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L'administration Plante souhaite un Montréal « zéro déchet » d'ici 2030

Le reportage de Maxime Bertrand

Photo : Radio-Canada / Vianney Leudiere

Montréal, ville zéro déchet d'ici 2030. C'est du moins l'objectif ambitieux que s'est donné l'administration Plante en dévoilant son projet de Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025.

Cette vision audacieuse – décrite dans l'alignement stratégique de la déclaration Advancing Towards Zero Waste signée par Valérie Plante lors de la réunion des maires du « C40 Cities » à Copenhague – doit contribuer à cet objectif « futuriste » d'une agglomération zéro déchet.

Avec un tel plan, Montréal met en place les conditions nécessaires pour offrir une gestion efficiente et flexible des matières résiduelles. Nous agissons tant sur le front technologique, économique, culturel, des infrastructures, que du déploiement des services.

Jean-François Parenteau, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal

Le plan qu'on présente aujourd'hui, et jusqu'en 2025, va nous permettre d'analyser différentes avenues d'écofiscalité, explique Laurence Lavigne Lalonde, responsable de la transition écologique et de la résilience au comité exécutif.

Pour ce faire, le plan repose sur trois orientations stratégiques afin de tendre au mieux vers l'objectif de 2030 :

  1. La réduction des déchets à la source;
  2. Le détournement des matières organiques de l'enfouissement;
  3. La mobilisation des parties prenantes.

Selon des chiffres émis par la Ville, les quantités de matières résiduelles auraient baissé de 8 %, passant de 534 kg/an à 465 kg/an par habitant entre 2010 et 2018. Néanmoins, ces matières produites annuellement – qu'elles soient recyclables, organiques ou faites d'un autre composant – connaissent des issues différentes : la récupération ou l'élimination.

L'un des principaux objectifs du plan directeur s'inscrit à cet effet dans le détournement de 85 % des matières résiduelles de l'enfouissement d'ici 2030, prévoyant des taux de récupération plus conséquents, et ce dès 2020.

Logistique complexe de gestion

La gestion des matières résiduelles des deux millions de personnes vivant dans l'agglomération de Montréal nécessite indubitablement une logistique complexe.

Cinq types de collecte sont effectuées à la porte :

  • Recyclables
  • Alimentaires
  • Résidus verts
  • CRD (secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition)
  • Ordures ménagères

Les matières résiduelles collectées, qu'elles soient éliminées ou récupérées, sont principalement composées de matières recyclables et organiques. Le reste est constitué d'autres matières telles que les résidus non valorisables ou encore celles résultant du secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition – qui devraient désormais faire l'objet d'une clause de récupération (laquelle serait ajoutée aux devis des contrats de construction).

L'objectif de réduction de 10 % de la quantité de déchets municipaux produits par habitant d'ici 2025 et de 20 % d'ici 2030 s'inscrit donc logiquement dans le Plan présenté jeudi.

Dix kilos par habitant et par année, c'est un objectif qui est ambitieux. Mais on pense qu'on en est rendu là, collectivement il faut absolument qu'on fasse ces efforts.

Laurence Lavigne Lalonde, responsable de la transition écologique et de la résilience au comité exécutif, Ville de Montréal

On a annoncé qu'on dévoilerait courant 2020 un projet de règlement pour interdire le plastique à usage unique. Si les gens n'ont plus accès à cette matière, alors ils n'auront plus besoin de la mettre à la poubelle. On veut réduire [les déchets], mais on veut aussi s'assurer d'accompagner au mieux les citoyens, explique Mme Lavigne Lalonde.

Contribution à la transition écologique :

Le Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025 met en avant que le secteur de la récupération génère davantage de retombées économiques que l'élimination.

En donnant priorité aux « 3RV-E » (réduction, réemploi, recyclage, valorisation et élimination) une municipalité réaliserait une croissance économique plus grande.

Il faut également souligner que la Chine – qui est le plus grand importateur de matières recyclables au monde – a augmenté ses exigences quant à la qualité des matières recyclées. L'indice du prix moyen des matières est passé de 154 $ à 20 $ par tonne entre janvier 2017 et septembre 2019, ce qui limite les possibilités de valorisation.

Réduire le gaspillage alimentaire...

Une des mesures phares de ce plan est la réduction de 50 % du gaspillage alimentaire d'ici 2025 – estimé à ce jour à 3,4 milliards de dollars – notamment par l'interdiction progressive de l'élimination des matières organiques pour les commerces et les épiceries. Il y aura des sanctions, c'est certain [...], mais l'objectif n'est pas de donner des amendes, on veut inciter les bons comportements. Par exemple, si les denrées ne peuvent pas être données, on veut qu'elles soient compostées, poursuit Mme Lavigne Lalonde.

... et le gaspillage vestimentaire

L'interdiction de l'élimination des invendus textiles entre également en ligne de compte dans cet objectif de zéro déchet. La Ville de Montréal prévoit à ce titre de faciliter les dons et de valoriser les textiles :

Est-ce qu'il y a possibilité de faire autre chose que simplement jeter les vêtements? Oui.

Laurence Lavigne Lalonde

Dans un premier temps, en faisant des partenariats avec des organismes qui redistribuent les vêtements aux familles dans le besoin. Et dans un deuxième temps, en travaillant avec Québec pour regarder certaines législations [...]. Pour le moment, on est la seule province qui ne peut pas utiliser ces matériaux pour faire du rembourrage, renchérit Mme Lavigne Lalonde.

Selon la responsable de la transition écologique, l'aide d'autres paliers de gouvernement est essentielle pour consolider l'objectif de zéro déchet : On a besoin de Québec pour certaines réglementations, on a aussi besoin du gouvernement fédéral pour toute la question des plastiques qui sont autorisés sur le territoire montréalais.

Le Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025 sera pour sa part soumis à une consultation publique avant d'être présenté le 14 novembre à une séance publique.

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