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Paris Podcast Festival : l’univers du balado n’est plus qu'en ébullition, il explose

Deux hommes, avec des casques d'écoute, écoutent un balado.

Le deuxième Paris Podcast Festival s'amorcera vendredi.

Photo : Site web : Paris Podcast Festival

Angie Landry

Vendredi s’amorcera le deuxième Paris Podcast Festival, rendez-vous rassemblant créateurs, amateurs et géants du domaine de la baladodiffusion. Et son directeur artistique, Pierre Sérisier, affirme que l’écosystème du balado n’est plus « émergent » – il a pris d’assaut la sphère audio.

430. C’est le nombre de productions soumises pour le Paris Podcast Festival en 2019, événement qui attire déjà beaucoup l’attention, et dont l’enthousiasme qui s’en dégage est symptomatique de la place que prend désormais la baladodiffusion sur la planète.

Et le Québec tire assez bien son épingle du jeu.

Dans le volet compétitif du festival, deux productions d’ICI Première, Ferry et Chemin de croix, sont en lice dans la catégorie « francophone ». On y retrouve d’ailleurs la série Tout ouïe, une coproduction Québec-Belgique réalisée par Magnéto.

Le balado dans la cour des grands

Certaines personnes diront que les artisans et les artisanes de la baladodiffusion ne réinventent pas la roue. Et elles n’ont pas tort.

En réalité, et de manière rationnelle, on peut dire que le balado est en soi un simple enregistrement radiophonique dont l’écoute ne se fait pas en direct.

Mais si le médium s’impose, c’est parce qu’il apporte quelque chose de plus grand que ces fictions radiophoniques et radioromans qui ont été autrefois tant appréciés du public.

Là, on est dans quelque chose de plus en plus sophistiqué, de plus en plus travaillé, construit, extrêmement bien écrit avec des thématiques qui n’existaient peut-être pas auparavant, dit Pierre Sérisier, directeur artistique du Paris Podcast Festival. Il y a toujours, évidemment, les habituels récits policiers, les thrillers ou les comédies, mais de plus en plus, on voit de la science-fiction, par exemple, ou des sujets qui n’étaient pas forcément abordés parce que leur univers est compliqué et qu’il est difficile à retranscrire quand on ne le voit pas les images.

Si le premier Paris Podcast Festival a été marqué en 2018 par une majorité d’œuvres liées au féminisme, à la parole des femmes ou à des productions en lien avec le mouvement #MoiAussi, Pierre Sérisier remarque que c’est plutôt la fiction qui pullule parmi les productions en lice pour la compétition officielle cette année.

Le récit fictionnel arrive en force. On est assez heureux de ça parce que la fiction, on sait bien que c’est ce qu’il y a de plus coûteux à produire, même en audio. Ça coûte beaucoup moins cher que la télévision, mais ça prouve qu’il y a de l’argent qui commence à arriver dans cet écosystème.

Pierre Sérisier

Le balado de fiction est en train d’évoluer, ajoute-t-il, et sans doute en train d’acquérir de la maturité, de se professionnaliser. Il y a des talents qui émergent déjà et qui vont continuer à le faire, à la fois dans les scénarios, mais aussi dans la réalisation. Dans toute l’étendue sonore et dans le travail sur le son, puis aussi, parmi les comédiens qui peuvent trouver là une porte de l’expression pour leur talent.

Le roman policier comme moteur

Le Paris Podcast Festival, c’est le fruit d’un amour du récit audio et de l’envie de partager cette passion, a expliqué en entrevue Pierre Sérisier.

Ce dernier baigne depuis les années 1990 dans le roman policier. Il précise d’ailleurs que c’est un peu par cette voie qu’il a abouti dans l’univers de la baladodiffusion.

C’est vraiment un hasard. Dans une autre vie, au début des années 1990, je me suis occupé de romans policiers. C’était une époque en France où les gens ne s’intéressaient pas trop à ce genre. Ce n’était pas une littérature qui était très bien considérée, affirme-t-il.

Et quelques années plus tard, les séries policières télévisées ont commencé à être de plus en plus populaires en raison de la venue des grandes plateformes de diffusion en ligne, pour ne pas nommer Netflix, et l’engouement a un peu lassé Pierre Sérisier.

Je ne retrouvais plus tout à faire ce qui me plaisait, qui était de raconter des histoires. Puis je suis tombé un peu par hasard sur les balados et j’ai retrouvé ce plaisir du récit, de la narration, des univers que l’on ne connaît pas, que l’on découvre, celui de la fiction, du documentaire, etc.

Pierre Sérisier

Il existe déjà quelques festivals qui célèbrent le balado en Amérique du Nord, notamment à Chicago ou à Cleveland, aux États-Unis, au Canada anglais, à Vancouver ou à Ottawa, puis au Québec, à Gatineau et à Montréal.

Avec un ami, il a eu envie de faire partager à l'auditoire des récits audio son amour du balado en France, de créer un événement festif pour célébrer cette forme d’art.

Ce qui nous plaisait bien, c’était l’idée que très souvent, le podcast, vous l’écoutez seul. Vous avez un casque, votre téléphone, ou vous êtes devant votre ordinateur. On s’est dit c’est que, ce qui serait rigolo, ce serait de prendre le contre-pied, et d’écouter tous ensemble, soutient-il.

Le but, c’était de trouver un moment, un temps, dans l’année, où ceux qui écoutent des balados seuls viennent écouter, tous ensemble, et partagent leurs expériences, leurs émotions, leur ressenti.

Pierre Sérisier

Monsieur et madame Tout-le-Monde à l’écoute

Les productions en lice dans la compétition officielle du Paris Podcast Festival sont casées dans sept catégories distinctes : apprentissage, conversation, documentaire, fiction, francophone et jeunesse – le prix pour cette catégorie sera d’ailleurs attribué par un jury entièrement composé d’enfants.

Et pour Pierre Sérisier, il n’était pas question de se mêler au processus de sélection.

En fait, l'organisation du festival n’intervient pas. Nous sommes absolument neutres, donc en fait, on n’a pas notre mot à dire, précise-t-il.

L’organisation du festival a donc créé un comité de sélection, en contactant des personnes de divers horizons : des enseignants et enseignantes, des fonctionnaires, des journalistes, des ingénieurs du son, etc. « Tout un tas de gens qui avaient pour seul point commun, je dirais, d’aimer le podcast et d’en écouter », soutient le directeur artistique.

Après un mois et demi d’écoute des productions qui avaient été envoyées au festival, le comité de sélection a, « de manière très souveraine », dit-il, désigné toutes les productions nommées. C’est un jury qui déterminera les vainqueurs de chacune des catégories, la semaine prochaine, et les internautes peuvent voter pour le prix du public depuis le début du mois d’octobre.

Mais nous, au départ, on est des auditeurs, on a acquis une petite connaissance, une petite culture du sujet. On s’est dit qu’il était bon que le comité de sélection ne soit pas composé par des professionnels, ou des gens du métier. Il fallait que ce soit des gens "comme tout le monde", qui ont une petite culture, un goût pour le balado, et qu’ils décident.

Le Paris Podcast Festival se tient du 18 au 20 octobre, à la Gaîté lyrique.

Avec les informations de Katerine Verebely

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