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Détecteur portatif de qualité du cannabis : il existe désormais un prototype

Un petit objet brun carré sur un plant de marijuana.

Le capteur a la grosseur d’une pièce d’un dollar et a été fabriqué entièrement par des chercheurs de l’Université d’Ottawa.

Photo : Dr Adam Shuhendler/chercheur Université d’Ottawa

Caroline Bourdua

Un an après la légalisation du cannabis au Canada, des chercheurs de l’Université d’Ottawa annoncent l’invention de capteurs miniatures qui pourrait faciliter le travail des producteurs de marijuana et des policiers.

La nouvelle technologie peut rapidement analyser un extrait de plante, ou du cannabis vaporisé ou brûlé, de façon simple, abordable, facile à transporter et accessible à tous.

Elle permet en quelques secondes d’obtenir la teneur en tétrahydrocannabinol (THC) et en cannabidiol (CBD) dans les plants de cannabis.

Présentement, on fabrique des échantillons. Notre échantillon fonctionne en phase gazeuse. Nous avons créé une compagnie pour trouver des bailleurs de fonds, explique le Dr Benoit Lessard, l’un des trois chercheurs de l’Université d’Ottawa.

Des mains dans des gants noirs qui tiennent une pièce métallique.

Les chercheurs ont lancé une entreprise en démarrage nommée Echidna Sensing autour de cette technologie, qui a été brevetée par l’Université d’Ottawa.

Photo : Université d’Ottawa

L’analyse du cannabis est effectuée régulièrement par des producteurs autorisés afin de caractériser leurs cultures et déterminer le ratio THC : CBD, explique-t-il.

Cela leur permet de savoir si leur plante est mieux adaptée à un usage récréatif ou médicinal.

C’est le THC qui donne aux consommateurs un effet euphorisant, tandis que, selon Santé Canada, le CBD ne produit pas une intoxication.

Selon le Dr Lessard, les tests actuels sont complexes, lents et coûteux.

Les machines elles-mêmes vont coûter environ 100 000 $. Et il faut ajouter du personnel spécialisé pour opérer l’équipement. Un des avantages de nos capteurs, c’est qu’ils sont faciles à utiliser, l’appareil est moins coûteux et l’appareil a la grosseur d’une pièce d’un dollar, dit-il.

Selon le Dr Lessard, les capteurs pourraient être déplacés dans les champs de cannabis et ainsi éviter le va-et-vient entre le lieu de production et les laboratoires.

Des fleurs de cannabis triées et déposées dans des sacs.

L’analyse du cannabis est effectuée régulièrement par des producteurs autorisés afin de caractériser leurs cultures et déterminer le ratio de THC et de CBD, ce qui leur permet de savoir si leur plante est mieux adaptée à un usage récréatif ou médicinal.

Photo : Radio-Canada / Hugo Lavallée

Il n’est pas exclu qu’un jour les consommateurs de cannabis à domicile puissent contrôler la qualité de leurs plants de marijuana avec un tel appareil.

Utilisation par les services policiers

Les policiers aussi y trouveraient leur compte, par exemple lors de l’arrestation d’une personne soupçonnée d’être sous l’influence de la marijuana au volant.

Les policiers n’auraient qu’à activer le détecteur, ce qui permettrait d’obtenir une lecture objective du THC et/ou du CBD dans un véhicule, où l’usage du cannabis est actuellement interdit par la loi canadienne, explique le Dr Cory Harris, un autre chercheur.

Aucun corps policier n’a encore été approché pour la nouvelle technologie.

Une main dans un gant noir qui manipule une petite pièce mince en métal dans une sorte de cylindre.

Cette recherche a été effectuée par trois professeurs de l’Université d'Ottawa : Dr Adam Shuhendler (Département de chimie et sciences biomoléculaires), Dr Benoît Lessard (Département de génie chimique et biologique) et Dr Cory Harris (Département de biologie). L’étude a été pilotée par Zachary Comeau, un étudiant diplômé.

Photo : Université d’Ottawa

Actuellement seulement deux appareils sont utilisés et approuvés par le gouvernement fédéral pour détecter la présence de cannabis dans un véhicule en marche.

Le Draeger DrugTest 5000 a été homologué en août 2018, tandis que le Abbott SoToxa est plus récent, soit juin dernier.

Ce sont les deux seuls appareils autorisés par la Société canadienne des sciences judiciaires, qui les a recommandés au ministère fédéral de la Justice et au Procureur général, confirme Natalie Wright, la conseillère en communications de l’Association canadienne des chefs de polices.

Et elle explique qu’il s’agit d’outils complémentaires.

Les policiers utilisent des épreuves de coordination de mouvements et des experts en reconnaissance des drogues, dit Mme Wright.

Un policier qui tient un objet dans sa main droite et un automobiliste debout devant lui.

Ce policier expert en reconnaissance des drogues, fait passer une série de tests pour évaluer si le conducteur a des facultés affaiblies par le cannabis.

Photo : Radio-Canada

Ces deux composantes demeurent essentielles à la détection de la conduite sous l’effet de la drogue, dit l’ACCP.

Comment ça fonctionne

L’appareil inventé par l’Université d’Ottawa est fait de transistors organiques à couche mince dans lesquels on y a intégré des capteurs chimiques.

Commencée en 2018, cette recherche a été entièrement menée par l’Université d’Ottawa.

Les dispositifs y ont été fabriqués, exposés au THC et au CBD, puis testés.

La technologie a été brevetée, mais il faudra des années avant de voir apparaître ces petits capteurs sur le marché, selon le Dr Lessard.

L’étude des trois chercheurs est publiée dans le numéro d’octobre du journal ACS Sensors, une revue hautement spécialisée.

Nord de l'Ontario

Cannabis