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200 ans plus tard Frankenstein renaît en ballet!

L'image d'un homme monstre devant une chaîne de montagnes et un éclair.

Un premier ballet d'horreur pour le Alberta Ballet

Photo : Alberta Ballet

Lyssia Baldini

Frankenstein, qui célèbre cette année son 201e anniversaire, revient sous une toute nouvelle forme, en ballet d'horreur, à l'occasion de l'Halloween. C'est une première production de ce genre pour l'Alberta Ballet.

On a réalisé qu’il y avait un énorme public qui avait un appétit pour des ballets à l’Halloween et on a fait des recherches en Amériques du Nord, et il n’y a pas beaucoup de ballets inspirés de thèmes d’horreur, alors on a décidé de créer le nôtre. Après beaucoup d’études, j’ai trouvé Frankenstein… Ça a été une histoire qui m’a tout de suite emballée.

Jean Grand-Maître, directeur artistique
Un homme habillé d'un sarrau blanc, taché de sang, semble effrayé en regardant un homme couché sur sa table d'opération.

"Cette descente aux enfers nous amène au questionnement posé par l'auteure: si les sciences évoluent sans éthique, où s'en va-t-on?" Jean Grand-Maître

Photo : Alberta Ballet

Considéré comme l’un des premiers romans de science-fiction, Frankenstein a été écrit par Mary Shelley, une jeune auteure de 18 ans. Ce récit peut sembler encore plus réel aujourd'hui à une époque ou les technologies et le savoir ne semblent avoir aucune limite.

Frankenstein pour moi ça représente vraiment cette idée qu’on a de la science qui court de tous les côtés sans éthique et sans lois. J’ai lu dernièrement sur des expériences qui se font dans le monde, on mélange des gènes d'humains et d'animaux… Des histoires d’horreur. Et je réalise que Mary Shelley voyait ce qui pourrait arriver. C’est une réflexion qu’on peut encore se faire à travers ses grandes réflexions à elle, encore aujourd’hui.

Jean Grand-Maître
Un homme se tient devant une bâtisse en briques.

"Il y a certains personnages clés qui nous amènent à une histoire de passion et de tension, à la création d'un monde sans Dieu. Parce que si on donne la vie à la mort, il n'y a plus de Dieu et ce sont des thèmes qui m'ont vraiment inspiré." Jean Grand-Maître

Photo : Radio-Canada

C’est pourquoi les concepteurs ont suggéré à Jean de transporter son Frankenstein d’il y a 200 ans à l’époque d’aujourd’hui.

Les concepteurs :

  • Chorégraphie : Jean Grand-Maître
  • Conception sonore : Claude Lemelin
  • Costumes : Anne-Séguin Poirier
  • Conception scénique : Guillaume Lord
  • Projection : Adam Larsen
  • Éclairage : Pierre Lavoie

Après deux ans de préparation, l’équipe de six concepteurs se retrouve à Banff, en juillet dernier (2019) pendant deux semaines, pour élaborer et produire le projet. Le processus débute avec la création de la chorégraphie en studio à l’aide de 12 danseurs.

Esquisse d'un des costumes de la créature

Ensuite c'est le raffinement de tous les concepts scéniques: son, décors, costumes et maquillage.

Photo : Alberta Ballet

En tout, la production présente 35 danseurs-interprètes de partout dans le monde, plus de 180 costumes, plusieurs adaptations de compositions du 19 et 20e siècle et des décors projetant le public de la Floride au Yukon.

La créature de Frankenstein tente de se relever de sa table d'opération.

Suite à deux semaines de séquestration à Banff, l’équipe se retrouve à nouveau à Montréal pour établir ce qu’on appelle le “timing” de la trame et des effets sonores, afin de créer une ambiance surnaturelle.

Photo : Alberta Ballet

« C’est un ballet surréel, surnaturel dans la magie de Mary Shelley alors il faut créer une magie sur scène... Et avec ces concepts-là, on va essayer de connecter tous ces éléments en deux jours de répétitions sur scène, avant la grande première mondiale. C’est compliqué, mais on travaille chacun avec les technologies modernes, ce qui nous permet de réunir nos éléments et à produire le ballet en un temps record », explique le directeur artistique.

Plusieurs danseurs de ballet se pratiquent dans un studio.

Les danseurs auront pratiqué pendant six semaines pour la production du ballet "Frankenstein".

Photo : Radio-Canada

Des défis il y en a, non seulement pour l'équipe de production, mais aussi pour les danseurs qui doivent interpréter un rôle tout en dansant.

Kelley Mckinlay, danseur depuis maintenant 18 ans pour le Alberta Ballet, interprète Victor Frankenstein, le créateur de la créature. Jeune étudiant, Victor a cette idée de ramener ce qui est mort de nouveau à la vie, mais une fois qu'il a réussi, il réalise l'impact de son geste et tombe dans une série d'émotions complexes. Était-ce la bonne chose à faire, jouer à être Dieu, d'une certaine façon?

Observant les conséquences de son geste, la mort et la terreur causées autour de lui par la créature, Victor est rongé par la culpabilité.

Un homme se tient debout devant des miroirs dans un studio de danse.

"Ça devient un ballet de culpabilité et de regrets. Se blâmer pour tout finalement, alors c'est vraiment sombre." Kelley Mckinlay

Photo : Radio-Canada

Il y a des moments où il faut vraiment creuser à l'intérieur de soi-même et se concentrer pour ressentir le sentiment voulu, à cet instant même. Ça peut être très difficile de se mettre dans ce genre d'émotions lorsqu'on est seul sur scène. Alors Jean nous a donné beaucoup d'éléments visuels pour nous aider. J'essaie aussi de penser à des expériences réelles et personnelles parce que c'est comme ça qu'on arrive à faire vivre de vraies sensations au public.

Kelley Mckinlay, danseur

Zacharie Dun, quant à lui, interprète "la créature". Cela fait deux ans qu'il fait partie de la troupe de l'Alberta Ballet et il est enchanté de jouer ce rôle.

Un homme se tient debout dans un studio de danse.

"C'est vraiment excitant parce que c'est une toute nouvelle production et c'est un rôle que l'on peut créer à notre image." Zacharie Dun

Photo : Radio-Canada

C'est définitivement plus exigeant qu'un ballet classique. C'est tout un autre vocabulaire de mouvements, surtout pour "la créature", une tension que l'on veut créer avec notre corps. Ce n'est pas simplement étendre un bras, c'est plutôt, comme Jean me dit : "Et maintenant tu vas bouger ton 3e doigt". C'est très spécifique et c'est ce qui rend l'expérience très spéciale.

Zacharie Dun, danseur
Un homme se tient debout et porte un manteau gris et une longue perruque frisée sous un chapeau.

"C'est toute une épreuve de danser avec cette perruque sur la tête, mais l'équipe de designers et des costumes ont travaillé fort ensemble pour créer quelque chose qui soit réaliste et confortable pour danser". Zacharie Dun

Photo : Alberta Ballet

Frankenstein

C'est notre vision de la grande oeuvre littéraire et puis en même temps c'est une transposition contemporaine ultra avant-garde mais avec un vocabulaire de danse très athlétique et très dramatique aussi.

Jean Grand-Maître

« Quand on pense à l'art du ballet classique, on pense beaucoup au 19e siècle même au 18e siècle, mais la danse classique a beaucoup évolué. Beaucoup de grands chorégraphes européens, et aussi des Américains qui ont travaillé en Europe, ont brisé les règles, ont réinventé la narration à travers la danse, à travers les éléments scéniques. Et c'est intéressant parce que c'est cette cette révolution, qu'on a aussi vue pendant les années où j'ai vécu à Montréal, avec Robert Lepage qui fusionnait si bien la danse avec le théâtre, avec la poésie et des nouvelles conceptions technologiques de théâtre, » explique le directeur artistique.

Jean Grand-Maitre donne des explications de sa chaise, en studio de danse.

«J'ai grandi dans ce milieu-là et ça m'a inspiré à toujours vouloir créer des ballets avec plusieurs concepteurs, qui m'amènent des univers différents.» Jean Grand-Maître

Photo : Alberta Ballet

« Et ce choc-là, nous amène dans des esthétiques complètement nouvelles. Alors pour la danse, ça a évolué beaucoup, et maintenant on voit que même au niveau des ballets narratifs, on approche cette esthétique-là d'une façon complètement nouvelle avec le 21e siècle et ce qu'on peut trouver maintenant. Ça a influencé, le cinéma, le théâtre et même le ballet. Alors un ballet d'horreur c'est rare dans la danse classique, dans le répertoire classique parce que c'est difficile à réussir, mais c'est quand même un genre que je voulais exploiter », confie-t-il.

Voici le reportage complet.

Le ballet de l'horreur

Frankenstein est présenté à l'auditorium Jubilee de Calgary du 23 au 26 octobre et du 31 octobre au 2 novembre à celui d'Edmonton.

Note : Il est important de mentionner que le ballet n'est pas recommandé pour les enfants ni pour les âmes sensibles.

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