•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le train de campagne entre en gare : fin de l'aventure!

Traverser l'ouest du pays en train, c’est prendre la mesure de l'immensité de ce pays. C’est aussi en saisir tous les contrastes.

Un train immobilisé.

Un train Via Rail en gare.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Marie-France Abastado

À l'occasion de la campagne électorale, les journalistes Janic Tremblay et Marie-France Abastado de Désautels le dimanche ont traversé le Canada en train à la rencontre des électeurs. Dernier envoi d’une série de cartes postales.

Rien ne semble plus dissemblable que les montagnes de la Colombie-Britannique et de l’Alberta et les champs à perte de vue des Prairies. Pourtant, ce n’est rien comparé à la diversité des intérêts et aux divergences d’opinion, en particulier sur l’exploitation pétrolière.

Passer de l’amour de la nature des Britanno-Colombiens au désir des Albertains de voir leur économie reprendre son souffle grâce à un pipeline qui passerait par la province voisine, c’est faire face à l’irréconciliable.

Des montagnes se dressent à l'horizon.

Dans le parc de Jasper en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Comme le disait un Franco-Manitobain d’adoption rencontré au cours de ce périple, je ne voudrais pas être à la place de Trudeau ou d’un autre premier ministre pour apporter des changements et faire avancer les Canadiens et les Canadiennes.

Des céréales cultivées dans un champ.

À Mount Hope en Saskatchewan

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Parcourir le pays en train d’ouest en est, de Vancouver à Montréal, c’est aussi constater la vétusté de notre chemin de fer. On est bien loin du train haute vitesse qui glisse à toute allure sur les rails.

Le train de VIA Rail qui fait la traversée de cette partie du pays date de plusieurs décennies, et ça se sent. Non seulement dans la décoration défraîchie – ce qui a sans doute peu d’importance – mais aussi dans les secousses incessantes au cours de certaines portions du trajet. Et c’est sans compter les retards quasi systématiques, souvent de plusieurs heures.

Il faut dire que les voies ferrées sont partagées avec d’autres compagnies de transport ferroviaire qui, avec leurs trains de marchandises, ont priorité sur VIA Rail et ses passagers. Bref, notre chemin de fer, l’épine dorsale autour de laquelle s’est bâti le Canada, est bien essoufflé.

Un couple assis à une table devant une fenêtre donnant sur un paysage des Rocheuses.

Un repas pris dans le wagon-restaurant de Via Rail.

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Mais la beauté des paysages, la gentillesse du personnel et la qualité du service à bord font tout oublier, ou presque. La fraternité qui s’installe peu à peu entre les voyageurs – pour la plupart des personnes âgées –, qui discutent au fil des repas dans la voiture-restaurant ou de parties de cartes dans la voiture d’activités, est aussi tout ce qu’il y a de plus sympathique.

Même chose pour les chansonniers qui donnent des prestations et agrémentent le voyage en couvrant les bruits du train. Et à moins d’avoir des reportages à faire ou des articles à envoyer, on a tout son temps.

Deux guitaristes.

Des musiciens du train

Photo : Radio-Canada / Marie-France Abastado

Car aller à la rencontre des citoyens et prendre le pouls de leur humeur électorale, c'est la mission qu’on nous avait donnée, à mon collègue Janic Tremblay et moi. Une formidable occasion de sentir et de transmettre les attentes, les critiques, bref les préoccupations des Canadiens.

Descendre dans chaque province de l’Ouest, la Colombie-Britannique, l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba, pour y faire des reportages et interviewer les voyageurs à bord du train qui venaient d’un peu partout au pays m’aura donné une vue d’ensemble sur ce que devraient être, selon les citoyens, les enjeux prioritaires des politiciens.

Mais pas la peine d'être journaliste pour entreprendre un tel voyage. L'agriculteur saskatchewanais, Laurent Denis, traverse souvent de grands pans du pays à moto. Il trouve que les Canadiens devraient voyager davantage chez eux avant d'aller à l'étranger.

Ça ouvre nos esprits, nos yeux, pas seulement à la beauté de notre pays, mais aussi aux autres Canadiens. Personne n’est si méchant que ça. Je ne suis certainement pas d’accord avec les opinions de bien des Québécois, mais quand on s’arrête pour prendre une bière et jaser avec quelqu’un de l’autre bout du pays, on se dit qu’on est tous Canadiens, qu’on a ça en commun et que c’est quelque chose qu’on devrait chérir.

Laurent Denis
Marie-France Abastado souriante.

La journaliste Marie-France Abastado de Désautels le dimanche.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

J’ai entrepris mon périple dans l’ouest du pays à bord d’un train qui s’est arrêté en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario. Je vous rapporte quelques cartes postales témoignant de mes rencontres. Vous pourrez aussi me suivre à l’émission Désautels le dimanche à 10 h.

Notre dossier Élections Canada 2019

Politique fédérale

Politique