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Nécropsie sur un épaulard d'Atlantique Nord pour percer le mystère de cette espèce

Un énorme épaulard est soulevé à l'aide de cordes.

La carcasse d'un épaulard a été retrouvée au large des côtes de Terre-Neuve au début du mois d'octobre.

Photo : @drjwlawson / Twitter

Marie-Isabelle Rochon

C'est un événement rare pour les chercheurs à Terre-Neuve-et-Labrador. Une carcasse d'épaulard a été retrouvée, complètement intacte, au large des côtes. La nécropsie de l'animal a permis d'en apprendre davantage sur la population d'épaulards de l'Atlantique Nord, une espèce encore énigmatique pour les chercheurs.

Un épaulard mâle de 4,3 tonnes est mort empêtré dans des mailles de filets de pêche il y a deux semaines, en octobre. La carcasse a été rapportée intacte jusqu'au quai du port de Beaumont, un village de la côte nord de Terre-Neuve. Les chercheurs ont découpé certaines parties de l'animal pour pouvoir l'étudier. La dorsale, le crâne et les intestins du jeune épaulard ont été rapatriés aux laboratoires du ministère des Pêches et des Océans à Saint-Jean.

Jack Lawson travaille pour Pêches et Océans depuis 2003 et étudie les différentes populations de baleines à Terre-Neuve. Il n'a jamais effectué de nécropsie sur un épaulard de toute sa carrière. C'est un événement exceptionnel selon lui.

Le chercheur Jack Lawson se tient debout à côté de la dorsale et du crâne de l'épaulard.

Le chercheur Jack Lawson effectue la nécropsie de l'épaulard dans les laboratoires de Pêches et Océans à Saint-Jean.

Photo : CBC / Eddy Kennedy

Contrairement à l'épaulard de Colombie-Britannique, l'épaulard de l'Atlantique Nord est très peu connu des chercheurs.

Un accroissement de la population

Au large des côtes de Terre-Neuve et du Labrador, on recense quelques centaines d'individus, alors que dans le golfe du Saint-Laurent ou en Nouvelle-Écosse, on constate que leurs visites se font plutôt rares.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les groupes d'épaulards étaient tués, car les soldats en avaient une peur bleue.Ils avaient peur d'être tués par les épaulards, si leur bateau en venait à être coulé par les sous-marins allemands, explique Jack Lawson. La chasse a aussi contribué à la diminution de la population.

Mais aujourd'hui, Jack Lawson constate un changement notable. Ils étaient peu nombreux en Atlantique Nord, mais on semble voir une augmentation. On voit de plus en plus de jeunes épaulards, explique-t-il. C'est peut-être parce qu'il y a beaucoup de mammifères marins dans nos eaux qui leur permettent de s'alimenter.

Une nécropsie pour faire avancer la recherche

Les petites bosses sur la dorsale de l'épaulard sont comme des empreintes digitales. Elles serviront à identifier l'épaulard et à voir s'il avait auparavant déjà été photographié par les chercheurs.

L'équipe analysera aussi les dents de l'épaulard pour déterminer l'âge et l'alimentation de l'animal. Il a de belles dents pointues. Il ne mange probablement pas de requins ou de raie, comme c'est le cas des épaulards de la Colombie-Britannique, explique Jack Lawson.

Mais ce qui intéresse surtout Jack Lawson, c'est de savoir ce qui se retrouve dans les intestins. J'espère retrouver des restants de poissons, peut-être des griffes de phoques ou des dents de dauphins, explique-t-il. C'est un peu comme déballer un cadeau de Noël... on ne sait pas ce qu'on va trouver avant de le déballer!

Un petit morceau de plastique est retrouvé dans les intestins de l'animal.

Un petit morceau de plastique est retrouvé dans les intestins de l'animal

Photo : CBC / Eddy Kennedy

Le crâne de l'animal quant à lui sera placé dans un sac, dans l'océan, afin que des microorganismes décomposent les tissus et le gras autour des os.

Terre-Neuve-et-Labrador

Faune marine