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Interactions en anglais dans une école francophone : des parents témoignent

« Les interactions en anglais dans l’école doivent cesser », soutient un père.

Le Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, un enfant sur cinq qui commence la maternelle au District scolaire francophone Sud est anglophone. Des parents francophones jugent que le français de leurs enfants souffre de l’emploi, à leur avis trop courant, de l’anglais à l’école.

Pour Caroline Brunelle et Alex St-Onge, des parents de deux familles distinctes, le choix était clair : ils voulaient une éducation en français pour leurs enfants. Leur seule option était le Centre scolaire Samuel-de-Champlain.

Habitant ici, c’était la seule école qui était disponible qui est supposée offrir une éducation 100 % en français à mes deux filles, indique M. St-Onge, qui a déjà travaillé à cette école.

Mais la réalité, affirme-t-il, est toute autre. L’anglais y serait couramment entendu.

Ça se voit immédiatement. Tu rentres dans l’école, tu entends les enfants qui se parlent en anglais entre eux autres. J’ai vu des professeurs, des enseignants, parler en anglais avec les parents. J’ai vu aussi les activités socioculturelles ici présentées en anglais et en français dans les discours de bienvenue, raconte le père originaire d’Edmundston.

Il y a une grosse influence anglophone sur mes deux filles francophones, poursuit Alex St-Onge.

De son côté, Caroline Brunelle soutient que l'anglais prend parfois le dessus, au détriment du français, qui est pourtant la langue de l'institution. C’est très rare qu’on entende parler en français. Puis dans la cour de récréation, si je ne savais pas que c'était l'école Samuel-de-Champlain, que c'était une école francophone, je croirais que c'est une école anglophone.

Un homme dans une bibliothèque.

Alex St-Onge.

Photo : Radio-Canada

Les deux parents expliquent avoir constaté des impacts négatifs sur leurs enfants.

J’ai déjà consolé mes enfants parce qu’ils se sont fait intimider, ici à l’école, parce qu’ils parlent français ou parce qu’ils refusent de parler en anglais avec d’autres groupes d’amis. Des fois, ils se sentent seuls parce que les anglophones jouent ensemble. Les francophones souvent sont laissés à l’écart, confie Alex St-Onge.

Les parents demandent à la direction scolaire de mieux encadrer l’établissement pour qu'il soit complètement francophone et que les échanges entre les élèves se fassent en français.

Les interactions en anglais dans l’école doivent cesser, mentionne M. St-Onge. Les élèves qui viennent ici ont des conversations en anglais dans les endroits communs de l’école.

Il croit que cette situation a un effet négatif sur la qualité du vocabulaire de ses enfants, et ce, même si tout se déroule en français à la maison.

En mathématiques, ils suivent exactement le même curriculum qu’ils devraient suivre pour des enfants de leur âge. Par contre, lorsque je regarde au niveau du français, je vois que c’est au moins une année en retard sur ce qui est dans les livres, affirme Caroline Brunelle.

Une femme dans une bibliothèque.

Caroline Brunelle.

Photo : Radio-Canada

En actes concrets, la protection de la langue pour qu’elle soit la langue principale qui est utilisée à l’école, ce n’est pas ce qui se passe en ce moment, déplore la mère.

Peut-être [que l’école] est en train de se transformer – et là, c’est un terrain glissant – peut-être en train de se transformer plus en école d’immersion qu’en école 100 % francophone, se questionne Alex St-Onge.

Plus de 700 élèves de la maternelle à la 12e année fréquentent le Centre scolaire Samuel-de-Champlain.

D’après le reportage de Wildinette Paul

Nouveau-Brunswick

Francophonie