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Les Oilers n’ont pas (encore) gagné l’échange Neal-Lucic

Montage photo, à gauche, Milan Lucic tente de bloquer la vue du gardien des Canucks durant un match, à droite, James Neal célèbre après avoir marqué un but.

Les Flames et les Oilers ont fait l'impensable lors de la saison morte en s'échangeant deux joueurs aux gros contrats.

Photo : USA Today Sport

Patrick Henri

Après sept matchs, le nouveau porte-couleurs des Oilers, James Neal, a marqué huit buts. C’est un de plus que la saison dernière en 63 rencontres avec Calgary.

Milan Lucic, acquis par les Flames contre Neal, n’a pas encore touché la cible. Mais affirmer dès maintenant que les Oilers sont les « grands gagnants » de cet échange est prématuré.

Le nouveau directeur général des Oilers, Ken Holland, et celui des Flames, Brad Treliving, n’ont pas respecté le vieil adage selon lequel on ne doit pas échanger un joueur à une équipe de sa propre division.

Les deux hommes se sont échangé des contrats faramineux, et les joueurs qui les accompagnent.

Jusqu’à maintenant les Oilers semblent avoir remporté l’échange, mais c’est peut-être une fausse impression.

Les huit buts de James Neal

Après sept rencontres l’an passé, James Neal n’avait marqué qu’un seul but. Après le même nombre de matchs cette saison, Lucic a été blanchi de la feuille de pointage.

Malgré les huit buts de Neal en octobre cette année, les Flames ne sont donc en déficit que d’un seul but par rapport à la dernière saison.

Durant la même période en octobre 2018, Milan Lucic avait inscrit un but avec les Oilers. Grâce à Neal, Edmonton a un excédent de sept buts.

Sur cet aspect, il n’y a aucun doute, les Oilers sortent gagnants, mais les Flames ne sont pas trop perdants. 

La présence de Milan Lucic

La saison dernière, lors du premier match de la saison, le défenseur des Flames Travis Hamonic s’est battu avec Erik Gudbranson. Hamonic a voulu venger son coéquipier Dillon Dubé, victime d’une mise en échec sournoise de la part du grand défenseur des Canucks.

Dans ce combat, Hamonic a subi une fracture à un os du visage, il a raté les huit matchs suivants.

Hamonic n’a jamais eu peur de se battre quand il le fallait, mais perdre les services d’un de leurs quatre meilleurs défenseurs pour 10 % de la saison était loin d’être la situation idéale pour les Flames.

Cette saison, lors du premier match au Colorado, Austin Czarnik a subi une mise en échec illégale de la part du défenseur de l’Avalanche, Nikita Zadorov. Cette fois, c’est Milan Lucic qui est venu à la défense de son coéquipier.

Lucic a écopé de 17 minutes de punition sur la séquence, mais il a surtout démontré aux adversaires des Flames que c’était maintenant à lui qu’on aurait à se frotter si on manquait de respect envers un joueur de Calgary.

Après sept matchs l’an passé, Hamonic n’en avait joué qu’un seul. Cette saison, il n’en a raté aucun. Les Flames ont donc un excédent de six matchs, ils sont gagnants sur cet aspect.

Côté robustesse, après sept duels en 2018, les Flames occupaient le 28e rang avec 98 mises en échec. Cette saison, l’équipe de retrouve en 19e position avec 129. Lucic est le meneur de l’équipe avec 21.

Les Oilers n’ont pas trop souffert du départ du numéro 27. L’absence de Lucic a été comblée par Zack Kassian, Darnell Nurse et Jujhar Khaira.

Hockey des séries

Après avoir dominé toutes les équipes de l’Ouest en saison, les Flames se sont fait éliminer en cinq rencontres par l’Avalanche du Colorado. Une des raisons qui explique cette élimination hâtive a été le manque de robustesse de l’équipe.

Le jeu en séries éliminatoires est différent de celui de la saison. La preuve, les quatre champions de division (Calgary, Nashville, Washington et Tampa Bay) ont tous été éliminés lors au premier tour.

L’ajout de Lucic à la formation fera des Flames une équipe différente lors des séries éliminatoires.

Non seulement le hockeyeur de 31 ans a une vaste expérience en séries, avec 114 rencontres, mais il a connu du succès avec 70 points, dont 28 buts.

Avant de penser remporter des matchs de séries, les Oilers doivent se qualifier pour y participer.

Les Oilers comptaient sur trop de joueurs robustes et pas assez de marqueurs. À l’opposé, sept joueurs des Flames ont inscrit plus de 15 buts l’an passé. L’équipe pouvait donc se permettre de sacrifier James Neal, surtout qu’il ne semblait pas y avoir une grande entente entre lui et l’organisation.

Est-ce qu’il doit toujours y avoir un seul gagnant?

Un directeur général ne procède pas à un échange en se disant : « Je serai perdant, c’est certain. » Quelques jours, quelques semaines, quelques mois ou même quelques années plus tard, on peut juger qu’une équipe a perdu ou gagné un échange, mais il n’y a pas toujours qu’un seul gagnant.

C’est à la fin de la saison qu’on pourra faire une première évaluation de l’échange entre les deux rivaux albertains.

Si les Oilers n’arrivent pas à se qualifier pour les éliminatoires, malgré la présence de Neal, ils n’auront pas accompli leur objectif.

Si les Flames n’arrivent pas à franchir le deuxième tour des éliminatoires, on pourra dire que l'échange n’a pas eu un grand impact.

Et si les deux équipes s’affrontaient? Ce serait l’occasion rêvée de pouvoir juger si l’échange a été favorable à une ou aux deux formations.

La période d’évaluation se poursuivra comme ça chaque année en avril, jusqu’en 2023, date d’échéance des contrats des deux attaquants.

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