Perreault aimerait voir des mesures visant à assurer le maintien de l'accès aux logements à prix modique de façon à préserver l’équilibre du marché.

Il y a beaucoup de demandes sur le segment des logements [abordable] et c’est difficile de faire sûr que ceux qui ont des difficultés ont du logement adéquat, explique Marc Perreault. Comme communauté, on devrait travailler un peu plus fort pour maintenir ce segment-là.

Meg Grudeski, de la Coalition antipauvreté, croit aussi qu’il est important qu’une variété de types de logements abordables soit offerte. L’organisme a organisé l’un des premiers forums électoraux de la campagne.

L’accès au logement est en enjeu qui prend en importance à mesure que l’écart de revenu s’agrandit, explique Meg Grudeski.

Choisir entre un logement et l'accès aux services

La coordonnatrice au logement explique qu’avec la rareté des logements les propriétaires deviennent plus sélectifs dans le choix des locataires, alors que ceux qui vivent avec un revenu fixe ou au salaire minimum ont des besoins plus complexes.

Plan moyen de Meg Grudeski debout à l'extérieur sur une rue résidentielle.

Meg Grudeski, de la Coalition antipauvreté, aimerait qu'un prochain gouvernement fédéral travaille à réduire l'écart entre les revenus.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Il se peut qu’il y ait du logement disponible dans une collectivité rurale où quelqu’un aimerait retourner, mais s’il n’y a pas les services dont cette personne a besoin, comment peut-on s’assurer qu’elle a un choix ou comment peut-on assurer l’accès à tous ces besoins? Parfois, il en revient à devoir faire des choix difficiles.

Meg Grudeski, Coalition antipauvreté

Les prix à la hausse du marché immobilier ne font qu’empirer une situation déjà difficile pour bien des Yukonnais. Selon l’intervenante, tous les ordres de gouvernement, le secteur privé et les organismes doivent travailler de concert pour trouver des solutions à une problématique de plus en plus complexe.

La chef Doris Bill, de la Première Nation Kwanlin Dun, espère, de la même façon, que le prochain gouvernement fédéral saura se faire un partenaire dans la discussion.

« La pauvreté et l’itinérance ne sont pas un problème autochtone. C’est le problème de toute la communauté. »

Plusieurs observateurs, comme l’association immobilière du Yukon, entrevoient l’arrivée sur le marché de terrains en location à long terme comme une piste de solution. Ces terrains devraient être offerts au cours de la prochaine année, une fois le règlement adopté par les Premières Nations.

Doris Bill regarde la caméra à l'extérieur devant un chantier de construction.

La chef de la Première Nation Kwanlin Dun, Doris Bill, aimerait que le prochain gouvernement fédéral travaille avec tous les partenaires locaux sur les initiatives déjà entamées, comme le chantier qui se trouve derrière elle.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

La chef Doris Bill a toutefois tenu lors du forum électoral sur les questions autochtones à se faire entendre.

[Ces terrains] font peut-être partie de la solution, mais il y a d’autres solutions qui doivent être explorées. Loger les Yukonnais n’est pas la responsabilité de Kwanlin Dun, mais celle de tout le monde. Et le gouvernement a un rôle à y jouer.

Doris Bill, chef, Première Nation Kwanlin Dun

Quelle est l'importance de l'enjeu du logement au Yukon et quelle est la solution à la crise du logement?

Larry Bagnell, Parti libéral

« Depuis la dernière élection, nous avons mis en place une stratégie nationale du logement de 40 milliards de dollars, ce qui est supérieur à tout autre parti. Le plan vise à réduire de 50 % le nombre de sans-abri, éliminant plus de 530 000 ménages en besoin de logement, créant 100 000 nouveaux logements, réparant et renouvelant plus de 300 000 logis et protégeant 385 000 autres ménages de la perte d'un logement abordable. [...] Nous avons déjà financé un certain nombre de projets en lien au logement au Yukon, à Whitehorse et dans les zones rurales du Yukon. Nous avons plus de 25 initiatives en matière de logement ou d'itinérance avec les Premières Nations du Yukon. Mais il reste encore beaucoup à faire. » (soumis en français et réduit aux fins d’espace)

Justin Lemphers, Nouveau Parti démocratique

« Il faut davantage d’offres de logements pour la propriété, mais aussi pour la location. Le NPD suivra la direction des collectivités sur leurs besoins et adoptera une approche de “logement d’abord”. [...] Un gouvernement néo-démocrate collaborera avec les provinces, les territoires et les municipalités pour créer un demi-million de logements abordables pendant les 10 prochaines années. Ces derniers incluront des logements sociaux, communautaires, de logements hors marché et des coopératives. Nous nous assurerons que les investissements en logements abordables iront aux collectivités rurales et du Nord également. Notre investissement fédéral commencera avec 5 milliards de dollars en financement additionnel dans la première année et demie d’un gouvernement néo-démocrate. [...] Nous stimulerons la construction de logements abordables en exonérant la TPS au Yukon sur la construction de nouveaux logements locatifs abordables. » (réduit pour fins d’espace)

Lenore Morris, Parti vert

« La solution est de construire du logement abordable ET de rénover certains logements existants, particulièrement dans les communautés autochtones où les citoyens vivent dans des logements inadéquats et détériorés. J’aimerais voir le gouvernement fédéral investir plus d’argent, mais j’aimerais voir cet argent utilisé de façon plus efficace. Il faut augmenter l’offre de logements sociaux, mais aussi offrir des incitatifs au secteur privé pour construire des logements abordables, particulièrement pour la location, plutôt que des condos et des maisons dispendieuses. J’aimerais aussi que ces constructions servent d’opportunités pour la formation de main-d’oeuvre et la création d’emplois particulièrement dans les collectivités rurales. »

Jonas Jacot Smith, Parti conservateur

« En offrant des incitatifs tels que des réductions d’impôts ou des crédits d’impôt plutôt que d’augmenter les taxes sur les biens de tous les jours, comme la taxe sur le carbone, tous les Yukonnais pourront profiter de leur revenu durement gagné comme ils l’entendent. Nous proposons des réductions d’impôts pour les petites entreprises, les aînés et les jeunes familles, comme une allocation familiale non imposable qui donnera en moyenne 4000 $ par famille. Nous éliminerons la taxe sur le carbone et la TPS sur le mazout de chauffage, une nécessité ici au territoire. Je travaillerai pour que les Yukonnais aient plus d’argent dans leurs poches de façon à pouvoir payer pour leur logement. [...] Nous supporterons les Premières Nations du Yukon et leurs sociétés de développement avec le processus d’offre de terrains. »

Joseph Zelezny, Parti populaire

« En réduisant les impôts et l’influence du gouvernement dans la vie des gens et en éliminant des lois comme "C-69", ou la taxe sur le carbone ou le prix du carbone, qui nuisent à l’économie, cela donnera lieu à de la prospérité et une augmentation du revenu, ce qui permettra d’équilibrer la valeur d’une maison et le salaire annuel. Cet écart est trop grand. Les nombres d’immigrants doivent aussi être réduits à l’échelle du pays de façon à réduire la demande sur une offre limitée. »

Grand-Nord

Élections fédérales