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Regards sur les élections : un couple d'aînés inquiet pour l'environnement

À l’aube des élections fédérales, nous sommes allés à la rencontre de trois familles francophones qui ont des réalités et des inquiétudes différentes. Pour les Beaudry, environnement et enjeux de société sont au coeurs des préoccupations. 

Florence et Georges Beaudry sont assis sur un canapé et sourient.

Les Beaudry attachent beaucoup d'importance aux sujets de société et à l'environnement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Chez Florence et Georges Beaudry, la politique a toujours fait partie des discussions. À l’aube des élections fédérales, environnement et société sont les deux thèmes qui préoccupent le plus ce couple de retraités rencontré chez lui, à la rivière Roseau au Manitoba.

Le Canada a été peuplé par des gens qui essayaient de sortir de leur misère. Alors maintenant que l’on n’est plus dans la misère, on ferme la porte à ceux qui y sont, regrette Florence Beaudry, en préparant le dîner.

À ses côtés, Georges Beaudry, son mari depuis 47 ans, acquiesce d’un signe de tête. L’enseignante retraitée jette un coup d’œil aux photographies de ses petits-enfants qui ornent les murs de la cuisine.

Pour elle, hors de question que ces derniers grandissent dans un pays renfermé sur lui-même. Les propos entendus lors des débats de la campagne électorale l’inquiètent.

Bien sûr, c’est toujours une question d’argent. Mais il faut que la société change et accepte que le Canada — et Monsieur Singh l’a bien dit — représente toutes les nationalités du monde. Alors, on ne peut pas commencer à fermer les portes ou mettre un bandeau sur les yeux. Ce ne sont pas les enfants ni les mères de famille qui ont causé ces problèmes-là.

La soupe frémit sur le feu. Les Beaudry s’installent autour de la table familiale placée au centre de la maison qu’ils ont construite eux-mêmes, il y a 16 ans.

Un homme et une femme mangent une soupe à une table.

Georges et Florence Beaudry suivent de près les élections fédérales et la campagne électorale.

Photo : Radio-Canada

À l’époque, les Beaudry ont quitté l’agitation de la ville pour le calme de la campagne. C’est ici, dans la municipalité rurale de Franklin, qu’ils ont trouvé leur havre de paix et y ont construit le camping O'Roseau. Nous avions besoin de nous rapprocher de la nature. Notre maison est en phase avec cela, exposée au sud et en forme de bison, indique Georges Beaudry en pointant vers l'extérieur.

C’est au contact de cette même nature que de nouvelles inquiétudes sont nées chez les Beaudry.

Ils savent que l’endroit qu’ils chérissent tant pourrait disparaître. Si Georges Beaudry a longtemps voté pour le Parti libéral au fédéral, il a décidé de changer la couleur de son bulletin il y a plusieurs années.

Un vote symbolique?

Nous avons eu un gouvernement conservateur majoritaire. Nous avons souffert pendant dix ans avec cette idéologie. Ce n’était plus vivable! S’il n’y a pas d’environnement, il n’y a pas d’économie!, vitupère-t-il en tranchant le pain fait maison.

Les Beaudry votent dans la circonscription de Provencher. Lors des dernières élections générales, le Parti conservateur est arrivé en tête. Ted Falk a remporté 54 % des voix. Le Parti vert, lui, a recueilli à peine 4 % des suffrages.

Peu importe, pour Georges Beaudry. On sait que le comté va être conservateur. Pour moi, c’est un plaisir d’aller voter même si je sais que mon vote ne va pas compter, regrette celui qui veut faire de son exploitation un refuge pour citadins en mal de nature. Mais je veux envoyer un message.

Et en 2050?

Le dîner terminé, le couple se remet au travail. Georges Beaudry retrouve la rivière. Les feuilles des arbres ont délaissé le vert pour leurs couleurs d’automne.

Un homme avec une casquette et au bord d'une rivière et démonte un panneau solaire.

Georges Beaudry essaie rendre son terrain de camping le plus vert possible.

Photo : Radio-Canada

Le retraité démonte les derniers panneaux solaires. Il enlève l’eau des derniers conduits qui pourraient geler avec les températures négatives. Avant de remonter dans sa voiturette électrique plus écolo que les gros tout-terrains, il lève la tête vers la rivière et balaie d’un geste de la main la nature autour de lui.

Au fil des années, j’ai vu tout ça changer. Il y a des arbres qui ont disparu, bouffés par les maladies. Certains oiseaux ne reviennent pas d’une saison sur l’autre. Nous, les effets du changement climatique, on y est confronté tous les jours, soupire le sexagénaire.

Il espère que ce bout de terrain pourra rester tel quel aussi longtemps que possible.

C’est un parc naturel comme on n’en verra pas beaucoup en l’an 2050!

Georges Beaudry, gérant de O'Roseau

Les Beaudry préfèrent regarder du bon côté des choses. Les différents mouvements citoyens leur permettent de garder espoir.

Heureusement, on n’est pas comme aux États-Unis. Je deviendrais folle sinon, lâche Florence Beaudry.

Georges rebondit : Non, c’est sûr! Moi, je déménagerais... Il prend une pause et réfléchit avant de lancer : En Norvège!

Manitoba

Politique fédérale