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Il y a 150 ans, Louis Riel s'opposait aux arpenteurs canadiens

Une statue de Louis Riel.

Les arpenteurs ont continué à travailler vers l’ouest, mais ce geste symbolique des Métis, menés par Louis Riel, a marqué l’histoire.

Photo : Radio-Canada / TREVOR LYONS

Chloé Dioré de Périgny

Le 11 octobre 1869, Louis Riel à la tête d’un groupe de Métis s’opposait aux Canadiens envoyés pour arpenter les terrains de l’Ouest. L’historien Philippe Mailhot revient sur cet événement historique, démêlant légende et réalité. 

Cet événement du 11 octobre constitue le premier acte public de la résistance de la rivière Rouge, rappelle Philippe Mailhot. 

Au printemps 1869, la Compagnie de la Baie d’Hudson conclut des négociations avec le gouvernement du Canada pour lui céder son territoire, dont ses terres de l’Ouest.

L’entente officielle sera signée le 1er décembre, mais, pour s’y préparer, le gouvernement envoie des arpenteurs pour confirmer les lots existants.

Personne n’avait parlé aux gens d’ici : ni le gouvernement d’Angleterre, ni la Compagnie de la Baie d’Hudson, ni le gouvernement du Canada, souligne l’historien. Tout était basé sur des rumeurs.

Les Métis étaient méfiants de ces milices canadiennes.

Selon la légende, les arpenteurs arrivaient afin de « prendre les lots de la rivière Rouge et de découper les terrains » pour installer les nouveaux arrivants, dit Philippe Mailhot. Les habitants de la rivière Rouge se seraient alors imposés pour les arrêter.

Ils ne venaient pas pour découper les terrains, mais c’était une ligne de référence qu’ils arpentaient pour qu’une fois arrivés dans le coin de Sainte-Anne ils puissent lancer leur première township, nuance l’historien.

Philippe Mailhot explique que, en réalité, les Métis se sont réunis plusieurs fois pendant l’été 1869 pour préparer une « protestation manifeste ».

Les Métis prenaient de l’attitude, ils disaient que le gouvernement canadien n’avait pas le droit de faire ce qu’il voulait de la rivière Rouge sans consulter les gens, ajoute-t-il.

Les arpenteurs se sont fait aviser que, s’ils se présentaient dans le coin de Sainte-Anne, ils seraient chanceux de garder leur tête sur leurs épaules. C’était tendu.

Philippe Mailhot, historien

Louis Riel mène l'opposition

Le 11 octobre, en voyant l'arpenteur arriver au loin, Louis Riel et environ 13 hommes ont traversé le terrain voisin pour lui dire de s'arrêter. 

Janvier Ritchot, apparemment, a placé le pied sur la chaîne de l’arpenteur [John Stoughton] Dennis, puis les autres l’ont suivi, explique l’historien, en ajoutant qu’un Canadien a pris les noms de Louis Riel et de ses hommes en note avant de plier bagage.

Louis Riel a ensuite dû se présenter auprès de la Compagnie de la Baie d’Hudson, où il a appris que l’accord n’avait pas encore été signé, poursuit Philippe Mailhot.

C'est là que le mouvement de Riel a pris de l’allure, indique l’historien. Tout le monde savait qu’il fallait agir, mais les gens ne savaient pas quoi faire.

C'est ainsi que Louis Riel est devenu la figure de proue de la communauté métisse et a été considéré comme un « homme d’action ».

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