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Blanchet doute de l’« amour » de ses adversaires pour le Québec

Le chef bloquiste, dans un studio de radio, pointe devant lui.

Yves-François Blanchet était en entrevue à « Midi info », jeudi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Bernard Barbeau

Yves-François Blanchet compare les visites prolongées de ses adversaires au Québec à « des déclarations d’amour faites avec des fleurs fanées », alors que s'achève une campagne dont il déplore le ton négatif.

Dans les derniers jours, il y a eu une espèce de mélange entre des attaques plus ou moins insidieuses et de foisonnantes déclarations d’amour à l’endroit du Québec, a souligné le chef du Bloc québécois, en conférence de presse, jeudi matin, à Montréal.

J’ai failli être ému moi-même, comme Québécois. […] Je pense qu’ils nous trouvent cutes, a-t-il ironisé. La vérité, c’est que c’est très très peu, c’est que c’est très très tard.

On a une espèce de cascade de slogans, qui nous font penser, à 1 million de personnes près, au love-in de 1995.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

M. Blanchet faisait ainsi référence au plus important rassemblement des fédéralistes, lors de la dernière campagne référendaire québécoise, où des dizaines de milliers de Canadiens s’étaient déplacés jusqu’à Montréal pour exprimer leur attachement au Québec. Les souverainistes ont souvent qualifié l’exercice de frime par la suite.

Depuis quatre ans, les Québécois ont l’impression qu’on ne les a pas respectés et qu’ils font les frais d’une politique nationale pancanadienne où on les a mis un peu de côté comme étant un peu accessoires, a affirmé Yves-François Blanchet. Et là, soudainement, on réalise qu’en particulier depuis un an, les Québécoises et les Québécois disent : "Je ne suis l’instrument de personne et j’en ai ras le proverbial pompon qu’on me considère comme acquis." Et là, soudainement, on développe du respect pour les Québécois, parce que, soudainement, on a peur des Québécois.

Mais le véritable respect est fondé sur un sentiment sincère et non pas sur une peur de fin de campagne, a-t-il laissé tomber.

En entrevue à Midi info, un peu plus tard, M. Blanchet a fait valoir que les Québécois ont tout intérêt à voter pour sa formation s'ils veulent être respectés à Ottawa.

Le Parlement fédéral ne peut pas traiter le Québec de la même manière s’il y a 10 députés du Bloc québécois que s’il y en a 22, 28 ou 32 – je ne sais pas quel sera le nombre à la fin, a-t-il averti. Parce que quatre ans plus tard – au plus tard, parce que ça peut être plus vite que ça –, il va falloir que tu retournes devant ces mêmes électeurs. Et si tu leur as grossièrement manqué de respect, comme on a vu au cours des quatre dernières années, ça se pourrait que tu sois sanctionné.

Il a estimé lors de son point de presse que plus les chefs de partis fédéralistes se promènent au Québec, plus ils reconnaissent que le Québec est fondamental dans la présente élection, et plus ils donnent du poids à ce que sera le choix des Québécoises et des Québécois.

Le leader bloquiste doute que ces importants blitz aient été prévus dès le départ. J’ai l’impression qu’ils ajoutent des jours [de campagne] au Québec tous les jours. Tant mieux, a-t-il dit. J’espère que les gens de l’Ouest canadien ne s’ennuient pas trop!

Une campagne de coups bas?

Il y a une pensée qui est davantage une pensée de stratégie qu’une pensée d’idées, de convictions et de propositions qui anime cette fin de campagne, ce qui, à mon avis, est déplorable, a déclaré Yves-François Blanchet.

Le Bloc n'a pas fait ça, a-t-il assuré. On est les seuls à faire des propositions chaque jour, avec d’ailleurs un petit peu de misère à les faire passer. Pourquoi? Parce que, justement, l’anecdotique mange l’essence de la campagne électorale.

M. Blanchet n’a guère apprécié que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, dise mercredi de certains candidats bloquistes qu’ils sont des fans du Front national, parti d’extrême droite français que préside Marine Le Pen. C'est quelque chose qui est troublant, a mentionné M. Singh en réitérant cette affirmation jeudi.

Qu’est-il advenu de la campagne positive du NPD? Le NPD est en train d’adopter des stratégies qui font davantage penser à celles des conservateurs qu’à celles de [son défunt chef Jack] Layton, dont il se revendique, de manière tout à fait légitime.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Je souhaite que le NPD revienne rapidement à des propositions et à la relation que, moi, je croyais cordiale – et que je souhaite toujours cordiale – avec M. Singh. Il a dit trouver ce dernier particulièrement brillant et attachant.

Le simple mot "progressiste" – même dire "les progressistes, c’est nous" – ce n’est la preuve de rien, selon lui. Les néo-démocrates ont repris à leur compte, cette semaine, cette version modifiée du slogan bloquiste.

Cette façon négative d’aborder la politique, ce sont les conservateurs qui ont commencé ça, il y a plusieurs campagnes déjà. Ce n’était pas dans les mœurs politiques ni québécoises ni canadiennes. [...] On se croirait aux États-Unis, a-t-il dit. Je suis sous l’impression, optimiste peut-être, candide, que les Québécois n’aiment pas ça.

SVP, est-ce qu’on peut revenir à la campagne propre? On va arriver à la fin et il va y avoir juste le Bloc québécois qui ne se sera pas mis les mains dans la boue, a-t-il jugé.

Notre dossier Élections Canada 2019

Clivage entre Montréal et sa banlieue

Bien peu de circonscriptions sont acquises au Bloc québécois sur l'île de Montréal, où Yves-François Blanchet faisait campagne jeudi.

Il est raisonnable de croire qu'il remportera La Pointe-de-l'Île, ses chances sont bonnes dans Hochelaga, où il affronte principalement les libéraux et les néo-démocrates, et la lutte est serrée avec le Parti libéral et le NPD dans Laurier–Sainte-Marie. Mais ailleurs, le Parti libéral semble être bien en selle, sauf dans Rosemont–La Petite-Patrie, où c'est le NPD qui est en avance dans les sondages.

En périphérie, cependant, le parti de M. Blanchet peut espérer des victoires dans Beloeil–Chambly, Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, Montcalm, Repentigny et Terrebonne. Il est aussi passablement en avance dans les intentions de vote dans Mirabel et Saint-Hyacinthe–Bagot ainsi que, dans une moindre mesure, dans Thérèse-De Blainville, Longueuil–Charles-LeMoyne, Longueuil–Saint-Hubert, Montarville, Rivière-des-Mille-Îles, Saint-Jean et Salaberry–Suroît.

La lutte n'est pas encore terminée dans Marc-Aurèle-Fortin ni Châteauguay–Lacolle, où les libéraux semblent néanmoins avoir un léger avantage.

Les candidats du Parti libéral sont en meilleure position dans Laval–Les Îles, Alfred-Pellan, Brossard–Saint-Lambert, Vaudreuil–Soulanges et Vimy.

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