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Brexit : « Super samedi » à haut risque pour Johnson à Westminster

Des manifestants tiennent des drapeaux de l'Union européenne et du Royaume-Uni, devant une affiche rouge où est écrit « Get Britain Out ».

Des manifestants tiennent des drapeaux de l'Union européenne (UE) et du Royaume-Uni devant le Parlement de Westminster le 17 octobre 2019. Le premier ministre britannique Boris Johnson a conclu un nouvel accord sur le Brexit avec l'UE avant l'échéance du 31 octobre.

Photo : afp via getty images / TOLGA AKMEN

Reuters

Après avoir laborieusement arraché un nouvel accord sur le Brexit, Boris Johnson se prépare à relever un défi encore plus délicat samedi au Parlement britannique où il ne pourra compter sur ses partenaires de coalition nord-irlandais pour atteindre la majorité absolue.

Appelé à siéger samedi pour la première fois depuis 1982, le Parlement de Westminster va se prononcer sur l'accord négocié par le premier ministre avec l'Union européenne (UE), après avoir rejeté à trois reprises celui de Theresa May.

Pour Boris Johnson, ce sera la seule occasion de réaliser le Brexit le 31 octobre, comme il s'y est engagé.

Mais la tâche qui attend le chef du gouvernement s'annonce des plus difficiles, faute de majorité absolue pour le Parti conservateur, confronté à des adversaires politiques déterminés à obtenir un nouveau report du Brexit, des élections législatives anticipées, voire un nouveau référendum.

Quand le Parlement va-t-il se réunir?

Le gouvernement a proposé que la Chambre des communes siège à partir de 9 h 30 heure locale (8 h 30 GMT) le samedi 19 octobre, une première depuis le dimanche 3 octobre 1982, date à laquelle une session extraordinaire du Parlement avait été convoquée après la tentative d'invasion des îles Malouines par l'Argentine.

Les députés devraient débattre de l'accord de Brexit jusque vers 14 h 30 heure locale, mais aucun horaire de fin n'a été explicitement fixé et les votes successifs pourraient retarder l'issue du débat.

Une porte-parole de Boris Johnson a déclaré que les Communes seraient appelées à un « vote significatif » (« meaningful vote ») sur l'accord négocié avec Bruxelles. S'il est positif, le projet de loi de Brexit devrait encore être adopté avant le 31 octobre pour que l'accord soit formellement ratifié.

Quel sera l’ordre du jour?

Le Brexit, et rien d'autre.

Si l'accord est approuvé, la voie sera ouverte pour une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

S'il est rejeté, Boris Johnson pourrait jouer son va-tout en demandant au Parlement de l'autoriser à sortir de l'UE sans accord (« no deal ») le 31 octobre.

Le Parti unioniste démocrate (DUP), qui permet aux conservateurs d'avoir une majorité à Westminster, a annoncé qu'il ne soutiendrait pas l'accord. Le Parti travailliste, les libéraux-démocrates et les nationalistes écossais y sont aussi opposés.

Si Boris Johnson perd les deux votes (sur l'accord et sur un « no deal »), une loi adoptée le mois dernier par le Parlement le contraint à écrire à l'UE pour demander un nouveau report du Brexit jusqu'au 31 janvier 2020.

Le gouvernement a déclaré à la fois qu'il respecterait la loi, et que le Royaume-Uni sortirait de l'UE le 31 octobre. Boris Johnson n'a pas expliqué comment il respecterait ces deux promesses contradictoires.

Quelles sont les forces en présence?

Boris Johnson doit convaincre au moins 318 des 650 députés de voter en faveur de son accord.

Ce nombre est inférieur à la majorité absolue de 326, car les élus du Sinn Féin, le parti nationaliste irlandais, ne siègent pas à Westminster. En outre, quatre « speakers » ne participent pas au scrutin et les votes des quatre scrutateurs qui décomptent les voix ne sont pas comptabilisés.

Le Parti conservateur compte 288 élus et la plupart d'entre eux devraient voter en faveur de l'accord. Mais certains des « Brexiters » les plus ardents, partisans d'une rupture plus franche avec l'UE, pourraient faire défection.

Les dix élus du DUP devraient voter contre l'accord, selon la dirigeante du parti unioniste Arlene Foster. Leur position pourrait influencer le vote de certains « Brexiters ».

Les 21 conservateurs exclus du parti par Boris Johnson en septembre pour ne pas avoir soutenu sa stratégie, rejoints par la suite par l'ancienne ministre Amber Rudd qui siège désormais en tant qu'indépendante, n'ont pas fait connaître leurs intentions. Leurs voix pourraient se partager.

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a annoncé que son parti voterait contre l'accord. Il n'a pas exclu de déposer une motion de défiance contre Boris Johnson si le texte est rejeté, mais seulement la semaine prochaine quand le Parlement ne siégera plus en session extraordinaire.

Pour espérer voir son accord approuvé, le premier ministre doit compter sur le soutien d'un groupe de 20 à 25 « rebelles » travaillistes, dont certains avaient voté en faveur de l'accord négocié par Theresa May.

La plupart des autres élus devraient rejeter l'accord, que ce soit les nationalistes écossais (35 sièges), les libéraux-démocrates (19) ou les 45 indépendants et députés de petits partis. Certains indépendants pourraient cependant se laisser convaincre par Boris Johnson.

Les trois précédents votes

L'accord négocié par la conservatrice Theresa May a été rejeté à trois reprises par les Communes.

  • Le 15 janvier, par 432 voix contre 202.
  • Le 12 mars, par 391 voix contre 242.
  • Le 29 mars, par 344 voix contre 286.

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